La propreté de Qalyubiya tient aux…. cochons ?!

Des monticules de déchets et des odeurs nauséabondes à l'entrée d'El-Khoussous, au sud-ouest du Caire. Voici ce qu'endurent au quotidien les habitants de cette grande ville de la province de Qalyubiya. À l'origine de cette situation, un problème de ramassage d'ordures qui s'est sensiblement aggravé, selon notre Observateur, depuis l'abattage des porcs en Egypte.

Le 29 avril, les autorités égyptiennes décidaient de se débarrasser de leur cheptel porcin pour endiguer une propagation de la grippe A (H1N1). Ce cheptel, qui comptait 300 000 têtes, était élevé essentiellement par des chiffonniers, basés dans les provinces du Caire, de Gizeh et de Qalyubiya depuis le début du siècle dernier.

Le système de tri et de recyclage des chiffonniers permettait d'obtenir un taux très élevé de récupération des déchets solides, allant parfois jusqu'à 80 % de la masse totale de déchets, soit environ 3000 tonnes par jour dans la capitale et ses environs.

Les cochons, qui se nourrissaient dans des déchetteries à ciel ouvert, constituaient un maillon-clé pour ces trieurs d'ordures: ils s'en servaient pour recycler les déchets organiques (lire notre précédent article sur le sujet), puis revendaient leur viande pour en faire du jambon.

Contributeurs

"La décision d’abattre les porcs a conduit à la crise sanitaire que l’on connaît aujourd’hui"

Mina Zekry est blogueur et activiste des droits de l'Homme. Il nous explique le lien entre l'abattage des cochons et l'accumulation des déchets dans certaines provinces égyptiennes.

L'abattage des porcs a sévèrement affecté l'ensemble du système de collecte de déchets. Cette décision, prise de façon hâtive et arbitraire, a conduit à la crise sanitaire que l'on connaît aujourd'hui. Depuis deux mois, des monticules de déchets se forment dans les provinces de Gizeh, du Caire et de Qalyubiya, faisant craindre un risque élevé de maladies et d'épidémie.

Les autorités voulaient en finir avec le système artisanal de collecte de déchets et automatiser le processus. Elles se sont dirigées vers la privatisation et ont signé des contrats avec des prestataires étrangers. Lorsque vers la fin des années 90, des sociétés privées ont pris en charge le ramassage des ordures, c'était le début de la fin pour les chiffonniers. Mais c'est la décision d'abattre le cheptel porcin, leur principale source de revenus, qui a asséné le coup fatal au secteur.

Les sociétés de collecte de déchets ont été incapables de prendre la relève des chiffonniers. Elles manquent de main d'œuvre qualifiée. En outre, le chiffonnier faisait le tour des appartements pour la collecte. Les gens appréciaient ce service et le rémunéraient directement. Aujourd'hui, le citoyen paye la collecte d'ordures entre 4 et 10 livres égyptienne ( entre 0,50 et 1,20 euros) incluses dans sa facture d'électricité sans bénéficier pour autant du service. Des initiatives privées fleurissent ici et là incitant la population à participer elle-même à la collecte d'ordures, c'est-à-dire qu'on revient en fin de compte à un système artisanal sauf que cette fois il ne s'agit pas de professionnels."

Au centre d'El-Khoussous

Ce jeune explique que ces déchets qui brûlent sont jetés en plein centre ville, au rond-point d'El-Khoussous dans la province de Qalyubiyya. FRANCE24 a contacté le gouverneur de Qalyubiya mais nos questions sont restées sans réponse. Vidéo publiée sur Youtube par TheHopejournal le 26 septembre 2009.

Dans les rues d'El-Khoussous

Autres scènes, même ville. Publiée par 6aprilorg, le 6août 2009

Commentaires

la propreté...des misris

Des chaines satelitaires comme dream et dream2,ces derniers temps passent leur temps à diaboliser les algériens pour un match de foot.Ils feraient mieux de sensibiliser leurs concitoyens sur la perte d'emploi de ces pauvres chiffonniers à cause des décisions de politiciens véreux.

ca me fait penser au

ca me fait penser au remembrement qu il y a eu en france dans les années 50. sous pretexte d ameliorer le rendement agricole on a détruit les haies et boccages qui etaient l'habitat des prédateurs aux insectes nuisibles avec pour résultats explosion des insectes nuisibles et utilisation massive de pesticides qui ont polluer massivement les nappes phréatiques

ci dessus les cochons vont laisser place à des rats ou autres insectes qui sont de bien meilleur vecteurs de maladie
ou ils faudra installer des incinerateurs et passer sous le joug des multinationales du traitement de dechets
bref ca va couter bonbon aux habitants

C'est fou quand même que

C'est fou quand même que ça devienne comme ça ! quel dommage...
Thomas

Devienne comme ça ?

Pourquoi "fou que ça devienne comme ça" ?

Nous vivons dans un pays du tiers monde ne l'oublions pas ! L'Egypte ce n'est pas les beaux hotels des usines à touristes qu'on trouve sur le bord de mer. Tout est fait pour que ces lieux paradisiaques le reste, énormément d'argent est dépensé pour ça, une grosse partie des sommes restantes vont dans des "pourboires" (il faut faire attention aux mots qu'on utilise), les miettes sont utilisées pour la population. Il n'y a donc rien d'étonnant.

oui mais dans ce cas c'est

oui mais dans ce cas c'est le "peuple" qui a pousser pour faire tué les cochons
a cause de l'islam intégriste qui s'encre de plus en plus en egypte
donc arrete d'accuser une fois de plus les occidentaux
decidement les islamistes sont indecrotables de betise

Où est ce que j'accuse les occidentaux ?

Quand je parle de l'argent investit dans les lieux de tourisme de masse, c'est des décideurs locaux dont je parle.
La situation des dépôts d'ordures sauvages n'est pas nouvelle, il y en a de partout. L'abattage des porcs a juste accéléré le mouvement.

en tous cas dommage pour

en tous cas dommage pour vous vous aviez un systeme de traitement des dechets rustique mais efficace
les incinérateurs des multinationales du traitement de déchet vont vous couter les yeux de la tête
desfois je me demande si c'est pas ces multinationales qui auraient pousser l opinion a abbatre les porcs pour eliminer des concurents meilleurs marché



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