Depuis plus de trois mois, étudiants et enseignants s'opposent aux réformes de la ministre de l’Enseignement supérieur, au risque, pour les premiers, de voir toute une année partir en fumée. Nos Observateurs, l'un favorable au blocage, l'autre contre, nous emmènent au cœur du conflit.
Pourquoi cette grève ? La loi LRU (relative aux libertés et responsabilités des universités, NDLR), approuvée par le Parlement à l’été 2007, prévoit que les universités françaises accèdent à l’autonomie en matière de budget et de gestion du personnel. Elle a été vivement critiquée par la plupart des syndicats d'étudiants et d'enseignants. Ces derniers craignent une privatisation du système universitaire et le renforcement des inégalités entre établissements. La réforme du statut des enseignants-chercheurs, annoncée un an plus tard, a achevé de pousser les professeurs dans le camp de la contestation. Depuis, le gouvernement doit affronter une formidable coalition sur les campus de France.
Sur les 83 universités que compte l’Hexagone, une vingtaine ont été touchées par des blocages, partiels ou totaux. À Bordeaux-III, où les cours ont été suspendus le 2 février, les étudiants sont appelés à voter aujourd’hui sur la reconduite du blocage. Pour les partisans de la levée, c’est désormais la dernière occasion de rattraper le semestre et boucler les examens avant l’été. Mais si les "bloqueurs" se disent également inquiets face au spectre du redoublement, il s’agit pour eux de défendre l’université française comme service public - coûte que coûte.
ACTUALISATION (12/05/09) : Les étudiants et membres du personnel de Bordeaux-III ont voté à 57,46% en faveur de la motion qui prévoyait la reprise partielle des cours, avec maintient de la mobilisation.
Étienne Maury est étudiant à Bordeaux-III et membre de l’Unef, un syndicat étudiant de gauche. Les étudiants de Bordeaux-III sont appelés à voter aujourd’hui sur la reconduite du blocage général de l’université, qui dure depuis le 2 février.
Les étudiants vont s’exprimer sur deux motions. D’un côté, il y a la solution de compromis soutenue par la direction de l’université et par les syndicats, à l’exception de la confédération étudiante (syndicat "réformiste"). Celle-ci prévoit une reprise partielle des activités pédagogiques, organisées en tandem par les enseignants et les étudiants, sans toutefois cesser la mobilisation. De l’autre côté, la motion B préconise une reprise immédiate des cours avec l'organisation des examens en juin.
Depuis le début du blocage, le 2 février, nous avons été très largement d’accord avec les enseignants, qui ont d’ailleurs voté la grève à l’unanimité. Certains ont organisé des cours hors les murs, afin de sensibiliser les étudiants aux dangers de cette réforme.
Durant les "AG" (Assemblées générales, NDLR), nous avons donné la parole à tout le monde. C’est même plutôt les anti-blocage qui ont essayé de perturber les assemblées, allant jusqu’à lancer des œufs en direction de la tribune."Rémi Martial est étudiant en droit à l’université de Paris II (Panthéon-Assas) et délégué national de l’UNI, syndicat étudiant opposé au blocage des universités.
Ce blocage est tout à fait illégitime, d’autant plus qu’il a été voté par des assemblées illégitimes, organisées par des manifestants de façon à étouffer toute forme de dissidence. Les "AG" sont quasi-quotidiennes, et lorsque les organisateurs s’aperçoivent qu’ils risquent d’être minoritaires, ils suspendent la session. Nos militants essaient d’y assister, mais ils sont régulièrement chahutés, voire insultés. Le comble, c’est que de nombreux bloqueurs ne sont même pas des étudiants ! La semaine dernière, la police a dû intervenir pour évacuer l’université de Caen, où des manifestants avaient endommagé un laboratoire ; sur les 21 personnes interpellées, 14 n’étaient pas des étudiants et ont passé la nuit en cellule de dégrisement.
Bien entendu, nous soutenons les réformes du gouvernement. Voilà des années que nous demandons plus d’autonomie pour les universités, sans quoi elles ne peuvent faire face à la concurrence internationale. Ces mesures vont également améliorer l’insertion professionnelle des étudiants ; qui plus est, l’exécutif a apporté de nombreuses modifications à son texte pour satisfaire enseignants et étudiants.
Mais nous faisons face à des jusqu’au-boutistes qui sont en train de saborder l’université française."
Commentaires
Un manifestant déçu...
Soumis par Toutoun83 (non vérifié) le lun, 01/06/2009 - 18:48.Depuis 8 ans que je suis en fac, j'ai ete sur tous les fronts... CPE et j'en passe. Mais la mobilisation se retourne toujours contre les etudiants. A cause de la LRU l'an passe, j'ai ete refoule de l'universite d'Oxford juste parce que ma moyenne gene etait de 13.7 et qu'ils demandaient 14. Et ca, c'est a cause de la greve, les profs n'ont pas modifie leurs partiels et ils nous manquaient la moitie du semestre.
