Risquer sa peau à vouloir la blanchir

Contrairement aux populations à peau blanche séduites par la course au bronzage, de plus en plus de femmes à peau noire cherchent à se blanchir la peau. Une pratique à haut risque, qui a pourtant gagné la planète entière.

Né aux États-Unis dans les années 1960, le phénomène ne cesse de s'étendre. Si une peau claire est toujours synonyme de beauté et de réussite sociale dans certaines sociétés africaines et asiatiques, les jeunes femmes sont également influencées par les stars issues de la société du spectacle, dont la peau est toujours plus claire.

Pour se blanchir la peau, elles utilisent des produits fortement toxiques, sans forcément avoir conscience du danger qu'ils représentent. Si le phénomène est un véritable problème de santé publique dans certains pays d'Afrique, les pays occidentaux ne sont pas épargnés. La France a d'ailleurs lancé, ce mardi, une grande campagne de sensibilisation aux dangers inhérents au blanchiment de la peau.

"Il existe deux techniques radicales pour se faire blanchir la peau, toutes deux extrêmement dangereuses pour la santé"

Khadi Sy Bizet est médecin à Paris, spécialisée dans les problèmes dermato-esthétiques des peaux noires. Elle est l'auteur du "Livre de la beauté noire", publié chez Jean-Claude Lattès.

Il existe deux techniques radicales pour se faire blanchir la peau. Toutes deux sont extrêmement dangereuses pour la santé.

La première utilise la cortisone, qui détruit l'épiderme. Le problème, c'est que le produit passe aussi dans le sang et crée une forte dépendance. La plupart des femmes qui y ont eu recours ont fait des dépression et ont eu de sérieux problèmes de peau.

L'autre méthode consiste à s'enduire un produit à base d'hydroquinone, un produit extrêmement cancérigène interdit en France. On ne le trouve que via les réseaux de contrebande.

La légende veut que les hommes noirs préfèrent les femmes au teint clair, mais c'est faux. Si le problème est sérieux à Paris, en Afrique c'est une vraie question de santé publique, qui touche tous les pays, pas seulement les francophones. Le phénomène est né au Ghana, où les prostituées étaient les premières à se faire blanchir la peau.

Les produits qu'on trouve en vente libre en France ne blanchissent pas réellement la peau. Il faut bien comprendre que changer de couleur de peau, c'est aller contre la nature."


Images de peaux abîmées après un "cocktail" de cortisone et d'hydroquinone.

"Pour certains, la peau claire reste toujours un signe extérieur de richesse et de réussite sociale"

Hermann travaille dans la publicité, à Abidjan.

Le problème du blanchiment de la peau n'est pas nouveau, mais il est en pleine expansion. Tout le monde s'y met. Le phénomène est en partie dû aux nombreuses campagnes de publicité qui présentent des femmes au teint clair.

Les autorités ivoiriennes sont laxistes. Elles avaient fait passer des lois pour réguler ces publicités et interdire la vente des produits dangereux, mais rien n'a changé.

Le phénomène du blanchiment de la peau est décrié par beaucoup d'hommes en public mais, en privé, certains disent préférer les femmes au teint clair.

Le problème ne concerne pas seulement les pays d'Afrique, il touche l'ensemble de la population noire. Pour certains, la peau claire reste toujours un signe extérieur de richesse et de réussite sociale.

Nombreuses sont les femmes qui n'hésitent pas à s''arranger le teint', comme on dit ici. Cela va de la pré-adolescente à la grand-mère."

 

 

Magasins proposant des produits pour blanchir la peau à Abidjan.

 

Publicités pour des produits cosmétiques, à Abidjan. Les jeunes femmes en photo ont la peau beaucoup plus claire que la grande majorité des Ivoiriennes. 

Commentaires

malditos negros son sus

malditos negros son sus ploblemas

sola la gente pendeja se hace dano asi
esos malditos negros todo el tiempo son francese que tienen la culpa

pendejos negros es su culpa de ellos
ustedes los negros nunca inventaron la escritura , no hicieron nada por la humanidad solo el sida jeeee
ya basta toda la europa esta llena de negros y arabes que horribles son

l'Afrique que les médias Occidentaux ne montreront jamais...

