Les autres Jeux olympiques du Brésil

"Xikunahity" (football joué avec la tête). Photo : Wagner Meier sur Flickr.

Pendant que Rio de Janeiro n'en fini pas de savourer sa sélection pour les JO de 2016, à 3 000 kilomètres au nord de la ville, dans le bassin amazonien, se déroule une autre compétition. Mais cette fois, pas un journaliste en vue. Bienvenue aux Jeux olympiques indigènes...

Pas moins de 1 200 athlètes de 28 ethnies différentes se sont donnés rendez-vous dans la ville de Paragominas, au nord-est du pays, pour la dixième édition de cette compétition. Du 31 octobre au 9 novembre, les communautés Enawêne Nawê, Gavião Kyikatêjê ou Ka'apor s'affrontent dans les épreuves traditionnelles des Jeux olympiques comme le football, la natation ou l'athlétisme mais aussi dans des épreuves plus inhabituelles comme le jet de sarbacane ou la course de "tora" (tronc d'arbre). D'autres disciplines tout à fait uniques, comme le "xikunahity" - football joué avec la tête - et le "rokra" - un sorte de hockey joué dans des champs - sont aussi au programme. Cet évènement est organisé tous les deux ans grâce aux fonds du gouvernement brésilien. 

Tir à l'arc. Photo : Tarso Sarraf sur Flickr.

Course de "tora" (tronc d'arbre). Photo : Wagner Meier sur Flickr.

Contributeurs

"Ces jeux permettent aux Indigènes de partager leur culture millénaire"

Maíra Elluké est Brésilienne et métisse - son père est issu de la communauté Terena qui vit dans le sud-ouest du pays, à la frontière du Paraguay. Elle a contribué à l'organisation des 10e Jeux olympiques indigènes.

Au début, quand les Terenas ont proposé de rassembler les communautés indigènes de tout le Brésil, on pensait que c'était impossible. Pourtant, aujourd'hui, ces Jeux sont devenus un important moyen pour les communautés de partager leur culture millénaire. Certains groupes ont voyagé pendant six jours pour arriver jusqu'à Paragominas.

Les Jeux commencent avec la cérémonie du feu sacré et la bénédiction des 'pajés' (shamans) afin que l'évènement soit bien vu par les forces divines de la nature. Ce rituel permet de demander aux forces divines la permission de faire ces Jeux. Pour nous, la culture et la spiritualité sont très liées. 

L'ambition de cette compétition n'est pas de faire de grandes performances sportives ni de savoir qui sera le futur champion mais de renforcer l'identité culturelle des peuples indigènes.  Il n'y a ni médaille ni classement, ce qui compte c'est de participer ensemble aux Jeux. Cet évènement renforce la fraternité entre les communautés en leur donnant la possibilité de partager leurs croyances et leurs traditions. Et mettre leur culture au premier plan leur procure la fierté d'être indigène.

Pour moi, le meilleur moment c'était d'assister aux chants et aux danses des membres des différentes communautés parés de leurs costumes traditionnels et couverts de peintures. C'était encore mieux que la compétition."

Tir à la corde. Photo : Raoní Beltrão sur Flickr 

Canoë. Photo : Tarso Sarraf sur Flickr

Photo : Raoní Beltrão sur Flickr

Photo : Wagner Meier sur Flickr

Photo : Wagner Meier sur Flickr

Commentaires

Je ne connais pas grand

Je ne connais pas grand chose du Brésil mais cet article est passionnant, je crois que des JO de différentes tribus existent aussi au Népal.

C'est toujours mieux quand on se rapproche du National Geographic! merci!

vraiment c'est une des plus

vraiment c'est une des plus belle forme de jeux ça c'est un fair play

Superbe Maíra merci! Pas de

Superbe Maíra merci!
Pas de classement, pas de médaille, ça c'est du sport bien compris. Et culturellement c'est certainement un feu d'artifice.
Moins sinistre que bien de billet que l'on voit ici

Tout à fait d'accord,

Tout à fait d'accord, Gautier, il faut que nous fassions davantage de sujets gais.



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