
Des milliers de Grecs ont manifesté pour rejeter la cure d'austérité décidée par le gouvernement pour redresser l'économie du pays. Notre Observateur à Salonique était au milieu des manifestants avec son appareil photo.
Craig Wherlock est un Britannique expatrié à Salonique en Grèce. Il est professeur dans une école privée.

Il y avait principalement des salariés du secteur public car leurs syndicats, comme le PAME [communiste], sont plus puissants. Mais il y avait aussi des travailleurs du secteur privé parmi les manifestants. Tous s'inquiètent du gel des salaires, des atteintes prévues à leurs acquis sociaux, de l'augmentation de la TVA (de 19 à 21 %) et d'un relèvement de l'âge de départ à la retraite (il est actuellement de 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes, mais pourrait passer à 67 ans pour tous).
Les gens sont vraiment fâchés et désespérés. La plupart des salariés des magasins, ou même des petites usines, ne sont pas déclarés et ne disposent donc d'aucune couverture sociale. Ils travaillent jusqu'à 50 ou 60 heures par semaine pour des salaires ne dépassant pas les 600 euros (lire le précédent témoignage de Craig sur la qualité de vie en Grèce).
Ils se demandent donc où sont passés les 300 milliards d'euros que doit la Grèce. Certainement pas, selon eux, dans les services publics ou les routes. Les manifestants ont l'impression que les politiciens se sont enrichis sur leur dos. Avec le précédent gouvernement, un scandale de corruption éclatait tous les deux mois. Et puis des exemples de gabegie sont dans toutes les bouches. Le précédent ministre de la Santé a fait fabriquer 16 millions de doses de vaccins contre la grippe A (H1N1), alors que finalement seules 400 000 ont été utilisées.
Sur les banderoles, j'ai vu ce slogan qui résume bien ce que pensent les gens : "La ploutocratie doit payer pour la crise."
Sur la banderole : "Les PIGS (Portugal, Italie, Grèce, Espagne) contre-attaquent".
Commentaires
en france aussi la
Submitted by Utilisateur non inscrit (non vérifié) on jeu, 25/02/2010 - 19:29.en france aussi la ploutocratie doit payer
spéculation street
Submitted by eve angelina joli (non vérifié) on ven, 26/02/2010 - 08:00.à votre avis comment va finir la spéculation ?
bulle des titres ^^ le pire
Submitted by Vince on dim, 28/02/2010 - 11:49.bulle des titres ^^ le pire effet d'une crise moderne.
mais c'est quasi impossible pour ces 10 prochaines années: il faut un élément brutal imprévu.
Cela dit dans la "guerre sans limite" entre la Chine et les US des vagues d'instabilité boursières sont provoquées volontairement.
l'Euro et les intérêts de la dette sur les marchés
Submitted by Vince on jeu, 25/02/2010 - 00:57.La Grèce n'est pas un cas isolé et personne ne se préoccupe réellement des dettes de la France.
On ne doit pas oublier que depuis 1972 on paye des intérêts sur cette dette allant d'environ 3% à 4 ou 5% depuis Maastricht (je ne me souviens plus du numéro de l'article de la constitution).
Hors à quoi sert réellement ces intérêts? à dissuader les pays membres de s'endetter? Pourtant la situation financière est pire...
La Pression de l'Allemagne sur les pays de l'Europe à ne pas utiliser la valeur de l'euro comme un moyen d'investir sur le marché intérieur est inacceptable et a des retombées graves.
Si l'Allemagne peut exporter des produits à forte valeur ajoutée dans le monde avec une monnaie forte, tant mieux pour eux! Mais la France, l'Italie et l'Espagne ont au contraire moins de chances d'exporter et d'investir avec une monnaie à 1.35 $ quand elle devrait être à 1.20$ et que l'idéal pour nous serait à 1.05$.
Donc imaginez pour la Grèce et le Portugal les retombées économiques quand on sait que la valeur de leurs monnaie devrait être idéalement pour eux à moins de 1$.
Et on parle de la construction européenne... Il faut se réveiller deux secondes et comprendre que la solution monétaire unique n'est pas la bonne.