Yoani teste la censure cubaine avec une caméra cachée

Notre Observatrice à Cuba, la blogueuse Yoani Sánchez, est partie tester, avec une caméra cachée, la censure de l’Internet à Cuba.

Sous-titres France 24.

Contributeurs

"Il est de plus en plus difficile d'accéder au Net"

Yoani Sánchez est blogueuse à Cuba.

Raul Castro a ouvert les hôtels aux Cubains. Mais il y avait un certain flou sur l’accès à l'Internet. Pendant un moment, on a pu s’en servir. Puis, en janvier, le pouvoir a émis une directive interdisant aux Cubains d’utiliser les connexions des hôtels. C’est ce qu’on a voulu tester, avec un ami, à l’hôtel Meliá Cohiba. La "touriste" qui filme cachée derrière son journal, c’est moi.

Il est de plus en plus difficile d’accéder au Net. Quand c’était encore possible, j’utilisais les hôtels qui offraient une connexion en wifi, car ce type d’accès est plus difficile à espionner pour les autorités. Je n’utilise pas les ordinateurs des hôtels, car je ne veux pas leur donner le mot de passe de ma messagerie ! C’est grâce à ce compte mail que je mets mon blog à jour. J’envoie mes billets à un ami à l’étranger, qui les poste en ligne. Il me renvoie ensuite les commentaires, toujours par e-mail.

Mais il ne faut pas s’inquiéter pour nous. Les blogueurs sont malins et on va trouver une solution."

 

Commentaires

La blogueuse cubaine Yoani Sánchez découverte en train d’écrire

10 mai 2009. - La blogueuse cubaine Yoani Sánchez, rendue célébre par le prix Ortega et Gasset que lui a octroyé le 4 avril 2008 le groupe Prisa (El Païs mais aussi une bonne partie de la presse d’opposition au Venezuela), un prix bien rémunéré et qui a l’habitude d’être donné aux journalistes avec un plus grand curriculum professionnel. Mais l’anticommunisme a bien des vertus pour El Païs, on sait à quel point pour la presse occidentale il suffit de vomir sur Cuba pour bénéficier des voies de la notriété et le financement qui va avec. (El Païs est l’équivalent espagnol du Monde)

Donc elle a été récompensée le 4 avril 2008 par le prix Ortega y Gasset, décerné annuellement par le quotidien espagnol El País, dans la catégorie “journalisme électronique”, qui gratifie la défense de la liberté d’expression. Le quotidien El Pais, qui délivre ce prix chaque année, a expliqué que Sanchez l’avait emporté en raison de l’”ingéniosité” dont elle fait preuve en surmontant les entraves à la liberté d’expression à Cuba, de son style “vivace” et de sa volonté de rejoindre “l’espace mondial du journalisme citoyen”. Yoani Sanchez a coutume de dénoncer dans ses articles son interdiction d’accès a Internet, elle soutient même que ce sont des amis qui transmettent sur la réseau ses articles manuscrits.

Et pour aller jusqu’au bout du ridicule, en 2008, elle a été consacrée l’une des 100 personnes les plus influentes au monde selon le Time avec toujours le même leimotiv sur l’incroyable ingéniosité dont elle devait faire preuve pour surmonter la censure et un environnement aussi désespérant qu’hostile. Qu’on en juge plutôt à travers ses lignes écrites le 27 février 2009 sur son blog, ceux qui connaissent Cuba apprécieront la description : “Bordeo mi edificio, evitando pasar por debajo de los balcones, pues los niños lanzan preservativos llenos de orine para matar el aburrimiento. Un hombre con su hija lleva una bolsa que gotea una mezcla de grasa, agua y sangre. Vienen de la carnicería, donde la larga cola anuncia que algún producto racionado llegó en la [...]Febrero 25th, 2009″ Je longe mon immeuble, en évitant de passer sous les balcons où des enfants lancent des préservatifs remplis d’urine pour tromper l’ennui. Un homme avec sa fille porte porte une bourse d’où suinte un mélange de graisse, d’eau et de sang. Ils viennent de la boucherie où une longue queue annonce que certains produits rationnés sont arrivés… “

Bref c’est tout à fait dans le style Zoé Valdes celui qui paye à défaut d’avoir de véritables qualités littéraires, il en rajoute dans la noirceur et les périls affrontés par ces femmes, et cette jeune femme véritablement héroïque, nous dit-on, elle écrit son blog depuis La Havane, et il est publié sur Internet par un réseau d’entraide disséminé sur toute la planète car l’accès depuis Cuba au site qui l’héberge est bloqué par les autorités de l’île.

Aussi quelle ne fut pas la surprise quand le mercredi 6 mai, des représentants de la presse internationale accréditée à la Foire Internationale du Tourisme de Cuba (Fitcuba 09), purent la croiser à l’heure du déjeuner dans l’Hôtel NH Parque Central de la havane. (voir phot prise par l’un d’entre eux à la fin du texte)

Avec une totale tranquilité elle était installée dans le salon de reception avec son ordinateur portable connecté à la red Wi Fi de l’hôtel, dans lequel il faut payer en devise étrangères, mais il est clair qu’elle n’en manque pas.