Chers amis et frères je vous invite à regarder ces images et vous comprendrez que tous n'est pas que sombre en Afrique comme on voudrait nous faire croire.
A faire suivre si possible.voici le lien:

http://www.20mai.net/2009/11/08/lafrique-que-les-medias-occidentaux-ne-montreront-jamais/

L'étourderie du député français Éric Raoult

Principe fondamental , quand on est élu d'un peuple ,il faut en faire un usage modéré et ne pas vouloir se dissiper derrière l'honorabilité du député pour vouer au mépris public l'écrivain française Marie N'Diaye . Si la règle morale commandant de traiter chaque citoyen avec égard , on est en droit de vite réagir parceque c'est avec une manière consciente et délibérée que , cet honorable Éric Raoult stipule une mise à mort de l'écrivain Marie N'Diaye pour les besoins de la cause de L'IDENTITÉ NATIONALE , un concept qui manque de largeur d'esprit , et qui a une tendance facheuse à narguer la contribution citoyenne de Marie N'Diaye dans la société française . Malheureusement pour ces petits marquis de la république ,cette boutade du Sieur Raoult Éric n'atteindra pas son objectif et sa lettre de noblesse . Cette pratique est déloyale et est lache . On peut faire autre chose que de s'en prendre à une femme noire qui a eu le mérite d'etre parmi les meilleures écrivains au monde . On ne peut pas dire qu'on est ailleurs qu'en République Française , un prétexte qui n'a plus sa raison d'etre avec tous ces regards outranciers des nouveaux tenants du pouvoir français . C'est tout simplement récurrent , persistant et genant pour un pseudo membre du conseil de sécurité de L'ONU .
La censure a atteint sa vitesse de croisière dans toute la France à Sarkozy à Raoult et à Besson . Nous la ressentons à tous les niveaux ,le site de france 24 est baillonné par l'administrateur qui est aux ordres de l'élysée .

impèrialisme français en Afrique:le NEW YORK TIMES en parle...

UN ARTICLE DU NEW YORK TIMES DENONCE LE COMPORTEMENT DES AUTORITÉS FRANÇAISES EN AFRIQUE FRANCOPHONE

A waiter, reacting to the mosquitoes plaguing a customer on a recent hot night here, said sharply, “Those aren’t mosquitoes; those are French people!”

Niger's president, Mamadou Tandja, far right, next to Alain Joyandet, France's secretary of state for cooperation.

Two thousand miles away, in another coastal African capital, Libreville, in Gabon, a crowd yelled: “We’re sick of the French! Let’s kick them out! Let’s kill them!” after learning this fall that their nation’s reigning autocracy was staying in power.

It is not a good time to be French in Francophone Africa, except if you are a high official from Paris privately visiting a strongman’s palace. As democracy slips in country after country in the region, France often quietly sides, once again, with the once-and-future autocrats.

All summer long, while African opposition figures were protesting, demonstrating and fleeing, men in power were coolly visiting Paris, or receiving visits in return.

Nicolas Sarkozy, now France’s president, promised a departure in relations with Africa three years ago. Instead, the nation appears to be reverting to historic type, looking past unsavory rulers for the sake of a uranium mine in Niger, oil interests in Gabon and a deep-water port in Cameroon.

On the region’s streets, where people have been clamoring for democracy, this choosing of sides — the side of power — by the region’s old colonial ruler has led to attacks on French structures, rock-throwing at French people and warnings for French citizens to stay indoors or evacuate.

For decades, France played a preponderant role in the making and unmaking of governments and economies in this part of the world. And while perception now outstrips current reality, France is still a principal commercial partner. Three French banks accounted for nearly 70 percent of the banking business in the African franc zone in 2007, according to a prominent French political scientist, Philippe Hugon, and the French government itself says that 60 percent of its foreign assistance goes to sub-Saharan Africa.

The antigovernment demonstrators think France still pulls the strings, and while French officials deny this, their actions often suggest otherwise. In Gabon, where the election of an autocrat’s son dashed hopes for ending 40 years of rule under the Bongo family, Mr. Sarkozy’s man in Africa, Alain Joyandet, showed up at Ali Bongo’s pomp-filled inauguration, telling reporters that Mr. Bongo “must be given time.”

Publicly, France said it had no horse in the Gabonese elections; behind the scenes, Robert Bourgi, a Paris lawyer with documented access to Mr. Sarkozy’s entourage, openly supported the candidacy of Mr. Bongo, his client. Mr. Sarkozy even accorded Mr. Bourgi one of France’s highest honors, the Legion of Honor.

In Africa, “opposition to power also means opposition to France,” said Mamadou Diouf, the director of Columbia University’s Institute of African Studies. “We find ourselves in a paradox: The champion of the rights of man practices a politics absolutely contrary to its principles,” Mr. Diouf said of France’s policies in Africa.

