La fièvre du slam débarque à Lomé

Efy en plein slam, à Lomé, le 15 janvier 2011.
 
Efy, un Togolais de 22 ans, nous raconte que Grand Corps Malade a fait des émules à Lomé, où le slam, une forme de poésie déclamée, fait vibrer jeunes et moins jeunes.
 
Le slam consiste à déclamer des textes, parfois rythmés et parfois en rimes, devant un public. La performance est généralement épurée, pas de décor, pas de costume, simplement des vers, création personnelle du slameur. Cette poésie moderne, a séduit les jeunes de la ville de Lomé où les collectifs sont de plus en plus nombreux et actifs.
Contributeurs

"L’avantage du slam : ça parle à tous les âges"

Efy Mike O’Saboutey est employé dans une banque et slameur.
 
J’ai attrapé le virus du slam en 2007 quand j’ai entendu pour la première fois les textes de Grand Corps Malade sur YouTube. J’ai toujours adoré écrire de la poésie. Depuis tout petit, j’écrivais des textes. Puis, à l’adolescence, j’ai écrit pour des amis qui voulaient rapper. Personnellement, je me suis toujours senti plus doué pour l’écriture que pour le chant ou le rap. Alors, quand j’ai découvert ce que faisait Grand Corps Malade, je me suis dis que le slam serait mon moyen d’expression. 
 
"Il y a même des octogénaires qui viennent à nos soirées"
 
Maintenant, j’ai le slam dans la peau ! En octobre 2009, j’ai créé l’association "La crème du Slam " et j’ai mis en place un rendez-vous mensuel au cours duquel je fais découvrir le slam aux habitants de Lomé. Je communique avec des flyers, des t-shirts : et ça marche ! La première fois que j’ai croisé, dans Lomé, un jeune qui portait mon T-shirt, j’étais super content. À chaque rencontre, le nombre de personnes double. La dernière fois, on était entre 150 et 200. Des gens écoutaient de l’extérieur parce qu’il n’y avait plus de place dans la salle. Il y avait même des octogénaires. C’est ça l’avantage du slam. Ça parle à tous les âges.
 
"On peut se lancer avec ou sans micro, avec ou sans musique, c’est "freestyle'"
 
En tout, 40 personnes étaient venues pour slamer. Pour ceux qui ont du mal à se lancer, je leur offre un verre gratuit après leur premier slam. Certains improvisent totalement, d’autres écrivent sur place, d’autres connaissent déjà leur texte par cœur. On peut se lancer avec ou sans micro, avec ou sans musique, c’est "freestyle". Le but c’est de se faire plaisir et d’en donner. Ce que j’aime quand je suis sur scène, c’est que je me sens écouté.
 
Efy enchaine les slams lors d’une soirée à Lomé.
 
À chaque soirée, on choisit un thème. Le dernier c’était "La réduction de l’extrême pauvreté". On essaie de mettre le doigt là où ça fait mal. Parfois, comme dans le rap, on essaye de choquer pour faire bouger les choses. Par exemple, mon texte "L’enfer du décor" n’a pas beaucoup plu aux hommes d’église ["La vie n’a pas de prix, je lui ai vendu la mienne /Il suffit que je prie, les démons répondent Amen"]. Mais je sais qu’il a plu au public et que lui a compris le message.
 
"On va lancer le projet 'Salam Aleikoum /Slam’à l’école'"
 
Pendant ces soirées, on alterne avec des performances d’humoristes et de chanteurs "a capella", comme sur cette vidéo. Parce que c’est vrai que le slam de 18h à minuit, ça peut être fatiguant.
 
 J’ai des tas de projets pour 2011 dont la création d’un label. Et le projet "Salam Aleikoum /Slam’à l’école" pour faire découvrir le slam aux enfants des écoles de Lomé. On va aussi créer un concours qui s’appelle "Finis ton verbe !"
 
Lors de la dernière soirée "La crème du slam", dont le thème était "La réduction de l’extrême pauvreté". Photos postées ici.

Axis du Slam, un des collectifs togolais

Performance du slameur Ap'nondas au centre culturelle français de Lomé.
Billet écrit avec la collaboration de Ségolène Malterre, journaliste à France 24.

Commentaires

c'est une soirée de scène ouverte et non un collectif merci...

Ap'nondas organisateur de la soirée ''AXIS DU SLAM'', scene ouvert de slam au Centre Culturel Francais de lomé depuis Decembre 2010...beaucoup de slameur du Togo ont souvent investi cette scène pour y servir leurs vers...un véritable bonheur partagé autour des mots merci à tous les slameurs de Lomé et du monde entier..

Slam...

... Je découvre le mouvement et pourtant j'entends du déjà entendu : Julos Beaucarne, Léo Ferré... Ils ne savaient pas mais déjà ils slamaient !!!

Je crois qu'à travers un tel

Je crois qu'à travers un tel mouvement le Togo pourra avancer énormement. Slamer, c'est plus que rapper et ça permettra aux jeunes de maitriser la langue et de pouvoir la manipuler et la rythmer à leur guise. Efy, vous faites du bon boulot. S'il vous plait faites que ce mouvement soit le plus ouvert possible, et que vive la terre de nos aieux

YEAHRRRRRRRRR

yeahrrr vive le slam togolais vive la crême

L'Afrique, les talents meconnus.

Ce sont ces genres d’éléments que nous voulons voir de l'Afrique
Qui regorge de têtes pensantes étouffées par la fumée des canons.

Le slam, les slameurs

Très interessant votre mouvement, puisque il fait penser et develloppe l'art de la parole, tradicionellement si forte et cultivée. Ça pourra vraiment construire une nouvelle génération. Pourvue qu'en Europet ça s'instale aussi. Si vous pouvez, atravers les mouvement afro au Brésil, faites arriver le slam à Bahia et ça se repandira, j'en suis sûre.



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