Elle est apparue devant plus de 180 journalistes accradités à cet événement, sans que personne de la Sécurité de l’Etat ne la gêne, ni sans souffrir d’aucun acte de désaprobation de la part de la population, alors qu’elle ne cesse de décrire dans ses articles ce qu’elle subit quotidiennement.

La surprise

La surprise et la désillusion fut grande chez certains professionnels étrangers dont les journaux payent pour ses collaborations, et publient des textes d’elle qui rapportent ses lamentations devant les difficultés d’accès à Internet, ce qui conduit y compris à s’interroger sur la véracité du reste de ses écrits.

Yoani Sánchez écrit dans une page web qui s’intitule desdecuba.net, mais en réalité elle ne provient pas de l’île, le serveur est logé en Allemagne et enregistré au nom de Josef Biechele, le pourvoyeur est l’entreprise Cronos AG Regensburg, laquelle abrite également d’autres pages de l’extrême-droite et de néonazis et qui a été dénoncée par les verts allemands. Le parrain est IGFM et il a comme un des ses porte paroles le saxon Arnold Vaatz, cette entreprise durant l’administration Bush a reçu des millions de dollars d’aide.

Sans avoir un avis général

Sans avoir un avis général sur l'exactitude de se qui est rapporté par Yoani Sánchez, et bien sur prétendre que la presse est libre a Cuba, une chose m'étonne quand même dans ses déclarations: Il est toujours possible avec un minimum de curiosité et de connaissance de passer au travers des systèmes de censure utilisée pour limiter l'accès à certain sites. Je l'ai fait pendant des années en Chine, un des pays ou le contrôle est des plus stricte. Une blogueuse/journaliste professionnelle devrait connaître toutes ces méthodes. D'ailleurs si le filtrage était aussi étanche, même ses e-mails ne passeraient pas.

Pff...désinformation

Pff...désinformation gauchiste: ce n'est que le copier/coller d'un site gauchiste: legrandsoir

Je me doutais de la

Je me doutais de la crédibilité de l'article.. Merci pour vos explications.

Oui moi aussi,merci de ces

Oui moi aussi,merci de ces précisions.

Yoani explique simplement

Yoani explique simplement qu'il est de plus en plus difficile pour les Cubains d'accéder à Internet dans les hôtels. Avez-vous des informations contraires?

mensonges ?

Avez vous simplement était une seule fois à Cuba Monsieur ? Comment des professionnels peuvent tenir compte d'un "témoignage" tenu par une amie de l’entreprise Cronos AG Regensburg ? Yoani Sánchez a montré aux 180 journalistes qui elle était réellement...

Notre propos n'est pas de

Notre propos n'est pas de dénoncer le régime cubain, et vous avez tout à fait le droit, sur le site des Observateurs, de défendre la politique de ce gouvernement. Nous donnons des informations, après les avoir vérifiées. Puisque vous êtes allés à Cuba, vous pouvez certainement confirmer si oui ou non les Cubains ont accès à Internet dans les hôtels ? Si nous vous pensez que nous commettons une erreur, apportez-nous s'il vous plaît des informations précises.

Eh bien

Hahaha! Dans les dents!

internet et cuba

Voyez par vous même, Yoani Sánchez s'est connectée librement au Wifi de l'Hôtel NH Parque Central de la havane. Mais pour aller sur Internet à Cuba, il y a plein d'autre moyen :

"À Cuba, près de 2 millions d’enfants et d’adolescents ont accès chaque jour à Internet dans leurs établissements scolaires, tous équipés d’une salle informatique dotée de matériel de dernière génération. À Cuba, il existe 146 petites écoles dans les régions les plus reculées du pays qui sont fréquentées par un seul élève et toutes disposent d’un laboratoire informatique. À Cuba toujours, il existe plus de 600 clubs informatiques communautaires gratuits, fréquentés par plus d’un million de personnes, dans chacune des municipalités de la nation."

Vous allez me dire : Oui mais internet est contrôlé. Et bien, même Reporters sans frontières reconnait, entre deux critiques grossières,la liberté de l'accès :

"il est possible à Cuba d’avoir « accès à pratiquement tous les sites d’informations, lemonde.fr, bbc.com, le Nuevo Herald (un quotidien de Miami [contrôlé par l’extrême droite cubaine]) et même les sites des dissidents du régime castriste ».

Le rapport ajoute : « Des tests effectués par Reporters sans frontières ont montré que la plupart des sites de l’opposition cubaine, ainsi que ceux des organisations internationales des droits de l’homme sont accessibles par le biais du service ‘international’. En Chine, des filtres par mots-clés sont installés sur le Réseau, ce qui rend par exemple impossible le téléchargement de pages contenant des mots-clés ‘subversifs’. L’organisation a pu vérifier, en testant une série de termes interdits à partir de cybercafés, qu’aucun système de ce type n’est installé à Cuba ».



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