Ce qu’il faut faire pour que le drame de Mentawaï ne se reproduise pas

Avec l'autorisation de Jawa Pos.
 
L’archipel des Mentawaï est tellement isolé que les habitants n’ont pas pu être alertés, le 26 octobre, qu’un tsunami était sur le point de les frapper, alors même que l’information circulait sur les chaînes nationales. Notre Observateur sur place propose des solutions.
 
Près d’une trentaine de villages disséminés dans l’archipel des Mentawaï ont été soit complètement dévastés, soit partiellement détruits par des vagues géantes. Le dernier bilan officiel faisait état de 428 morts. Mais le nombre exact de blessés dans les villages les plus isolés reste encore à déterminer.
 
L’archipel Mentawaï est l’une des régions indonésiennes les plus pauvres et sous-développées. Mais elle reste l’une des destinations préférées des surfers et des amoureux de la nature venus du monde entier.
Contributeurs

"Il n’y a pas de routes conduisant à ces villages, la mer agitée et les vents violents rendant l’accès par bateaux très difficile."

Notre Observateur Gilles Bordessoule est le fondateur de Mentawaï Adventure, une entreprise de tourisme durable qui gère l’hôtel et le club de surf Siloinak.
 
Le système d’alerte au tsunami indonésien est opérationnel [une alerte a été diffusée sur les chaînes nationales 10 minutes après le tremblement de terre au large des côtes de Sumatra], mais la plupart des villages côtiers de l’archipel Mentawaï n’ont pas été avertis car ils n’ont pas d’électricité, pas de lignes téléphoniques, pas de couverture de réseau mobile ou de télévision.
 
Le moyen le plus efficace de diffuser un message d’alerte au tsunami à ces populations isolées aurait été d’utiliser les radios en langue Mentawaï qui émettent depuis Padang et qui sont très écoutées par les populations des îles, avec des postes radio à pile. Nous contactons donc en ce moment ces stations de radio locales afin de leur proposer une aide financière pour mettre en place une liaison permanente et protégée avec les agences indonésiennes chargées des alertes au tsunami.
 
“Les maisons collectives construites pour résister aux tsunamis"
 
Idéalement, chaque village devrait ensuite être équipé d’un téléphone satellite indonésien alimenté par l’énergie solaire. Confiés à l’épicerie du village ou au chef du village, ils pourront être utilisés comme un système d’alerte géré par les populations elles-mêmes. Nous essayons de récolter des fonds pour distribuer ces téléphones gratuitement aux villageois.
 
 
Une maison traditionnelle "Uma". Photo postée sur  Wikimedia Commons par Alex Lapuerta.
 
Une autre solution pour renforcer la sécurité de la population est la construction par les villageois eux-mêmes de maisons collectives appelées "Uma". Ces maisons serviraient d’abri en cas de tsunami. Le reste du temps, elles seraient également utilisées pour les cérémonies, les mariages et les réunions de la communauté. Si elles sont construites en respectant l’architecture et les matériaux traditionnels Mentawaï, ces maisons peuvent résister à un tremblement de terre de magnitude 8 sur l’échelle de Richter. Ces "Umas" devront être bâties à au moins 20 mètres au-dessus du niveau de la mer ou à au moins 1000 mètres du rivage. Un abri de dimension 20x10 mètres, qui peut abriter jusqu’à une centaine de personnes, coûte seulement 3 500 euros. "
 
Pour faire une donation ou obtenir des informations sur les projets de l’hôtel et club de surf Siloinak, pour aider les victimes du tsunami, vous pouvez contacter Gilles Bordessoule à l’adresse suivante : info@mentawaiadventure.com. Vous pouvez aussi vous rendre sur le site Internet de Mentawai Adventure.

Photos des secours dans les îles Mentawaï

Un enfant blessé reçoit des soins dans un camp pour réfugiés à Sikakap. Avec l'aimable autorisation de Jawa Pos.
 
Un volontaire transportant de l'aide d'urgence dans un village touché par le tsunami. Avec l'aimable autorisation de Jawa Pos.
 
Des hélicoptères distribuant des produits de première nécesssité à Sikakap, île de Pagai du sud. Avec l'aimable autorisation de Jawa Pos.
 
Vue aérienne d'un village détruit de Madobak, île de Pagai du sud. Avec l'aimable autorisation de Jawa Pos.
 
 
 
Ce billet a été rédigé en collaboration avec Lorena Galliot, journaliste à France 24.
 
 
 

Commentaires

La communication

Trés triste constat, le gouvernement de ce pays doit administrer et mettre a jour le système de communication et le partage des nouvels. Qu'il soit bon ou mauvais c'est trés important.
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