Mr. Joyandet, the secretary of state for cooperation, disagreed sharply. “It’s not right; we absolutely don’t uphold the existing power at whatever cost,” he said. “Everywhere, we are asking for a return to democracy.”

Mr. Joyandet pointed to Ivory Coast, where France has been pushing for long-delayed elections. “France supports institutions, not candidates,” he said. He insisted that France had gone beyond “practices of another age that we don’t do anymore.”

When Mr. Sarkozy promised “a new relationship” with Africa three years ago, he said it would be “equal, and freed of the scars of the past.” His first cooperation secretary, Jean-Marie Bockel, later reinforced the message, saying he wanted to “sign the death warrant” of the old France-Africa relationship, which he called “ambiguous” and “complaisant.”

But Mr. Bockel was soon out of his post after offending Mr. Bongo’s father with his anticorruption declarations. His replacement, Mr. Joyandet, has been careful to moderate his tone when speaking of African autocrats.

Last month, Mohamed Ould Abdel Aziz, the general who staged a coup in the desert nation of Mauritania and consolidated his power with an election this summer, was cordially received in Paris and abundantly photographed with a smiling Mr. Sarkozy.

In Niger, President Mamadou Tandja has methodically rolled back civil liberties, locked up opposition figures and prolonged his stay in power beyond his electoral mandate; his picture with Mr. Sarkozy is on the French Foreign Ministry’s Web site, and a spokesman in Paris said two weeks ago that “high-level contacts were being maintained with the Niger political class,” though he added, “especially” with the opposition.

France was “much more prudent with respect to Tandja than the other democracies,” said Mohammed Bazoum, a Niger opposition leader. “They tried to dissuade him, but not with the firmness that was necessary.”

Even leaders in Guinea’s military junta, international pariahs since a massacre of unarmed demonstrators on Sept. 28, were cordially received in Paris less than two weeks before the killings, at a time when American officials were shunning all contact. A close associate of Mr. Sarkozy’s, Patrick Balkany, was quoted by the French press as saying at the time that “the candidacy of Moussa Dadis Camara is not a problem,” referring to the junta leader now widely blamed for sanctioning the killings.

In July, President Sarkozy cordially received the president of Cameroon, Paul Biya, who has been in power since 1982 and removed presidential term limits last year. Mr. Sarkozy praised the country as a “pole of moderation.”

Amnesty International recently noted persistent human rights abuses by Cameroon officials, including torture, extrajudicial executions, beatings, and the arrest and imprisonment of political opponents. Cameroonian protesters in Paris held up placards reading, “Biya murderer, Sarkozy accomplice.”

Mr. Joyandet said that “for us, the relationship with Francophone Africa is especially difficult.”

“When we do too much they say we’re colonialist,” he continued. “And when we don’t do enough, we hear complaints.”

French officials have discouraged scrutiny of African leaders’ corruption, the fruits of which often end up in Paris. A French good-government group’s campaign to expose and recover the “ill-gotten gains” of three of the most notorious leaders — the late Omar Bongo of Gabon, Denis Sassou-Nguesso of the Congo Republic and Teodoro Obiang Nguema Mbasogo of Equatorial Guinea — has been opposed by the prosecutor of the French Republic on the grounds that the group has no standing to sue, and that the facts are “ill defined.”

In fact, the group, Transparency International, had set out in detail the leaders’ extensive luxury real-estate holdings in Paris. Last month, an appeals court in Paris agreed with the prosecutors.

Reports of the luxuries to which Mr. Biya treated himself on his Paris visit “enormously shocked people,” said Jean Faustin Kinyock, president of the National Human Rights League in Cameroon, and the French were seen as complicit.

Analysts said that the sentiment was pervasive. “People don’t like France because France isn’t helping Africans freely choose their leaders,” said Achille Mbembe, a political scientist and historian at the University of Witwatersrand in South Africa. “And the democratic process is blocked, practically everywhere.”

© NEW YORK TIMES : ADAM NOSSITER
Paru le 13-11-2009 17:34:48

Attention, amalgame

Bravo pour cette initiative et cet engagement, mais d’abord et avant tout comment tous ces produits illicites peuvent-ils être vendus en France au vu et au su de tout le monde en toute impunité?