Alors un conseil, comparez avec la sncf ou on trouve ca injuste que ca bloque les usagers, les etudiants y sont pour rien, prenez-vous en aux responsables directement !
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La "Fac" : reproduction des inégalités
Soumis par Vince le mar, 12/05/2009 - 01:59.Les universités en France ont un très lourd retard. Je ne conteste pas que le modèle libéral est un extrême qu'on doit éviter mais si la faculté occupait réellement la société française elle obtiendrait une meilleure force pour demander des budgets plus élevés de l'Etat et des entreprises.
Mais dispersées, bloquées, en contestation permanentes, à quoi servent-elles aux yeux des français?
Très malles vues par les entreprises, celles-ci vont prendre des étudiants d'écoles (assez souvent à tord quand on regarde le niveau).
Donc la fac doit être le contraire de ce qu'elle est: regroupée géographiquement: par exemple 3 universités pour Paris au lieu de 12 ou 13 et si possible en un seul complexe ce qui réduirait les frais administratifs, les frais pour le logement, les frais de transports, bref voilà un exemple d'audace.
Forte: le but des fac pour les 3e cycles et plus: les brevets, l'etat doit mieux encourager les brevets avec une rémunération plus importante des professeurs, par équipe et avec une commission sur les découvertes que l'Etat octroierait moins.
Mais si les entreprises investissent dans les universités, il n'est pas question d'en faire un lieu mercantile: il est important que seul l'Etat se charge des avantages à l'investissement dans les fac: baisses d'impôts, suppression de charges salariales et d'impôts divers si il y a contrat d'apprentissage rémunéré à 20 euros de l'heure pour un étudiant en alternance par exemple.
Rémunération "monstre" direz-vous... Quand on regarde la possibilité des baisses d'impôts de l'Etat...
Le lycée doit se préparer aux études supérieurs: si il y a un échec en fac, c'est aussi parce qu'il n'y a aucune continuité entre le secondaire et le supérieur. L'effet de levier des inégalités se trouve dans la "marginalisation" du niveau des élèves des lycées bons ou moyens des mauvais (cf les collèges, cf les écoles>> cf les IUFM)
Pour moi le supérieur français continuera sa chute avec les IUFM car ils sont responsables d'une politique stricte qui impose le n'importe quoi aux enseignants. Alors quand on va apprendre à Saint Louis, l'enseignant profitera de son proviseur pour ne pas être pénalisé le Lycée ayant une dérogation tacite.
Dans les ZEP l'enseignant se verra pénalisé s'il ne respecte pas la loi des IUFM: financièrement!
Enfin la Fac doit se lancer dans une réflexion: celle du droit à la pensée différente. Non pas pour faire les 100 fleurs fleurirons de Mao mais parce qu'on ne peut pas faire comme le monde actuel, le reste du monde.
Les prix Nobel d'économie étaient tous libéraux avant la crise: un fait qui nous impose d'y voir plus clair, la réalité est qu'un courant de pensé est bon quand il ne se politise pas, la fac doit jouer le rôle d'usine à courants de pensées comme elle le faisait auparavant.
C'est ce qui faisait la richesse de nos universités il y a un siècle.
Donc finalement je crois que c'est plutôt nous étudiants qui voyons les choses à l'envers: nous voulons tout, tout de suite. Pourtant nous avons oublié que si la fac n'a pas suffisamment de moyens c'est parce qu'elle ne présente plus grand intérêt réel.
C'est à nous de montrer que nous avons des idées, des projets et une ligne de conduite.
Les politiques donneront s'il y a un intérêt économique: je suis toujours agacé de voir des attachements politiques dans les facs.
Donc je suis contre la nature du mouvement: toujours politisé, toujours à la masse. Si ces têtes de cons pouvaient lâcher leurs positions politiques deux secondes pour proposer quelque chose de sérieux sans parler de lutte...
Le concret c'est donc de tout regrouper, tout subventionner, tout rendre indépendant avec une constitution des universités qu'on ne pourra pas changer et négociée par les meilleurs universitaires: les professeurs.
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Blocage ou pas blocage
Soumis par Etudiant à Bx3 (non vérifié) le lun, 11/05/2009 - 22:03.Personnellement, je suis pour le blocage et pour plusieurs raisons. Nous vivons actuellement une crise économique suite à un modèle qui nous a été imposé en douceur post guerre mondiale et ce modèle, aujourd'hui en crise est entrain d'envahir peu à peu l'éducation publique et la recherche mettant en danger non pas seulement les universités mais aussi la qualité du savoir et le droit pour tout étudiant de disposer d'un savoir neutre.
