Ariane Boucher est restée au chômage pendant quatre ans, avant d'ouvrir sa crèche privée
"Le Jardin de Zebulon", à la frontière franco-suisse. Aujourd'hui, elle ne regrette pas son choix.

J'ai ouvert ma crèche bilingue, en octobre 2008. Aujourd'hui, je gère 22 enfants avec cinq autres personnes, toutes diplômées dans le domaine de la petite enfance. Certes, je gagne moins qu'à l'époque où j'étais salariée, mais je suis chez moi, c'est mon entreprise.
J'ai décidé de me lancer quand j'ai accouché de mon petit garçon. J'avais trouvé les moyens de garde dépassés, les infrastructures vieillotes. Je me suis donc penchée sur la création d'entreprise. J'avais été licenciée en 2004 et je ne voulais pas redevenir salariée. J'ai donc travaillé pendant deux ans sur le concept, afin de préparer le projet.
C'est très difficile de créer son entreprise, surtout une crèche car elle est soumise à des lois, des normes d'hygiène et de sécurité très strictes. Il fallait aussi trouver un filon porteur. Comme j'ai travaillé dans le luxe toute ma vie - j'étais attachée de
direction dans un hôtel cinq étoiles-, je me suis dit que ça allait être
ma marque de fabrique. J'ai donc décidé d'ouvrir une crèche bilingue.
Si j'ai réussi, c'est parce que j'avais un bon "business plan" - je suis titulaire d'un BAC+4 en gestion des entreprises. Je savais que j'implantais ma crèche dans une région qui s'y prête. Beaucoup d'étrangers vivent ici, à la frontière franco-suisse, car ils travaillent pour des organisations internationales. Je veux permettre aux enfants anglophones de s'adapter en douceur à leur nouveau monde, tout en leur apprenant le français. Et puis, les enfants français peuvent aussi apprendre l'anglais.
Je n'ai pas bénéficié de subventions, car ma crèche est privée. Je me suis donc débrouillée avec les banquiers ainsi que mon apport personnel pour me lancer. Heureusement que mon mari était là pour m'aider.
Certaines personnes m'appellent car elles veulent entreprendre le même projet, mais beaucoup ont abandonné. J'ai été très tenace pour me lancer. C'est un parcours du combattant. Un jour, on vous dit "oui" pour le prêt, l'autre jour c'est "non", après c'est "peut-être"... Il faut s'accrocher et contourner les problèmes. Mais ce n'est pas de tout repos.
Au final, je suis très contente de mon choix de vie. Je vais chercher mon fils à
l'école, je peux aller manger avec une copine. Je n'ai plus besoin de
demander la permission quand je veux faire quelque chose. C'est ça le
bonheur aujourd'hui : la liberté !"
Commentaires
Chômeur ou entrepreneur
Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le mer, 08/04/2009 - 13:36.Bonjour,
Je suis travailleur indépendant dans le domaine de l'étude de logiciels embarqués (logiciels dans les puces des appareils électroniques) depuis 12 ans.
Je pense avoir le profil typique de l'actuel chômeur qui voudrait être auto entrepreneur.
Les candidats à cette aventure doivent connaître l'ampleur des prélèvements dus aux cotisations sociales. Les charges sont calculées essentiellement sur l'année précédente. Si une année est bonne, elle est soumise à un impôt important (avec éventuellement le peu connu coefficient "majorateur" de 25% si si !)
L'année suivante, bonne ou mauvaise se voit plombée par les charges qui sont alors énormes car basées sur une bonne année.
Bref, il est très dur de vivre sereinement dans ces conditions : peu de revenus au final et une perpétuelle précarité.
Auto entrepreneur, la pub nous le conseille, mais les conseilleurs ne sont pas les "trimeurs"
Alan
Utilisateur non inscrit
Trois TPE à mon actif, je
Soumis par Laurent974 (non vérifié) le mer, 08/04/2009 - 18:44.Trois TPE à mon actif, je suis tout a fait d'accord avec Alan, et le monsieur qui est agent commercial.A moins d'un apport financier important pour pouvoir atteindre une taille et un CA suffisament important c'est assez difficile, de plus ces expèriences ne sont pas reconnues lorsque l'on recherche un emploi par la suite.
Laurent
Utilisateur non inscrit