Les étrangers sont les bienvenus à Cuba, tant qu'ils s'en tiennent aux plages et n'ont pas trop à faire avec la population locale. Une étudiante française l'a appris à ses dépens : les autorités cubaines l'ont arrêtée, interrogée puis rapatriée de force parce qu'elle avait passé un peu trop de temps avec des opposants.
Marie-Bérengère Ruet, une étudiante en master de recherche à l'Institut d'études politiques de Paris, a passé deux mois à Cuba au printemps dernier pour faire des recherches sur les groupes d'opposition cubains. Durant son séjour, elle s'est liée d'amitié avec plusieurs militants d'opposition, considérés comme de dangereux délinquants contre-révolutionnaires par les autorités cubaines.
Marie-Bérengère Ruet est étudiante à Sciences-Po Paris.
Le 15 avril dernier au matin, huit hommes vêtus de
l'uniforme vert du ministère cubain de l'Intérieur (Minit) m'ont arrêtée alors que
je rentrais au domicile de ma famille d'accueil, rue Manrique, à La Havane. Ils
m'attendaient depuis deux heures au coin de la rue. Ils m'ont emmenée dans les
locaux du département de l'immigration, où ils m'ont interrogée durant plusieurs
heures.
Les fonctionnaires de la Minit qui m'ont interrogée qualifiaient les opposants cubains de "terroristes capitalistes" payés par la CIA pour déstabiliser le régime. Rien à voir avec les militants souvent fauchés que j'avais fréquentés, comme ces huit journalistes-blogueurs qui se partageaient un ordinateur et un appareil photo. Pour se connecter à Internet, ils doivent accéder (souvent en cachette) aux ordinateurs publics des ambassades étrangères.
J'ai aussi été accusée de m'être rendue dans un camp de travail pour parler à des prisonniers. Je n'y ai jamais mis les pieds, même si je suis devenue amie avec un gars dont le frère était en camp de travail, et qu'on a parlé un moment de lui rendre visite. Leur info est peut-être venue de là.
Je ne sais pas ce que les interrogateurs ont fait à mon ordinateur après l'avoir confisqué, mais quand ils me l'ont rendu il ne marchait plus. J'ai dû le réinitialiser, et j'ai perdu la majorité de son contenu, y compris toutes mes photos de voyage. J'ai eu de la chance d'avoir sauvegardé la plupart des notes pour mon mémoire.
Le lendemain de l'interrogatoire, ils m'ont escortée à l'aéroport et expulsée. Avant de partir, je n'ai pas pu dire au-revoir à mes amis et à mes contacts cubains, de peur d'être surveillée. La licence [pour héberger des touristes] de ma famille d'accueil, sanctionnée d'une amende de 1 000 dollars, a été annulée.
Je m'attendais à moitié à ce que ce genre de choses arrive, peut-être que je n'ai pas assez fait attention. Ça m'a quand même choqué : concrètement, tout ce que j'ai fait, c'est parler à des militants d'opposition.
Je n'ai pas vraiment eu peur pour moi, mais je m'inquiète pour les gens que j'ai connus là-bas. Les fonctionnaires de la Minit ont même confisqué deux lettres d'amour qu'un Cubain m'avait écrites. J'essaie de garder le contact avec les gens là-bas, mais les lignes téléphoniques ne marchent souvent pas et ils ont rarement accès à Internet. Je ne sais pas ce qui arriverait si j'essayais de retourner à Cuba aujourd'hui, je préfère ne pas le faire pour l'instant."
Marie-Bérengère Ruet avec Roberto de Jesus Guerra Perez, journaliste indépendant cubain et militant des droits de l'Homme, à Guanbacoa. Photo prise par un autre appareil que le sien, c'est une des seules photos de voyage que Marie-Bérengère a pu conserver.
Commentaires
"Les fonctionnaires de la
Soumis par Vince le ven, 26/06/2009 - 18:11."Les fonctionnaires de la Minit qui m'ont interrogée qualifiaient les opposants cubains de "terroristes capitalistes" payés par la CIA pour déstabiliser le régime"
Cuba a totalement raison: la CIA a payé Marie Berangère Ruet, la CIA a toujours eu de hauts contacts avec Sarkozy donc la presse française,
même qu'ils ont prévu un nouveau débarquement de journalistes à la Baie des Cochons.
D'ailleurs la presse française est limite extrême droite.
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Reaction a l article sur Cuba
Soumis par observando (non vérifié) le jeu, 25/06/2009 - 20:17.Je trouve relativement pathetique ce recit oú une "pauvre petite etudiante francaise" s etonne d avoir ete surveillée par les autorites cubaines alors qu elle allait precisement a Cuba pour critiquer le gouvernement revolutionnaire. Il est tout simplement impossible de comprendre ce qu il se passe a Cuba lorsque l on tente d y appliquer des schemas interpretatifs franco-francais.Et malheureusement, cela semble etre la marque de fabrique des francais, tellement sur de savoir tout sur tout qu ils en oublient l essentiel: Cuba est un pays peripherique, sous embargo etatsunien depuis plus de 50 ans, la meme ou l opposition, si pauvre soit-elle, recoit des financements a travers la NED, L IRI,et autres organisations "non" gouvernementales, dont le but est explicitement prepaper les conditions pour la "transition vers la democratie", c est-a dire, l ouverture du pays au marche capitaliste mondial (donc a la dictature des transnationales) dans lequel le peuple de Cuba n a pas grand chose a gagner (on l a bien vu avec les ex-pays de l URSS).
