Vidéo d’humiliation par un soldat israélien : la victime présumée témoigne sur les Observateurs

Cette vidéo défraie la chronique depuis une semaine. On y voit un soldat israélien danser autour d’une prisonnière palestinienne menottée et les yeux bandés. Une jeune Palestinienne dit s’être reconnue sur cette vidéo. 

La vidéo a d’abord été postée sur YouTube avant d’être diffusée par la chaîne israélienne 10 et la chaîne d’information arabe Al-Jazira, le 5 octobre.

 
La police militaire israélienne a déclaré, dans un communiqué, avoir ouvert une enquête et ses porte-paroles soulignent que ces incidents restent des "cas isolés qui ne représentent pas l'armée israélienne dans son ensemble". Il y a moins de deux mois, un scandale similaire avait été déclenché par la publication de photos de prisonniers palestiniens qu’une soldate israélienne avait postées sur sa page Facebook.
Contributeurs

"J’avais entendu un son de caméra, mais je pensais qu’ils se filmaient entre eux"

C’est en découvrant ces images à la télé qu’Ihsan Dababseh, 35 ans, affirme s’y être reconnue. Elle a passé près de deux ans dans une prison israélienne et a été libérée il y a un an. Nous avons été mis en contact avec elle par la cellule d’Hébron du Club des prisonniers palestiniens (organisme attaché au ministère des Prisonniers).
 
J’ai été arrêtée le 11 décembre 2007 à un point de passage entre Hébron et Bethléem. Les soldats m’ont soi-disant arrêtée pour le meurtre d’un soldat. En réalité, c’était parce qu’ils savaient que j’appartenais au Djihad islamique [mouvement armé palestinien, ndlr].
Une dizaine de soldats israéliens m’ont ensuite emmenée au centre de détention d’Etzion, où j’ai d’abord été placée dans une cellule d’interrogatoires. J’ai été interrogée pendant quatre heures avant d’être escortée dans la cour. J’avais les mains attachées dans le dos et les yeux bandés, mais en relevant la tête j’arrivais à entrevoir un peu ce qui se passait autour de moi.
 
Les soldats ne se gênaient pas pour boire, manger et rire entre eux. À un moment, j’ai entendu de la musique. Je ne percevais pas distinctement tout ce qui se passait autour de moi, mais je me rendais compte qu’ils avaient commencé à danser, alors que j’étais face au mur. J’avais aussi entendu un son de caméra, mais je pensais qu’ils se filmaient entre eux et non qu’ils me filmaient moi. Une heure après, j’ai été interrogée une deuxième fois avant d’être transférée à la prison de Hasharon, où j’ai été placée en isolement pendant trois jours. J’ai ensuite été jugée et condamnée à deux ans de prison.
 
Nous regardions la télévision en famille quand la vidéo a été diffusée. Je n’en croyais pas mes yeux, j’étais vraiment sous le choc. Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour me reconnaître sur l’enregistrement et, dès le lendemain, j’ai contacté le Club des prisonniers palestiniens et le comité de lutte contre la torture. Nous avons engagé une procédure judiciaire pour traduire ces soldats en justice. J’espère évidemment que la procédure aboutira mais à vrai dire je ne me fais pas trop d’illusions. Ce n’est pas la première fois que des soldats commettent de pareils actes, mais les punitions ne dépassent généralement pas les cinq jours de mise à pied."
Ihsan Dababseh en compagnie d’Amjad Annajar, le directeur de la cellule d’Hébron du Club des prisonniers palestiniens. Les photos nous ont été envoyées par Amjad Annajar.
 
Ihsan Dababseh en compagnie de son avocat.
 
Ce billet a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira, journaliste à France 24.

 

Commentaires

Modération : pas d'insultes ou de propos haineux

Bonjour à tous,
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En Palestine occupée

Oui, la Palestine occupée :
belle image de cette récréation moderne , démocratique et civilisée .
Que dire de plus ?

COMPORTEMENT A L'ETAT

COMPORTEMENT A L'ETAT PRIMITIF

Israël subi 60 ans de

Israël subi 60 ans de humiliations plongé dans un état de guerre permanent que a gâché plusieurs générations. Il ne faut pas confondre des clips des soldats, obligés de bruler leur jeunesse, qui sont avant tous des civils, avec l’utilisation de ces mêmes clips pour la propagande. C’est lamentable oui, mais pires encore sont les clips d’incitation a la haine ou des hommes cagoulés présentent des hottages, décapitations, lapidations, lynchages et attentats, très souvent oubliés par la presse. Entre tourner la moquerie du au stress de guerre et tourner l’exécution animal des êtres humains en chantant les mérites de l’haine, la presse doit trouver l’équilibre de l’Independence et ne pas collaborer, uniquement, avec les actes de propagande. La fille humiliée est encore vivante pour témoigner cet histoire, contrairement aux décapités et aux victimes des attentats aussi protagonistes réelles des clips.

il faut savoir mettre les

il faut savoir mettre les choses en place
ce n'est sans doute pas très malin de danser autour d'une prisonnière
c'est certes une plaisanterie de mauvais goût
mais la fille n'a pas été torturée, ni violée, ni encore moins décapitée
ou lapidée .. et pourtant elle a sans doute du sang sur les mains
car elle déclare appartenir au dijhad islamique

La palestine subi le siège et l'occupation

en temps de guerre rien n'est bon : ni la moquerie ni les exécutions. Seul l'écoute et la paix sont bons!

C'est bizarre elle dit avoir

C'est bizarre elle dit avoir eu les mains attachées dans le dos et on voit de suite que sur la vidéo la femme les a attachés devant...
Mais en tout cas moi ça ne me choque plus étant donné tout ce qu'on a vu que ce soit les GIs ou les policiers américains avec les tasers ou encore des vidéos de lapidation. On en voit trop pour rester aussi "sensibles" que l'on devrait l'être.
Attention je ne dis pas que ça m'ait égal, c'est honteux!

...ON EN VERRA D'AUTRES !...

Ce qui est encore plus lamentable, c'est qu'il y aura toujours un imbécile qui trouvera des excuses pour expliquer ces actes indignes même d'un peuple primitif au fond de l'Amazonie...

Evitons les références

Evitons les références systématiques aux nazis, ça n'apporte vraiment rien.

En temps de guerre, tous les

En temps de guerre, tous les soldats se ressemblent et il s'en trouve toujours pour faire ce genre de chose. La guerre perverti les hommes, quelle soit leur origine ou confession.



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