Nous le voyons cette année avec la mise en place d'une licences Conforma, ou même des étudiants qui apprennent à ce servir avec des logiciels prioritaires employés dans une seule banque.
Et puis, je ne parle pas des cours d'informatique sponsorisés comme pas possible par différentes multinationales telles que Microsoft, Apple ou même Cisco. "Tu ne veux pas apprendre sur du Cisco ? Okey, tu n'a pas de note dans cette matière".
Bref, l'heure est grave... à quand une loi visant à établir une sorte de laïcité économique dans l'enseignement, et ce dès la maternelle ? A quand des universités réellement publiques où tout le monde possède ses chances pour y rentrer.
Aujourd'hui, les personnes étant dans les universités quoi que l'on dise sont chanceuses, car elles peuvent se payer des études supérieures et si nous bloquons, c'est bien que nous avons l'ultime conviction qu'une autre université est possible où les étudiants ne sont pas laissés faute de moyens financiers.
Ok, on risque de ne pas avoir notre semestre, mais ceci est inconcevable pour le gouvernement. Ok, c'est un risque pour notre avenir, mais quel patron se souvient de l'année de tel ou tel mouvement ? Ok, c'est un risque tout court, mais le risque aujourd'hui n'est pas celui de quelques semaines de blocage, s'est surtout celui des longues années qui arrivent vendant notre système éducatif à des entreprises, sous-finançant certaines filières car non rentables économiquement et formatant leurs élèves à l'utilisation de leurs produits prioritaire faisant de nous de bon pantins.
(AU fait, pour Bx3, la motion 1 est passée à 57%)
http://www.mouvement-etudiant.fr
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les diplômes des facs c'est
Soumis par thierry la fronde (non vérifié) le mar, 12/05/2009 - 08:48.les diplômes des facs c'est comme le bac un morceau de papier sans valeur
une sorte d'antichambre de l'anpe
avant il y avait le service militaire pour faire baisser les stats du chomage maintenant il y a la fac lol
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Toi tu ne l as pas faite la fac
Soumis par Musashy le mer, 13/05/2009 - 06:41.Ah oui, sortir d'un master ou d'un doctorat en fac ca n'ouvre pas toutes les portes ??? peut etre ...
Tu aurais du continuer plus loins que la semaine pédagogique ca aurai commencé a devenir intéressant.
¤La vraie valeur d'un homme se détermine d'abord en examinant dans quelle mesure et dans quel sens il est parvenu à se libérer du Moi.
Musashy
non juste un diplome
Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le mer, 13/05/2009 - 17:21.non juste un diplome d'ingenieur
c'est pour cela que je vous juge a votre juste valeur les faceux lol
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ce n'est pas que les facs
Soumis par Vince le mer, 13/05/2009 - 20:23.excuses-moi mais si tu avais étudié un doctorat à Assas, ou à Pierre et Marie Curie ou encore Paris Dauphine j'accepterais que tu te fiches un peu des facs.
Là tu parles d'école d'ingé, il y en a beaucoup: comme les écoles de commerces, on ne sait pas laquelle...
Non les facs peuvent être excellentes, tu devrais nuancer ton jugement.
Le problème est plutôt de savoir comment il se fait que la majorité des facs en France soient dans un élan de contestation quand les étudiants contestataires proposent des solutions qui aggraveraient le devenir de l'université.
Le problème est global: de l'école au lycée et du lycée au supérieur il y a depuis la création des IUFM une baisse de niveau et un déclin de l'école dû au programmes imposés.
La fac (la majorité des facs) sont un peu le thermomètre de cette baisse de niveau 10 après.
Donc en réalité c'est un problème qui nous concerne tous: l'appareil éducatif français est en crise et n'assure plus le transfère de savoir même pour ceux qui parviennent aux études supérieures.
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evidement qu il est en
Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le ven, 15/05/2009 - 18:04.evidement qu il est en crise
il n'y a plus de sélection
les diplomes ne valent plus grand chose et les facs sont simmplements des endroits de gardiennage ou l'on met des jeunes qui n'ont pas le sens de l'efforts pour faire baisser stat du chomage c'est tout
le problème c'est la mondialisation a partir du moment ou en chine tu as une usine entière pour le prix d'un ouvrier, technicien et bientot ingenieur en france aucune entreprise n'embauchera des jeunes sans qualification donc on les fait aller en fac ou il s n'apprennent rien
ce qui changerait c'est embaucher des jeunes et la formation professionnel en alternance
mais bon on a creer une generation de glandue a qui l'on a donner des diplomes sans la moindre valeur
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