L’hiver est rude pour les mal-logés de Gaza

Une habitation de fortune à Gaza. Photo envoyée par Lina Al Sharif. 
 
Deux ans après l’opération "Plomb durci", la reconstruction de la bande de Gaza semble encore au point mort. En période de saison des pluies, les Gazaouis souffrent encore davantage du mal-logement.
 
L’offensive israélienne menée dans la bande de Gaza entre décembre 2008 et janvier 2009 a détruit plus de 4000 maisons. Très vite, la solidarité internationale s’est organisée et près de quatre milliards de dollars (plus de trois milliards d'euros) ont été promis par 75 donateurs, parmi lesquels les États-Unis (6,9 millions d'euros), l’Arabie saoudite (7,6 millions d'euros) et l’Union européenne (425 millions d'euros). En échange, ces bailleurs de fonds avaient demandé que l’aide soit distribuée via l’Autorité palestinienne et non par le Hamas, qui dirige Gaza depuis 2007. Deux ans après la conférence des donateurs de Charm El-Cheikh (Égypte), les Gazaouis sont toujours largement livrés à eux-mêmes .
 
Un rapport publié fin novembre 2010 par une coalition de vingt-deux organisations de développement et de défense des droits de l’Homme s’alarme des restrictions encore en vigueur imposées sur la vie quotidienne des Palestiniens de Gaza. Suite à l’opération "Plomb durci", Israël avait promis d’étudier les moyens d’assouplir le blocus. Mais s’ils ont facilité l’entrée à Gaza de quelques produits, tels que le chocolat ou les biscuits, les Gazaouis attendent toujours de pouvoir se fournir en matériaux de construction.
 
Crédit photo : Sharif Al-Sharif.
 
L’État hébreu contrôle en effet les livraisons de ciment et de gravier, craignant qu'elles ne soient détournées par le Hamas à des fins militaires. Les habitants de Gaza ne peuvent donc compter que sur les produits passés en contrebande par les tunnels venant d’Égypte. Selon le rapport de novembre, Israël a approuvé l’importation de matériaux pour 25 projets de l’UNRWA (l’Office des Nations unies pour les réfugiés de Palestine), soit 7% du plan entier de reconstruction de l’ONU pour Gaza. Ces efforts sont estimés trop faibles, selon les ONG.
Contributeurs

"Les Gazaouis se retrouvent à acheter les restes de leur maison pour en construire une nouvelle"

Lina H Al Sharif est une blogueuse gazaouie.
 
J’habite en face de cette maison [photo en tête d'article], juste de l’autre côté de la rue. Avec son toit en tôle retenu par des moellons, elle ressemble à beaucoup d’autres habitations ici à Gaza.
 
Ces derniers jours, la météo était mauvaise dans toute la région. Le pire ce n’est pas le froid – la nuit, la température ne descend pas en dessous de 8 degrés. Le problème c’est qu’il pleut énormément et que le vent souffle très fort. Conséquence, la poussière de la rue s’introduit partout, à l’intérieur des maisons, par les fenêtres brisées et les portes défoncées.
 
Crédit photo : Sharif Al-Sharif.
 
 
 "Le problème devient vite sanitaire, car les rats et les bestioles prolifèrent, et les maladies avec"
 
Bien sûr, les organisations humanitaires distribuent des couvertures ou des bâches en plastique. Mais c’est du ciment qu’il faut pour se protéger des tempêtes. Les matériaux de construction déjà sont rares et chers depuis le début du blocus [en 2007]. Mais depuis la guerre, les choses se sont aggravées. Le prix des parpaings s'est envolé. Et ce sont souvent des matériaux qui viennent des ruines de la guerre. Les Gazaouis se retrouvent à acheter les restes de leur maison pour en construire une nouvelle !
 
Crédit photo : Sharif Al-Sharif.
 
Dans les rues de Gaza, on ne voit pas de personnes sans-abri, mais vivre sur le trottoir ou dans un taudis, c’est pareil. Dans les quartiers les plus pauvres, il n’y a pas d’eau courante et d’électricité en permanence. Le problème devient vite sanitaire, car les rats et les bestioles prolifèrent, et les maladies avec."
 
Crédits photos : Waseem Shaker Abu-Sha'ban.
 
Billet rédigé en collaboration avec Peggy Bruguière, journaliste à FRANCE 24. 

Commentaires

Choix et choix

Un tel etat de pauvrete fera toujours mal au coeur. Mais qu'est-ce que les gazaouis pensaient en s'attiffant du hamas? Surtout pas que les israeliens les applaudissent leur choix? Toute les nations ont un parti du meme calibre que le hamas, mais si on se garde de leur donner les renes c'est pour s'eviter des malheurs. C'est facile de dire que le monde devrait respecter les choix des peuples et que ce dernier est celui d'un peuple, mais apres il y a les consequences a assumer.
Hamas est certainement le choix d'un peuple mais malheureusement aucun peuple n'est suppose offrir aussi bien et confort a celui qui est apres sa destruction totale.



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