Les "bus tueurs" de New Delhi

Photo postée sur Flickr par "parveennegi1979" le 11 juillet 2007. 

La compagnie indienne de transport Blueline a annoncé la semaine dernière la mort de trois de ses passagers dans des accidents de la route. Une déclaration qui a été accueillie sans surprise par les habitants de New Delhi car environ une centaine de personnes meurt chaque année en empruntant un bus Blueline. Le gouvernement indien tiendra-t-il sa promesse de se débarrasser de ces "bus tueurs" ?

La capitale indienne fait déjà l’objet d’une transformation profonde qui intègre la modernisation de son immense système de transport. Le gouvernement se vante de la construction de nouveaux ponts routiers, de routes, de l’extension du réseau du métro et il a promis plusieurs milliers de nouveaux bus.  

Les habitants de New Delhi sont impatients de voir arriver de nouveaux moyens de transport et ils espèrent être débarrassés rapidement des quelque 3 000 bus de la Blueline. Ces bus sont loués à la journée par des conducteurs pour  environ 3 000 à 4 000 roupies (50-70 euros). Pour espérer faire des bénéfices et payer l’entretien du véhicule, ces conducteurs doivent embarquer chaque jour environ 500 passagers qui déboursent entre 2 et 10 roupies par trajet.

La concurrence est par ailleurs rude entre les chauffeurs qui n’hésitent pas à prendre des risques pour boucler rapidement leur tournée. Environ 1 000 victimes des bus Blueline ont été répertoriées ces dix dernières années. En cas d’accident, les conducteurs de bus s’enfuient le plus souvent, car ils risquent d’être molestés par les passants s'ils restent sur place. Les habitants de New Delhi réclament le retrait de ces bus "tueurs".

Contributeurs

Un bus Blueline bondé à la tombée de la nuit

Sur une route à trois voies, les passagers se sont accrochés à l’arrière d’un bus plein de la compagnie Blueline(00'16 seconds). Video postée par "adkamble" 21 octobre 2007.

"Quand vous prenez un bus Blueline, vous ne savez pas si vous allez rentrer vivant ou dans un cercueil"

Anurag Agarwal est directeur de magasin à New Delhi.

C’est un enfer pour rentrer dans ces bus. Les chauffeurs s’arrêtent à peine pour laisser les gens monter, il faut alors courir et sauter dedans alors qu’il accélère. Une fois dans le bus, le trajet est terrifiant. Les chauffeurs freinent et font des écarts sans prévenir, parfois ils renversent des voitures ou des vélos mais ne s’arrêtent pas. Et pour couronner le tout, ils sont généralement très grossiers.

Ils conduisent ainsi parce qu’ils veulent gagner autant d’argent que possible. Il n’y a pas de limites journalières, donc ils se battent pour embarquer les plus de passagers possible. Les bus ont des itinéraires précis, mais ils ne les suivent pas toujours et ils s’arrêtent où ils veulent, qu’il y ait un arrêt de bus ou non.

La raison pour laquelle les gens s’accrochent à l’avant et à l’arrière des bus, c’est parce qu’ils sont pleins. Il n'y a de place que pour 42 personnes dans ces bus mais on retrouve à l’intérieur entre 65 à 70 passagers. Pour faire du profit, les conducteurs autorisent les autres à s’accrocher où ils peuvent. Mais ils doivent payer les mêmes tarifs que ceux assis à l’intérieur.

La compagnie Blueline sauvée par la corruption ?

Les promesses du gouvernement sont vaines. Quand les jeux du Commonwealth débuteront dans 90 jours, je suis absolument sûr que les bus Blueline seront encore là. Ni le gouvernement, ni les syndicats de transport ne veulent s’en débarrasser. Il y a beaucoup trop de politiciens corrompus dans le gouvernement qui ont donné des licences Blueline à des conducteurs en échange d’un partage des gains. Même si le gouvernement tente réellement de se débarrasser de ces bus, les syndicats de transport Blueline sont très puissants et ils vont s’y opposer.  

