On protège les éléphants mais le pigeon vert, tout le monde s’en fiche

Considéré comme un véritable fléau dans les capitales occidentales, le pigeon est particulièrement apprécié des Congolais… en brochette. À tel point que, selon notre Observatrice, il est urgent de les protéger.

La République démocratique du Congo fait de plus de 9 % de son territoire des "zones protégées" : des parcs nationaux et des réserves où les espèces endémiques comme le gorille des montagnes, le rhinocéros blanc ou l’okapi, sont strictement protégées.

D’autres projets sont en cours pour poursuivre la sanctuarisation d’une partie du territoire. L’un d’entre eux, le projet TL2, vise à préserver la forêt située au centre du pays, dans la province de Maniema, entre les rivières de Tchuapa, Lomami et Lualaba. Les promoteurs du projet souhaitent protéger les animaux qui figurent sur la liste des espèces menacées de disparition, comme l’éléphant, mais aussi des animaux dont on se soucie moins en général, comme le pigeon vert africain aussi appelé Colombar à front nu.

Présents dans plusieurs pays du continent, ces pigeons se comptent par milliers dans les vasières, ces zones marécageuses que l’on retrouve le long du littoral congolais. Ce sont des proies faciles pour les chasseurs. Une fois attrapés dans de vastes filets artisanaux posés à même le sol, ces pigeons sont vendus en brochette sur les marchés locaux de la province.

Contributeurs

"La chasse est interdite en ce moment et pourtant les braconniers poursuivent leur carnage"

Terese Hart est à l’origine du projet de protection du pigeon vert africain. Elle travaille depuis une trentaine d’années au Congo.

Les Congolais se sont particulièrement intéressés aux pigeons après avoir exterminé presque tous les mammifères, comme les éléphants et les hippopotames qui avaient l’habitude de venir dans les vasières. En raison de cette chasse non contrôlée, le nombre de pigeons verts africains a drastiquement diminué.

Cette chasse était légale il y a encore deux ans. Grâce aux informations que nous avons fournies aux autorités provinciales, la province de Maniema a institué pour la première fois une période d’interdiction de la chasse des pigeons verts en 2009. Le gouverneur Didier Manara a par ailleurs déclaré qu’il souhaitait une enquête approfondie sur la chasse de ces oiseaux.

Les pigeons verts africains sont capturés au moyen de filets posés sur le sol. Photo postée par Terese Hartsur son blog.

Les chasseurs viennent récupérer un à un chaque pigeon, deux fois par jour.Photo postée par Terese Hart sur son blog. 

 

Cette interdiction a été respectée et certaines tribus locales ont même participé à la lutte contre le braconnage. Même lors de la saison de chasse, les locaux n’osaient plus toucher aux pigeons, de peur d’être sanctionnés. Car ici, les gens ont dû mal à comprendre ce qui est légal ou illégal. Les chasseurs ne sont revenus qu’à partir du mois de janvier dernier quand le gouverneur a démissionné suite à des accusations de corruption.

Dès lors la réglementation n’a plus été respectée. La chasse est interdite en ce moment et pourtant un membre de notre équipe a constaté en août que les braconniers poursuivent leur carnage. Trois hommes ont été arrêtés par des gardes forestiers. On espère que le braconnage cessera pendant quelques temps suite à ces arrestations.

Les gardes forestiers parcourent des kilomètres à pied ou en pirogue pour parvenir au camp des braconniers.Photo postée par Terese Hart sur son blog, août 2010. 

 

Les animaux chassés sont vendus sur des marchés situés à plusieurs kilomètres des vasières. Mais ce ne sont pas les acheteurs de pigeons grillés qui font obstacle à la protection de l’espèce. Je crois que les habitudes alimentaires sont très souples et changent facilement, dès que les prix augmentent ou qu’il est plus difficile de trouver les aliments. Ce sont donc les chasseurs et les vendeurs de pigeons grillés qui sont les premiers responsables.