France 24 une fois de plus insiste dans sa lignee ouvertement neo-liberale, dans laquelle il est interdit de s opposer a la ligne editoriale imperialiste (USA et France). Et dire que vous pretendez informer.....
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Sur le site participatif des
Soumis par Team Observers le jeu, 25/06/2009 - 22:19.Sur le site participatif des Observateurs de France 24, nous publions des points de vue très variés. Vous êtes d'ailleurs le bienvenu pour vous inscrire sur le site et contribuer vous même, en collaboration avec nos journalistes, à la production de ces billets. Bonne discussion.
Team Observers
c'est à pleurer de bêtise
Soumis par philou (non vérifié) le jeu, 25/06/2009 - 21:18.Que dire ? L'innocence ou la bêtise ? Je vais choisir la méconnaissance totale de la réalité du monde.
Encore une fois, parce qu'on est originaire de la patrie des droits de l'homme, on se croit invulnérable et on vient mettre des gens en danger. Aprés, la France doit mettre en oeuvre des procédures inouies, envoyer des équipes spéciales et payer des intermédiaires pour libérer un/une huluberlu(e) qui est emprisonné(e) aprés avoir respecté à la lettre le manuel de l'idéaliste abruti en dictature. France 24 fait également fort en publiant une photo d'un monsieur posant avec elle, nulle doute que l'attaché de défense de l'ambassade de cuba à Paris a déjà transmis à qui de droit à La Havane.
Bref, ayant aussi fait l'IEP Paris, puis travaillant depuis 7 ans dans les ONG, cet exemple pathétique me fait un peu penser à l'arche de zoé car, étant à l'époque à Abéché au Tchad, on a bcp souffert de l'action totalement irréfléchie et illégale de gens qui se disaient (dixit) bien plus engagés que nous car non rémunérés...
Ben oui, mais, aider les autres , c'est un métier trés précis qui a ses régles et ses formations spécifiques...les idéalistes ne laisse pas grand chose derriere eux et mettent la vie des autres en danger. Cuba, Corée du nord, Irak, syrie, Lybie, Soudan et j'en passe, on n'y va pas les mains dans les poches et sa bonne âme en bandoulière.
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Ouvrez les yeux !!!
Soumis par Marti (non vérifié) le ven, 26/06/2009 - 02:59.Bonjour à tous,
Je viens de rentrer suite à trois années sabatiques passées à San Miguel de Padron dans la banlieue pauvre de la Havane. Et je confirme que malgré la gentillesse de son peuple ce pays qui reste le dernier pays subissant le despotisme d'un homme (et de son frère) souffre d'un manque total de liberté. Ma femme cubaine qui a toujours refusé venir s'installer en France en est venu à se résigner car même marié ce n'est pas facile de s'aimer à Cuba. Alors svp avant de critiquer une personne qui a fait le choix d'aller à l'encontre de dissidents ouvrez les yeux et allez écouter d'autres cubains que ceux de la sécurité que l'on vous a discrètement imposé (je sais de quoi je parle).
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L'excès nuit en tout
Soumis par Chabian (non vérifié) le ven, 26/06/2009 - 15:41.Le site introduit l'article par ces mots "Les étrangers sont les bienvenus à Cuba, tant qu'ils s'en tiennent aux plages et n'ont pas trop à faire avec la population locale. Une étudiante française l'a appris à ses dépens : les autorités cubaines l'ont arrêtée, interrogée puis rapatriée de force parce qu'elle avait passé un peu trop de temps avec des opposants.".
Et vous écrivez : "Et je confirme que malgré la gentillesse de son peuple ce pays qui reste le dernier pays subissant le despotisme d'un homme (et de son frère) souffre d'un manque total de liberté."
Ces deux phrases sont manifestement excessives dans leur expression.
Oui, nous vivons dans des pays avec une liberté presque totale pour autant que nous menions une activité "dans la norme". Demandez aux maghrébins de notre/votre pays, dont une enquête belge révèle que LA MOITIE vit sous le seuil de la pauvreté, ce qu'ils pensent de cette liberté ouverte à tous ceux qui ont des sous.
Et inversément, expliquez moi pourquoi/comment les cubains n'ont pas, quand ils vivaient dans une famine extrème durant la période spéciale (89-95), renversé leur "dictature" ou simplement essayé d'entrer en résistance ? Les forces de l'ordre sont très limitées dans leur présence. Et le pouvoir ne se résume pas à la nomenklatura de deux frères.
Or il serait urgent de pouvoir discuter des lecons de l'expérience socialiste vécue à Cuba, y compris comme encadrement social/collectif de la liberté individuelle avec ses aspects pervers, si on veut ajouter des nouvelles pages après la démocratie représentative parlementaire qui sauvegarde le capitalisme libéral en faillite.
Le fait indéniable est qu'on peut circuler librement à Cuba, s'y marier même. Mais en France, je conseillerais à un touriste allemand de ne pas trop tourner auprès des épiceries dans la région de Tarnac... Pas vous ? Or la france n'est pas en guerre froide et sous embargo !
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