Le gouvernement a essayé de faire semblant de s’en débarrasser en introduisant de nouveaux bus. Je dois dire qu’ils sont magnifiques, leurs chauffeurs sont très professionnels. Mais ils ne peuvent pas empiéter sur le territoire des Blueline, donc ils ne desservent que les zones les moins peuplées. La grande majorité des Indiens ne peuvent utiliser que les Blueline.

J’ai acheté une voiture et j'ai donc arrêté de prendre les Blueline pour aller au travail. Quel soulagement ! Quand vous prenez un bus Blueline, vous ne savez pas si vous allez rentrer vivant ou dans un cercueil."

Un trajet ordinaire dans les bus Blueline

Les passagers font la queue pour monter dans un bus Blueline. Photo postée sur Flickr par "myan_sahab1" 9 novembre 2007.

Postée sur Flickr par Anindya Chattopadhyay 28 juillet 2007.

Postée par Mayank Austen Soofi 12 février 2009.

Photo postée sur Flickr par "onlyromi" 23 août 2009.

Protestation contre la "ligne de la mort"

Marche aux flambeaux pour protester contre ce qu'ils appellent la "ligne de la mort" en 2007. Postée sur YouTube par "sheel1andoly".

Commentaires

Se plaindre

Si les usagers en France ne devraient pas se plaindre, les employés des transports non plus. Le gouvernement indien réagit. C'est déjà une bonne chose.

On croit rever ! Personne ne

On croit rever ! Personne ne les obliges à s'accrocher derriere ! personne ne les obliges à rentrer jusqu'au dela du supportable.
Franchement, si après ils tombent du bus et se font écraser (surtout quand on voit le respect du code de la route par l'indien), bien ... il faut pas se plaindre.

Les bus tueurs

Vous avez raison, personne ne les oblige à s'accrocher derrière. Ils risquent leur vie à chaque instant, ne les plaignons pas.

video "protestation"

il semble toutefois, si on lit les banderoles, que l'objet de la manif n'était pas celui-là

pendant la guerre en france

pendant la guerre en france c'etait pareil
les proprietaires de ligne de bus faisaient rentrer le double de voyageur dans leur car
ils se sont enrichie comme ca faisaient parti des BOF ( beurre oeuf fromage)

pendant la guerre en france

pendant la guerre en france c'etait pareil
les proprietaires de ligne de bus faisaient rentrer le double de voyageur dans leur car
ils se sont enrichie comme ca faisaient parti des BOF ( beurre oeuf fromage)

Resquilleurs

Si pour ne pas payer, les usagers des trains montent sur le toit, il leur est difficile de se plaindre des dangers encourus.
Avez-vous vu des parisiens accrochés à l'arrière des bus, ou sur le toit du RER ?

Lisez l'article!

Je cite l'article

La raison pour laquelle les gens s’accrochent à l’avant et à l’arrière des bus, c’est parce qu’ils sont pleins. Il n'y a de place que pour 42 personnes dans ces bus mais on retrouve à l’intérieur entre 65 à 70 passagers. Pour faire du profit, les conducteurs autorisent les autres à s’accrocher où ils peuvent. Mais ils doivent payer les mêmes tarifs que ceux assis à l’intérieur.

Ceux qui s'accrochent à l'arrière paient donc, mais n'ont pas la place de monter dans le bus!
Merci de lire avant de critiquer!

Et alors ? personne ne les

Et alors ? personne ne les obliges à s'accrocher ..... ils attendent le prochain ... point barre. Tu t'accroches au cul du métro toi quand il est plein ? et t'as payé pourtant.

bus indiens tueurs

on voit bien la reaction d'un privilegie, je souhaiterais que vous alliez faire un tour dans ces pays et que vous voyiez comment ces gens luttent pour gagner leur vie. Qu'ils attendent pour prendre le prochain bus, avez-vous une idee de l'etendue de New Delhi (plus de 4 fois Paris); ils ne peuvent pas se permettre retard ou absence. \le droit du travail n'est semblable au droit de chez vous ou vous pouvez ester devant les Prudhommes. Voyager forme l'esprit...autrement voulez-vous accueillir toute la misere du monde ?



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