"Rein à vendre. Groupe sanguin AB+". Voici ce qu'on peut lire depuis quelques jours sur une annonce placardée sur les murs de la capitale koweïtienne. Une offre qui surprend dans ce riche Etat du Golfe mais qui en dit long sur le florissant commerce d’organes dans la région. L’un de nos Observateurs au Koweït a pu joindre le vendeur.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'un cinquième des 70 000 organes greffés chaque année dans le monde provient du marché noir. En dépit des nombreuses campagnes de sensibilisation, le nombre de donneurs n’a pas sensiblement augmenté ces dernières années. Des milliers de patients sont inscrits sur les listes d’attente. Aux Etats-Unis, par exemple, le nombre de personnes en attente d’une greffe a triplé durant les dix dernières années dépassant les 100 000 patients en juin 2009. Au Royaume-Uni, près de 8 000 personnes attendent un greffon. Ils sont environ 5 000 en France.
S’il existe peu de données fiables sur le trafic d’organes, il est en revanche établi que des pays tels que le Brésil, l’Inde, la Moldavie, les Philippines ou la Roumanie sont d’importants fournisseurs d’organes. Au Moyen-Orient, la Turquie, l’Egypte, ou plus récemment l’Irak et les Territoires palestiniens, sont des destinations privilégiées pour des futurs receveurs d’organes.
Des rabatteurs recrutent généralement les donneurs potentiels dans les quartiers pauvres et les bidonvilles le plus souvent au profit de malades originaires de pays nantis, prêts à payer le prix fort pour un organe sain. Une chercheuse de l’Université de Californie à Berkeley, Nancy Scheper-Hughes, s’est fait passer au début des années 2000 pour une potentielle acheteuse en Turquie et a négocié un rein pour 2 025 euros. Aujourd'hui, un rein se négocie entre 6 750 euros et 10 100 euros à Bagdad, la capitale irakienne. Au Vietnam, on peut en trouver pour 2 600 euros, en Egypte pour 2 300 euros, et, en Inde, certaines personnes sont prêtes à le vendre pour 675 euros.
J’ai d’abord essayé d’appeler le numéro qui figure sur l’annonce mais personne n’a répondu [notre rédaction a également tenté de joindre le vendeur pour mieux comprendre ses motivations mais en vain]. J’ai alors décidé de lui envoyer un SMS pour lui demander le prix du rein. Il a répondu : 'Combien êtes-vous prêt à payer ?' 'Le meilleur prix possible', lui ai-je écrit. Quelques minutes plus tard, j’ai reçu la réponse suivante : "1 000 dinars [2 363 euros] pour les Koweitiens, 800 dinars [1 890 euros] pour les autres"Voyant que je ne répondais plus, il m’a envoyé un nouveau message : "Est-ce trop cher pour vous?" J'ai répondu par l’affirmative ajoutant que je ne pouvais pas aller au-delà de 500 dinars (1 180 euros). Il m'a fait alors une offre surprenante en acceptant de le vendre à 650 dinars (1 534 euros).
J’ai envoyé un autre message lui demandant la raison qui le poussait à vendre son rein. Il s'est contenté de dire qu’il s’agissait d’un problème personnel. C’est vraiment triste. Il doit être désespéré. Je lui ai conseillé de ne pas le vendre lui rappelant que c’était illégal. Il m’a simplement répondu : 'Merci'."
Commentaires
Oui ba si ce con ne donne
Soumis par Vince le mer, 14/10/2009 - 13:35.Oui ba si ce con ne donne que son groupe sanguin mais pas le hla et le reste ça tuera plus que ça ne sauvera!
Utilisateur non inscrit
Déplorable
Soumis par nassereddy le mer, 14/10/2009 - 13:11.Un tel cas fait vraiment mal au coeur! C'est si grave qu'on en est arrivé à vendre son "corps" pour survivre. Et pendant ce temps, que font les soit-disantes organisations internationales? Rien! Déplorable...
nassereddy
effectivement c'est terrible
Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le mer, 14/10/2009 - 20:38.effectivement c'est terrible
Utilisateur non inscrit
cool
Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le dim, 18/10/2009 - 13:46.c cool ,moi qui veu acheté 1 iphone alors je v vendre mes couilles lol
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