Déjà à l’âge de bronze, à l’âge de fer ou même de pierre, les gens fondaient des colonies et vivaient ensemble. Pas par amour de leurs congénères, mais parce que l’union fait la force. Et très vite, des hommes du monde entier ont eu la même idée : renforcer leur habitat à l’aide de fortifications.
Ce billet a été rédigé par le blogueur américain Avi Abrams. Son blog : "Dark Roasted Blend"
Les fortifications en bois – puis en pierre et en acier – ont modelé la civilisation humaine. Si vous en doutez encore, regardez la plupart de nos villes, et plus particulièrement les plus anciennes.
Il est parfois facile de repérer les anciennes délimitations des villes fortifiées. Prenez comme exemple la ville d’Utrecht aux Pays-Bas : une vraie carte postale avec ses belles maisons, ses voies d’eau scintillantes, ses espaces verts et ses sentiers qui serpentent dans la cité. Un véritable joyau de la civilisation. Mais la ville d’Utrecht, à l’instar d’autres villes d’Europe, a été construite, à l’origine, comme une forteresse. Une vue aérienne ou une ancienne carte de la ville suffit pour s’en convaincre.
Dans d’autres villes, comme Londres ou Paris, l’expansion urbaine a étendu les frontières de la ville, mais si vous regardez de près, vous retrouverez les anciennes murailles et fortifications.
Les meilleurs exemples de l’architecture défensive remontent au Moyen Age. Des villes d’Europe de l’Ouest comme Utrecht, Amsterdam, Berlin, Lucerne ou Winchester ont toutes des fortifications médiévales ou romaines. Mais leurs défenses sont devenues leur handicap. Les citadins se sont rendus compte que leurs remparts ne les protégeaient pas, mais qu’ils éloignaient en revanche leurs voisins bienveillants.
Mais bien plus que les vicissitudes du temps et les relations de bon voisinage, c’est l’argent qui a asséné le coup de grâce aux remparts des villes européennes. Avec le développement du commerce et des empires financiers, la guerre est devenue un mauvais investissement. L’expansion urbaine a élargi les frontières des villes et il était désormais impossible de les défendre avec des fortifications coûteuses en temps et en argent.
San Juan, à Porto Rico (à gauche), et St. Augustine, en Floride (à droite, la plus veille ville des Etats-Unis construite par les Espagnols sous le nom de Castillo de San Marcos, 1672). Publiées ici et ici.
Les villes fortifiées de Lucca, en Italie, et une autre sur une colline en Toscane. Publiées ici.
L’Europe de l’Est, par contre, n’a pas connu ce luxe. Les remparts de certaines villes fortifiées de l’Europe de l’Est ont survécu des siècles, voire des millénaires.
L’un des joyaux de l’Adriatique est la ville de Dubrovnik, aujourd’hui située en Croatie. Réputée pour son charme, cette ville fortifiée est l’une des mieux conservées au monde. Aujourd’hui encore, les fantômes de son glorieux passé hantent ses tours et ses grandioses remparts .
La ville espagnole de Cuenca nous offre un autre bel exemple d’une ville fortifiée. Classée récemment au patrimoine mondial de l’Unesco, cette ville est une énorme citadelle, avec ses fortifications, ses églises, ses fameuses maisons suspendues et autres trésors architecturaux.
Eloignons-nous à présent de l’Europe pour nous rendre à Bakou, en Azerbaïdjan, autre ville fortifiée classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Si les fortifications de cette ville ont résisté à des générations d’assaillants, elles s’effondreront peut-être à cause des dommages causés par le tremblement de terre de 2000, mais aussi, et surtout, en raison de la négligence de ses habitants.
Jusqu’au siècle dernier, certains peuples envisageaient encore leur défense sous la forme de forteresses. La ligne Maginot [à la frontière est de la France], construite durant les années 1920 et 1930, comptait repousser les invasions étrangères en érigeant un système complexe de fortifications formé de tunnels, de bunkers, d’emplacements à canons, de salles hermétiques aux gaz et d’un réseau ferré habilement protégé. Les défenses de la ligne Maginot étaient et demeurent un véritable exploit de l’architecture et de la planification militaire.
Pourtant durant la deuxième guerre mondiale, la ligne Maginot n’a pas protégé la France des offensives allemandes. En dépit de son architecture complexe et réussie, la ligne était un artefact du passé inadapté aux guerres du XXème siècle.
A l’instar des villes fortifiées, la ligne Maginot apporta une fois de plus la preuve que se cacher derrière les murs était une tactique somme toute inefficace.
Commentaires
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Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le ven, 24/07/2009 - 16:53.Un article très intéressant.
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ligne Maginot
Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le jeu, 23/07/2009 - 20:18.toujours les mêmes idées reçues sur cette pauvre ligne Maginot.
la vérité est:la ligne Maginot s'arrêtait à la frontière belge,
et les allemands sont passé par la Belgique!
si la ligne Maginot avait été prolongée jusqu'aux Ardennes (Sedan),
ils ne seraient peut-être pas passé.
je ne suis pas pour la défense de la mémoire de la ligne Maginot, mais pour la défense de la logique.
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Ligne Maginot
Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le jeu, 23/07/2009 - 18:51.Comment la ligne Maginot aurait-elle pu être efficace contre une invasion allemande, étant donné que nos brillants ingénieurs militaires avaient laissé le soin de construire l'installation électrique à Siemens, compagnie allemande qui n'a donc eu qu'à communiquer le plan de cette installation pour que l'état-major nazi sache précisément quelles étaient les parties de la frontière qui n'étaient pas protégées par la ligne...466
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Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le jeu, 23/07/2009 - 18:40.Je ne saisis pas vraiment la conclusion de l'auteur quand on sait l'efficacité des forteresses...mais je suis sur que leurs bâtisseurs ont toujours fait ça pour rien...
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Merci
Soumis par Bachir le jeu, 23/07/2009 - 00:52.Merci pour cet article riche en informations.
Bachir