En tant que femme noire j'avoue en avoir plus qu'assez d'entendre toujours parler de notre prétendue tendance irrépressible à utiliser des éclaircissants Une fois de plus, nous sommes marginalisées, infantilisées. Cette idée que nous passons notre temps à vouloir nier notre couleur, à la modifier au péril de notre santé renforce l'ostracisme déjà considérable.
Les chiffres de la Mairie de Paris prétendent qu'1 femme noire sur 5 en région parisienne se blanchirait la peau! D'ou vient ce chiffre, je pensais que faute de statistiques ethniques le nombre de personnes noires n’était même pas connu ou alors, on nous aurait menti et ceux et celles qui se blanchissent deviendraient du même coup recensables!
Assez aussi que la presse, les médias ne s'intéressent aux cosmétiques dits « afro » que pour dire combien les boutiques sont sales, les produits illicites et les vendeuses de mauvaise humeur.

Je travaille dans le domaine de la Beauté Noire et Métissée depuis bientôt 10 ans dans l'une des sociétés pionnières de ce secteur. L'action du Label Beauté Noire est formidable mais il ne faut pas oublier que de nombreuses petites structures (salons, magasins sérieux, sites web…) œuvrent en silence dans ce domaine depuis longtemps dans un désintérêt général absolu.
Nous répondons à plusieurs milliers d'emails, de courriers et d'appels par mois et beaucoup d'entre eux concernent les produits éclaircissants, unifiants les anti-taches mais aussi les défrisants. Je répond tous les jours à des clientes, en général, charmantes qui posent des questions pleines de bon sens et leur souci principal n'est absolument pas de changer de couleur! Notre constat est surtout un manque d'information sur les spécificités des peaux noires, des cheveux crépus.
De même que la peau blanche exposée au soleil bronze, brunit ou brûle, la peau noire est sujette aux désordres de la pigmentation. Nous sommes toutes confrontées à ce problème réel. Boutons, écorchures, piqûres d’insecte entraînent une surproduction de mélanine et l’apparition de taches foncées.
Parce que certaines, mal dans leur peau, cherchent à s’éclaircir, au détriment de leur santé, et parce que certaines sociétés sans scrupules bâtissent leur prospérité en fabriquant des produits dangereux pour vendre un rêve inaccessible face à ce mal- être, doit-on pour autant refuser d’aborder avec des solutions efficaces et fiables le problème réel et banal au possible des taches sur les peaux pigmentées ?

Le danger de cette campagne, c'est celui de l'arbre qui cache la forêt. A vouloir nier la réalité d’un besoin réel, on marginalise et on « ghettoise » alors qu'il faudrait apporter une réponse sérieuse, avec des formulations contrôlées et de qualité. En criant au déni de couleur, on pousse les femmes qui n’ont que le souci esthétique et inoffensif de réduire une tache cutanée vers les solutions dangereuses proposées par des officines douteuses parce qu'elles n'auront plus le courage de se présenter dans une pharmacie ou un commerce classique de peur d'être jugées...

Trés pertinent,Nyanka...

J'attendais depuis longtemps de lire la réaction d'un acteur de ce secteur.merci pour ta réaction ma soeur,tout ce que je voudrais dire c'est qu'on n'a pas besoin de porter des lunettes pour voir que l'homme noir a la meilleure peau,la meilleure chevelure,la meilleire constitution morphologique , le meilleur continent et j'en passe.DIEU NOUS A GÂTÉ...
Nous n'avons pas besoin de BOTOX pour corriger les rides hideuses.
En fait,ce que les autres essaient de faire depuis la nuit des temps c'est de semer et cultiver le doute dans nos esprits mais ce temps est révolu...il existe désormais une génération consciente.
Je t'invite à lire les articles que j'ai inscrit sur ce forum et faire suivre ceux qui te semblent les plus pertinents.
Nous vivons dans un monde de manipulation et de lavage de cerveau,j'invite tous les enfants de la génération consciente à toujours réagir et apporter leur contribution lorsque des informations erronées concernant leur domaine de compétence sont publiées sur la toile.

aspect trés plastique..

A voir la photo de cette dame auteur de l'article,elle même n'est pas un exemple d'intégrité dermatologique,visage d'aspect plastique(donc dénaturé) dû à un excès de fond de teint et j'en passe...
Cette question est certes matière à réflexion mais le problème a été mal posé et venant d'un médecin «noir»,franchement...

Désaveu à Kadi et Kouassi Honorat

Vouloir créer une histoire à l'échelle bovine avec une nudité africaine , c'est ridicule de par son caractère raciste et de mauvais gout de part l'avilissement de la femme noire . Pourquoi la photo d'une femme noire et pas celle d'un homme ? pourquoi pas la photo d'une blanche avec des plaques pathogènes sur tout le corps ? C'est absurde toute cette adversité . Nous n'acceptons pas et nous n'accepterons plus jamais cette bienveillance dédaigneuse continuelle envers l'image de la race noire sur les médias occidentaux meme si les contributeurs Kadi Sy Bizet et Kouassi Honorat sont des colimaçons qui flattent par interet France 24 pour léser la communauté noire .

la presse Française...

