Le Tchad, "une terre brûlée que des chefs de guerre se partagent"

Des rebelles tchadiens venus du Soudan sont entrés au Tchad le 4 mai avec pour objectif affirmé de prendre N'Djamena et de renverser le président Idriss Deby Itno. Selon l'armée française, les forces gouvernementales tchadiennes ont toutefois remporté, dimanche, les combats dans l'est du Tchad et réussi à repousser les troupes rebelles.

Succès Assyongar Masra est un étudiant tchadien à Sciences-Po Paris. Il est le coauteur de Tchad, Eloge des Lumières Obscures (Ed. Harmattan, 2009). Ce texte n'a pas été édité ou vérifié par la rédaction de France 24.

Je ne voudrais pas m'étaler sur l'histoire de mon pays, le Tchad, que chacun connaît et qui est couronnée de rebondissements d'instabilités permanentes. Mais comme l'actualité nous interpelle, je voudrais y revenir, pour dire deux mots, m'adressant surtout à la jeunesse ; à la jeunesse tchadienne. Ce qui est dramatique pour nous les jeunes, c'est sans doute cet héritage de 50 ans de guerre qui font de notre pays une terre brûlée que des chefs de guerre se partagent depuis tant d'années. Une espérance de la jeunesse qui doit mieux catalyser son énergie...

Je voudrais surtout m'adresser aux jeunes Tchadiens ; à vous qui êtes au Tchad et qui avez cette odeur nauséabonde dans le nez, lorsque vous n'êtes pas de part et d'autre utilisés comme chair à canon. Je voudrais m'adresser aussi aux jeunes Tchadiens qui sont un peu partout dans le monde, ici, en Europe, au Moyen orient, Aux Etats-Unis, au Canada, en Asie et en Afrique pour diverses raisons, notamment pour les études. Nous devrions nous convaincre qu'il nous appartient de construire un avenir différent pour notre pays. Je sais que nous sommes de plus en plus nombreux à partager cette volonté de paix. Nous ne devons pas ignorer le fait que la Liberté ne sera pas un cadeau de papa noël ou un geste de générosité d'un marabout à la sortie de la mosquée un vendredi. Nous ne saurions donc continuer à rester en marge, et regarder notre destin traîné dans la boue comme cela, encore longtemps.

Il nous faudra de l'audace, du courage et de l'endurance. De l'audace, il nous faudra, pour rompre avec les erreurs et hypocrisies du passé. Du courage, il nous faudra pour rompre avec les peurs qui nous emprisonnent et nous empêchent de plaider pour une autre image du Tchad. De l'endurance aussi, il nous faudra, parce que ce sera un grand pèlerinage sur les sentiers toujours difficiles de l'engagement.

En prenant ainsi conscience du fait qu'il n'y a de pouvoir politique que parce qu'il existe un peuple, nous saurons exiger un Tchad nouveau, assis sur des bases solides de la justice, du sens du mérite et de l'égalité pour tous ; conditions sine qua none du développement. Apprenons donc à réussir pour nous-mêmes sur le plan professionnel et familial, mais apprenons surtout à êtres ambitieux pour notre pays. Pour que ce Tchad berceau de l'humanité brille effectivement par l'exemple."

 

 

Contributeurs

Commentaires

Assyongar, mes

Assyongar, mes encouragements pour le courage et contributions inproportionnees sur la possible sortie de crise pour le long term au Tchad; je suis sure que la majorite des jeunes tchadiens partages tes opinion; mais avant tout la voix de la jeuness tchadienne doit etre entendu par les chefs de guerre et les autres sois disant pseudo politiciens. Cela ne peut se faire que par des actions congretes et non par des insults et critiques a travers des internet blog. Salut

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Salam Hassan. Je veux te

Salam Hassan.
Je veux te dire merci pour les encouragements. Et je te rejoins sur plusieurs plans. Le fait d'abord que la jeunesse, comme toi sans doute, nous partageons la nécessité de paix pour notre pays.

Je voudrais bien que les responsables politiques, y compris ceux que tu appelles les pseudo politiciens entendent ces voix. L'intérêt du Tchad le commande . Donc si certains des mes propos descriptifs de la tragique situation actuelle de notre pays apparaissent comme une insulte, je voudrais bien m'en excuser.

Mais tu comprends qu'il est difficile d'applaudir autant d'années de guerre et d'instabilités permanentes. Tu comprends aussi sans doute que dans la situation qui est la nôtre, faut-il vraiment craindre la "vilonence des maux" ou la "violence des mots"?
Il nous faut dans cette situation, la tendresse du coeur pour pardonner les erreurs, mais aussi la fermeté d'esprit pour identifier ce qui est pour quelque chose dans cette actuelle impasse sociopolitique afin de dessiner une autre histoire pour notre pays.
Succès MASRA

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DICT

salut petit ecout cs rebellion cs sont psassssssssssssss de soudan cs sont des tchadienne

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Biens chers jeunes

Biens chers jeunes compatriotes, un constat s'impose à la lecture de vos propos : celui que la jeunesse tchadienne prend conscience de l'impasse socio-politique dans laquelle le Tchad s'est engouffré au sortir des independances ainsi qu'une nécessaire sortie de crise qui ne saurait intervenir sans son implication, car l'avenir de cette terre d'Afrique lui appartient plus qu'à quiconque. J'ose espérer que cela soit un avis communement partagé.

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