La mort de la mer d’Aral

Vues aériennes de la mer d’Aral. À gauche en 1989 ; à droite, en 2008.

Jadis l’une des plus grandes mers fermées de la planète, la mer d’Aral a vu son bassin se réduire comme peau de chagrin au fil des ans, si bien qu'elle n’abrite, aujourd'hui, presque plus aucune forme de vie. Les scientifiques soviétiques la qualifiaient d'"erreur de la nature", mais c’est sans doute l’Homme qui est en train de l'achever.

À cheval entre l’Ouzbékistan et le Kazakhstan, la mer d’Aral couvrait jusque dans les années 1960 une surface de 68 000 km², ce qui en faisait le quatrième plus grand bassin d’eau salée au monde. À l’époque, ses pêcheurs fournissaient 20 % du marché soviétique. Dès 1918 pourtant, le destin de la mer d’Aral était scellé, les autorités de l’URSS ayant décidé de détourner ses deux principaux affluents afin d’irriguer des zones désertiques de l’Ouzbékistan pour y implanter des rizières et des champs de coton.

À partir des années 1960, le niveau de la mer commence à baisser de 20 à 60 centimètres par an. Bientôt, elle se divise même en deux, puis en trois. L'un de ces trois segments s’est asséché cette année... Les efforts des autorités du Kazakhstan pour inverser la tendance laissent toutefois espérer que le segment le plus au nord (la "petite mer") survivra et, peut être même, croîtra à l’avenir.

 

 

Images publiées sur le site de l’observatoire terrestre de la Nasa. En haut à gauche, une photo prise en 2000; en bas à droite, le même cliché en 2009.

Contributeurs

Pêche sous-marine en 1969

Images tirées du film "Aral Sea Colony Film", réalisé en 1969 par A.N. Bogachev.

"Ce fut une gigantesque erreur de la part des planificateurs soviétiques"

Alexey Yablokov est le chef de "Green Russia", un mouvement écologiste qui milite au sein du parti socio-libéral "Yabloko".

Lorsque les médias évoquent la 'catastrophe de la mer d’Aral' pour parler de sa quasi-disparition, ils oublient de dire la chose la plus importante : il ne s’agit pas d’un désastre naturel, mais bien des conséquences d’un plan soigneusement mis en œuvre. Remplacer la mer par des rizières faisait partie du projet stalinien de remodelage de la nature. Des cartes remontant aux années 1960 montrent son ampleur. Bien entendu, ce fut une gigantesque erreur de la part des planificateurs soviétiques, qui ne prirent pas en compte les conséquences d'un tel programme sur l’environnement.

Avant de pouvoir commencer à réparer les dégâts, nous devons d’abord reconnaître nos responsabilités. Les personnes qui ont rédigé et validé ces plans monstrueux n’ont toujours pas de nom. Tant que la structure politique de l’Asie centrale ne ressemblera pas à celle de l’Union européenne, toute tentative de transformer ce désert en un jardin florissant sera vouée à l’échec. Ce ne sont pas les projets qui manquent, mais la volonté politique. Il en existe d'intéressants pour construire des centrales thermo-solaires qui pourraient exporter de l’électricité vers les pays voisins. Idem en ce qui concerne certaines technologies agricoles qui permettraient de réduire la consommation en eau."

La mer d’Aral comme destination balnéaire

Un documentaire sur la mer d’Aral et ses environs, également réalisé par A.N. Bogachev. Des nageurs apparaissent après 5 minutes 30.

La mer d’Aral aujourd’hui

Photos prises par le blogueur Philip Sapozhnikov. Pour en voir d'autres, cliquez ici.

Commentaires

les forets précédent les

les forets précédent les technocrates les déserts les suivent
et ce dans tous les pays

mer d'aral

Je vous invite a un petit tout d'horizon des planifications et non planifications du monde soviétique:le plus grave accident nucléaire de l'humanité à Tchernobyl,le problème des déchets nucléaires militaires,civils notamment prés des grandes bases ex soviétiques,les centrales aux charbons et complexes pétrochimique construit à la hâte et rejetant de la pollution dans les nappes phréatiques sans compté les pluies acides,etc ...
Quand l'idéologie dogmatique se mêle de la science au détriment de la nature et de la dignité humaine soyons sur que la catastrophe n'est pas loin.

félicitation à l'auteur de cet article sur la mer d'Aral Alexey Yablokov.

sans compté les pluies

sans compté les pluies acides,etc ...
Sans compter : ER



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