Ce dont a besoin cette région sur le long terme, c’est que les gens comprennent les réglementations concernant les ressources naturelles et respectent les lois sur la protection de la nature. Une zone protégée est sur le point d’être créée. Après trois ans, nous avons réussi à obtenir l’accord des tribus indigènes. Il ne reste plus que l’aval du gouvernement pour qu’un parc provincial soit créé.

Le fait que le pigeon vert ne soit pas considéré comme une espèce menacée par les organisations internationales ou locales et protégée contre le braconnage rend notre combat plus difficile. Car pour d’autres espèces, comme le bonobo, c’est de toute évidence cette considération qui nous permet de lutter contre le braconnage."

 

Les pigeons sont déplumés vivants, embrochés avant d'être grillés. Ici, ils sont empilés dans des sacs artisanaux.Photo postée par Terese Hart sur son blog.

 

Marchande de pigeons grillés. Ces brochettes ont fait jusqu'à deux jours de route à travers la forêt.Photo postée par Terese Hart sur son blog. 

Commentaires

Compassion aussi pour les peuples africains

Chère Terese HART,

Votre action pour la défense des animaux et en particulier pour la protection des pigeons verts. Vous méritez tous les compliments et toute personne responsable s'incline bien bas devant vous. Je vous dis bravo. La défense de l'environnement au sens large est notre devoir à tous.

Cependant en toute sincérité vous êtes-vous posée pourquoi ces africains chassent-ils ces oiseaux? Quelles sont les motifs qui les poussent à ces actions qui risquent de détruire l'espèce toute entière?

Votre générosité, vous en tant qu'européenne, est à admirer, mais les conditions des "indigènes" (comme vous les dites, car je n'aime pas ce terme, moi qui suis africain et algérien, cela me rappelle un passé détestable avec le code de l'indigénat, esclavage, durant la colonisation française 1830-1962) sont-elles décentes pour leur permettre une vie digneet se passer d'aller chasser ces pigeaons? C'est la la vrai question.

Les européens ont tellement pillé, exploité, volé l'Afrique que les Africains, au risque de s'autolyser, vont jusqu'à détruire leur propre environnement pour survivre, tout au moins momentanément, une échéance.

Vos photographies le prouvent bien. En observant bien les personnes plus que les oiseaux, nous remarquons la misère et la pauvreté de ces individus, comparativement aux européens que vous connaissez bien.

Je voudrais, moi qui suis africains, vous sensibiliser aux conditions souvent inhumaines dans lesquelles se trouvent abondonnées les populations africaines victimes des fléaux, de la misère, de la famine, écrasées sous les dictatures, menacées de génocides.

Bravo pour la défence des pigeons verts et merci. Mais n'oubliez pas les femmes et hommes africains qui mérite une compassion tout au moins égale à celle de ces oiseaux. Merci. Docteur Farouk HAMZA: hamzafarouk@hotmail.com

Eh bien !!!

Chapeau bas doc!
MSend

Quelle cruauté!

Ce que je vois, moi, c'est que ces oiseaux sont plumés et embrochés vivants, alors misère ou pas, ils pourraient au moins leur tordre le cou avant... c'est la moindre!
quelle horreur!

pigeon vert

c'est vraiment barbare de deplumer ces animaux vivants puis de les embrocher. Quelle horreur !!!!!

et mon uc c'est du pigeon ? :P

On devrait en prendre de la graine pour se débarrasser de ces immondes pigeons qui infeste nos villes :P

En tout cas l'hygiène des

En tout cas l'hygiène des brochettes restent à désirer!!!!!!!!!!

Pigeons verts

Je n'y comprends plus rien. A ce que je voie, la chasse est interdite mais la vente est autorisée. Drôles de lois dans ce pays !

pour quoi chasser ses animaux

je crois pour ma part que la chasse aux animaux doit etre interdite mais à cause de la pauvreté qui regne en afrique je comprends leurs actes ....ghrs

Les lois !?...

Ah oui, en effet ! Drôles de lois dans un pays pauvre ou les gens ont tant de peine à s’assurer le minimum vital par jour.
MSend



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