L’école de la seconde chance des soldats rwandais

Un élève du centre de formation de Nyanza apprend à tisser.
 
À l’école de Nyanza, une chance est donnée aux soldats rwandais démobilisés de tout recommencer à zéro. Après le maniement des armes, ils apprennent à se servir d’un rabot ou d’un métier à tisser.

Marqué par le génocide des Tutsis par les Hutus, le conflit rwandais a notamment débordé, après 1994, sur la  République démocratique du Congo (RDC). Les violences ethniques y ont alimenté la guerre au nord Kivu, où des soldats rwandais ont été déployés. En 1999, l’accord de cessez-le-feu de Lusaka a sonné le retrait des forces rwandaises de RDC. Kigali a alors décidé de lancer un programme de réintégration à la vie civile de ses soldats et de ceux des autres groupes armés impliqués dans le conflit. Selon un rapport de 2006 d’une organisation affiliée à la Banque mondiale, plus de 20 000 soldats des Forces de défense rwandaises (FDR) et près de 6 500 autres combattants, dont 624 enfants-soldats, ont ainsi été rapatriés et démobilisés.
 
L'école professionnelle de Nyanza.
 
Parmi les soldats démobilisés, les plus démunis bénéficient d’aides à la réintégration et peuvent accéder à des formations professionnelles. Notre Observateur est allé visiter l'une de ces écoles de la seconde chance située à Nyanza, au sud de Kigali, la capitale du Rwanda.

Plusieurs groupes armés rwandais sont encore présents au nord Kivu et dans les zones rwandaises frontalières de la RDC, des régions qui restent le théâtre de nombreux conflits.
 
Atelier menuiserie.
Contributeurs

"L’objectif, c’est qu’après la formation, ils arrivent à gagner leur vie dans le civil"

 
Graham Holliday habite à Kigali. Il tient le blog Kigali Wire sur lequel il a posté ces photos.
 
L’école de Nyanza ne forme pas que des anciens soldats. Il s'agit de l'un des 30 centres publics de formation existant au Rwanda. Après le génocide de 1994, de très nombreux enfants et adolescents se sont retrouvés orphelins, déscolarisés et sans aucune formation. C’est à ce moment qu’ont été lancés les premiers programmes d’apprentissage. Ces centres étaient, à l’origine, ouverts à tous. Mais depuis 2009, ils sont devenus payants et les candidats doivent avoir été scolarisés pendant au moins 9 ans pour participer à la formation.
 
 
Les soldats démobilisés après la guerre civile sont, eux, aidés financièrement par le gouvernement rwandais pour payer leur formation. On leur apprend la maçonnerie, la menuiserie, le travail du métal, le dessin ou même le tissage. L’objectif, c’est qu’après la formation, ils arrivent à gagner leur vie dans le civil. Et quand on voit le plan de transformation et de modernisation de la ville de Kigali lancé par les autorités en février 2009, on se dit qu’ils trouveront forcément du travail."
 
 
Billet écrit en collaboration avec Ségolène Malterre, journaliste à France 24.

Commentaires

L'école de la seconde chance des soldats rwandais

Oui, c'est le Rwanda nouveau. Un pays trop occupé à se reconstruire pour laisser la moindre place à l'apitoiement sur soi. Un pays dont l'image souffre par trop des appréciations lapidaires des médias et autres ONG qui ne savent rien dire d'autre sur l'Afrique que catastrophes et désastres. Champion de la lutte contre la corruption, ayant réussi à assurer son autosuffisance alimentaire pour la première fois de son histoire cette année, soins de santé et enseignement élémentaire pour tous, le Rwanda remonte ses indices de développement humain d'année en année. Il montre également que s'il s'en tire aussi bien sans ressources naturelles mirobolantes, n'importe quel autre pays africain peut faire bien mieux encore. Seule condition: un leadership intègre.

Voilà une image de l'Afrique

Voilà une image de l'Afrique plaisante à voir: après la guerre, la vie.
Il est certain que l'on est bien plus habitué à voir des scènes de guerre ou de famines.

Merci pour ces images, ca transpire la bonne volonté et ca fais du bien en ces temps difficiles.

L’école de la seconde chance des soldats rwandais

Le Rwanda d'aujourd'hui m'emerveille! Dans ce pays là on est mobilisé à se déveloper. Un bon leadership qui a changé les mentalité de la population, du pessimisme à l'optimisme.
Les autres pays devraient suivre, mais il faut commencer par la lutte contre la corruption qui gangrène la majeure partie des pays Africains, à l'exemple de Kagame qui prone la tolérance zéro.
Merci pour l'article, Graham



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