Les Soudanais essayent tant bien que mal de se mobiliser contre le pouvoir

 
Inspirés par les exemples tunisien et égyptien, les Soudanais tentent de porter leurs revendications dans la rue. Les manifestations qui se sont déroulées, via Facebook et Twitter, dimanche à Khartoum, la capitale, ont toutefois été rapidement réprimées par la police.
 
On est bien sûr très loin de la vague de contestation que connaît l’Égypte. Une personne a toutefois trouvé la mort lors des manifestations à Khartoum et à Omdourman, ville proche de la capitale.
Contributeurs

"Il nous faut poursuivre la mobilisation jusqu’à faire sortir tous les Soudanais dans la rue"

Mohamed Abdelrahman, 21 ans, fait des études d’ingénieur à l’université de Khartoum.
 
L’appel à manifester a été principalement lancé sur Facebook  et Twitter [#Sudanjan30 et #Jan30]. C’est moins dangereux que de haranguer les gens à la sortie des mosquées. Cette initiative a été menée par les étudiants de Khartoum. Depuis de nombreuses années, ce sont les étudiants qui protestent au Soudan. Notre proverbe ici c’est "Nous, les étudiants, on peut faire un malheur". Car les partis d’opposition font partie du paysage politique depuis des années et ils ne font rien bouger, les gens ne leur font plus confiance.
 
La manifestation a démarré à 11 heures [heures locales] sur l’avenue Al-Qasr. Nous n’étions pas très nombreux, entre 150 et 200 personnes. Les gens avaient peur de descendre dans la rue par crainte de la répression policière. Évidemment, la police nous attendait, notamment beaucoup d'officiers en civil. Ils ont dispersé la manifestation à coups de matraques et de bombes lacrymogènes et ont procédé à des dizaines d’arrestations [ce journal publie la liste des étudiants arrêtés].
 
Comme dans les autres pays arabes, nous demandons plus de liberté d’expression et nous protestons contre l’augmentation des prix. Nous dénonçons également la décision prise en décembre dernier par le gouvernement d’augmenter le prix du blé (+30%) et du sucre. Nous exigeons aussi la démission du gouvernement d’Omar El-Béchir.
 
Évidemment, les récents événements en Tunisie et ce qui se passe actuellement en Égypte nous encouragent à sortir manifester. Mais il y a aussi des raisons liées à la situation locale : le référendum sur le Sud-Soudan nous a donné l’impression que le gouvernement cherchait à diviser le pays.
 
Ce qui s’est passé dimanche n’est qu’un début et on espère que la mobilisation va grossir. Un nouvel appel a été lancé pour le mardi 1er février. Cette fois, il n’y aura pas que des étudiants. Il nous faut poursuivre la mobilisation jusqu’à faire sortir tous les Soudanais dans la rue. "
 
Vidéo publiée sur la page YouTube de netcowboy
 
Vidéo publiée sur la page YouTube de Elmalih.
Billet écrit en collaboration avec Sarra Grira, journaliste à France 24.


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