L’élection indienne fait le bonheur des caricaturistes

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L'Inde recherche un homme fort pour assurer sa sécurité, par Ajit Ninan

L'Inde vote depuis trois semaines. Un scrutin gigantesque et atypique que nous racontent des caricaturistes locaux.

Dans une Inde fragilisée par le terrorisme et rattrapée par la crise économique, plus de 700 millions de citoyens se rendent aux urnes au fil d'un gigantesque cycle électoral qui s'étale sur un mois - les résultats seront proclamés le 16 mai. Alors que les deux mastodontes politiques, le Parti du congrès et le Bharatiya Janata Party (BJP), peinent à mobiliser les foules, l'issue de ces législatives va certainement reposer sur le score des petits partis régionaux. Au total, il existe près d’un millier de partis en Inde, la "plus grande démocratie du monde". Le facteur "jeunesse" pourrait faire la différence cette année, avec plus de 210 millions de votants âgés entre 18 et 35 ans, ce qui représente plus d'un quart de l'électorat total.

"Les méthodes des partis politiques, ainsi que les malversations, mettent à mal la démocratie"

Yathish L. Shettigar, 30 ans, est dessinateur pour le quotidien anglophone "Deccan Herald", publié à Bangalore.

En plus de nos problèmes, le terrorisme, la récession et la corruption ont miné le système. Négligeant leurs responsabilités, un grand nombre de citoyens s’abstiennent de voter, neutralisant la démocratie. Aujourd’hui, le terrorisme s’est répandu à travers le monde. L’Inde en est l’une des principales victimes. Les attaques récentes de Bombay hantent encore les esprits. Tous les partis évoquent la sécurité du pays. Mais dans quelle mesure seront-ils vraiment capables d’assurer la sécurité ? Même 62 ans après l’indépendance, la plupart des gens dans les villages manquent d’infrastructures de base, comme l’approvisionnement en eau potable, les routes et l’électricité. Des agriculteurs se suicident parce qu’ils ne parviennent pas à trouver des solutions à leurs problèmes. Les gens espèrent juste que le prix des denrées de base va baisser, une fois qu’un nouveau gouvernement - de centre - sera entré en fonctions."

"Les frais de campagne officiels - Le vrai coût de la campagne"

Des sommes astronomiques sont engagées dans cette campagne. Les méthodes des partis politiques, ainsi que les malversations, mettent à mal la démocratie. Le seul point positif, aujourd'hui, c'est que la commission surveillant les élections applique strictement certaines règles.

Cette commission s'est battue pour que les frais de campagne de chaque candidat n'excèdent pas les 43 000 euros. Mais malgré ces efforts, les dépenses sont 10 à 20 fois supérieures à la limite autorisée. Les personnalités politiques utilisent l'argent pour appâter les électeurs. Cette caricature explore le rôle de l'argent sale et de la corruption dans les élections."


Les programmes électoraux sont de la poudre aux yeux. Ils sont écrits de façon à ce que les électeurs se laissent embarquer par leurs promesses. En Inde, poser un chapeau sur la tête de quelqu'un signifie "tricher, tromper". A partir du moment où les électeurs réalisent qu'il ne faut pas se fier aux programmes, c'est trop tard, ils se sont déjà faits avoir."



"Le grand spectacle de marionnettes indien"

Depuis l'indépendance de l'Inde, le Parti du congrès est contrôlé par la famille Nehru-Gandhi. Sonia Gandhi est aux commandes du gouvernement central, en tant que présidente de l'Alliance progressive unie (UPA), une des composantes du Parti du congrès. Le Premier ministre, Manmohan Singh, est, en fait, juste un alibi pour l'UPA.

Même chose pour l'autre grand parti indien, le Bharatiya Janata Party (BJP). Le candidat au poste de Premier ministre Lal Krishna Advani est, à l'origine, un militant du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS). Comme le BJP est l'aile politique du RSS, ce dernier ne fait que formuler la même ligne politique que le BJP.

Manmohan Singh et Advani se sont traités réciproquement d''esclave'. Cette mascarade est montrée dans le dessin."

Portrait de Yathish L. Shettigar

Yathish L. S...

  • India
  • Cartoonist

"La sécurité est une préoccupation essentielle, car l'Asie se dirige vers une catastrophe majeure"

Ajit Ninan est né à Hyperabad, dans le sud de l'Inde, en 1955. Il travaille pour "The Times of India".

Comme les sondages d'opinion et ceux effectués à la sortie des urnes sont interdits durant ces élections, les trois formations - le Parti du congrès, le BJP et la Gauche - s'attendent à faire d'excellents résultats. Mais les électeurs sont plus perplexes. L'argent est roi, dans cette campagne.

 

La sécurité est une préoccupation essentielle, car l'Asie se dirige vers une catastrophe majeure. Et il n'y a pas de signe positif de la part d'un homme d'Etat, juste des beaux parleurs - "des loups dans des vêtements de mouton". Les leaders ont perdu leur crédibilité et les gens ne sont plus de vieux spectateurs muets. Même s'il y a beaucoup d'analphabétisme, ils sont bien informés... grâce à la télévision, la radio et le cinéma. Ils ont réussi à renverser des gouvernements dans le passé. Il y a une nouvelle culture 'pop' dans la politique indienne - réussir ou périr."

"Le business marche fort grâce à une importante demande en leaders forts"

"Les candidats ennuyeux doivent avoir un bon jeu de jambe pour gagner les foules"

Portrait de Ajit Ninan

Ajit Ninan

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"Les gens espèrent que le nouveau gouvernement sera en mesure de remettre l'économie sur les rails"

Udayshankar, né à Calcutta, s'est installé à New Dehli en 1990. Il travaille depuis 22 ans dans diverses publications ("Indian Express", "India Today" et "The Times of India" entre autres).

En tant que dessinateur, je sens qu'il y a énormément d'humour dans ce processus électoral. Il s'agit d'élections organisées dans la plus grande démocratie du monde et tout cela apporte son lot de bizarreries, de drame et de pathétique, une matière première précieuse pour tout dessinateur.

Les élections ont lieu sur fond d'attaques terroristes, les pires attaques que l'Inde ait endurées, à Bombay. Donc la sécurité est bien-sûr une préoccupation centrale. De plus, la mondialisation a aussi eu un impact sur le pays, et la plupart des gens espèrent que le nouveau gouvernement sera en mesure de remettre l'économie sur les rails."

"La roue de la fortune. Les Premiers ministres potentiels : qui va toucher la cible ?"

"Elections indiennes : un jeu d'opportunisme politique"

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