Cette année 2009 s’est avérée riche et prolifique en dénonciations diverses dans une certaine presse française (et certaines associations de l’hexagone) sur les agissements de certains chefs d’Etat d’Afrique Centrale. Ces dénonciations ou allégations des journalistes français ont été suivies par des propos maladroits pour le moins infructueux et semant la confusion de certains ministres essayant de protéger leur leader. Après Libreville, Malabo et Brazzaville, l’acharnement se tourne ces derniers mois du côté de Yaoundé. Toutes les allées et venues, tous les faits et gestes de l’homme fort d’Etoudi en Europe en général, et en France en particulier sont épiés et livrés avec une bonne dose d’épices sur la place publique. Il va sans dire que ces déclarations alimentent les débats sur toutes les places fortes où se retrouvent les Camerounais, semant la zizanie au risque de nuire à la paix et à la stabilité du pays.

Mon objectif dans cette correspondance consiste à nous pousser à nous interroger sur les motivations de celles et ceux qui, après une cinquantaine d’années de mutisme sur les relations françafricaines et sur les alliés de la France semblent aujourd’hui jouir d’une liberté de parole démesurée. Pendant plus d’un demi-siècle la presse française s’est tue sur les agissements de la France (détournements des hommes d’Etat et des multinationales, assassinats d’hommes politiques africains, versements de pots-de-vin, aides liées, installations de bases militaires pour le renforcement de dictatures, …) et de ceux de leurs homologues africains. La presse comme le monde universitaire en France reconnaissaient à l’Elysée et à Matignon le monopole des questions africaines. Il n’était dès lors pas permis de critiquer les comportements inciviques et peu soucieux des droits humains des Français en Afrique. Il ne fallait pas non plus trop s’interroger sur les véritables causes de la pauvreté en Afrique Centrale. Qu’est-ce qui explique cette dissonance entre, d’une part, l’Elysée qui déroule le tapis rouge aux chefs d’Etat africains, et d’autre part une volonté de dénoncer au grand jour leur train de vie qui jure avec celui de leurs peuples ?

Un regain d’intérêt pour l’Afrique très tardif

Il serait intéressant de savoir si cette presse, qui semble s’émouvoir de l’importante délégation du président Biya et du luxe (qui ne sied apparemment pas, selon eux, à un chef d’Etat africain – par contre Sarkozy peu bien loger au Fouquets avec toute sa délégation au lendemain de sa prise de pouvoir ou se faire inviter dans un yacht super chic par un copain milliardaire) dans lequel ils baignent, poussera son investigation sur les malheurs qui handicapent réellement les pays d’Afrique centrale et dont la pierre angulaire se trouve dans les caches de l’Elysée et de Matignon. Cette Afrique Centrale qui a enrichi des générations d’hommes d’Etat français, des générations d’hommes d’affaires français, des générations d’entreprises françaises, des générations de coopérants français (venant occuper les emplois des Africains)… Une Afrique Centrale dont le sous-sol et le travail des paysans font le bonheur et la prospérité de la France et des Français. Tous les secteurs porteurs des économies d’Afrique sont entre les mains d’intérêts français. Tous les Camerounais ont dansé sur Longué Longué Le libérateur. Ce chanteur engagé reprend en relief tous les malheurs qui minent et handicapent notre développement. Tout le monde se souviendra du fameux refrain, « … c’est pour les blancs… », qui a exaspéré et poussé le ministre de l’Intérieur français de l’époque (Nicolas Sarkozy, grand copain de Bolloré) de lui interdire l’entrée sur le territoire français.

Il serait important de savoir si les investigations de ces journalistes ne se limiteront pas à la dénonciation des excès des hommes d’Etat africains et iront jusqu’à la critique de l’exploitation honteuse des pays africains par les politiques criminelles de l’Etat français. Si elles s’avèrent incapables d’atteindre ces hauteurs-là, la question de la manipulation des opinions, la volonté de nuire, le coup monté… constituent autant d’accusations qui pourraient être formulées à leur égard. Alors la question sera posée de savoir pour qui roulent ces médias. A qui profitent ces allégations et tout ce tapage médiatique ? Une chose est certaine, elles ne profitent ni au président Biya, ni au gouvernement camerounais, ni aux Camerounais dans leur grande majorité...

Louis-Paul Eyamo, Belgique



Fermer