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Madagascar, les origines de la crise

Ce texte nous a été envoyé par Jean-Luc Raharimanana, auteur de "L'arbre anthropophage" (Joëlle Losfeld/Gallimard ). Il n'a pas été édité ou validé par notre rédaction et ne représente en aucun cas le point de vu de France 24 sur la crise à Madagascar. Vous pouvez vous aussi exprimer votre point de vue par le biais des commentaires sous ce billet, ou en nous envoyant votre contribution (comment envoyer une contribution ?).

Ce n'est pas une crise « africaine »

Le malaise politique est là depuis l'indépendance. On aurait tort de penser qu'il s'agit d'une énième crise qu'on rattacherait vulgairement à la nature même du continent africain (« ils sont comme ça, peu mûrs pour la démocratie », etc.). On ne peut pas isoler ce qui se passe aujourd'hui de ce qui est survenu depuis quelques décennies, voire depuis la colonisation. On parle de cycle de violence pour Madagascar : 1947, 1972/75, 1991, 2002, et aujourd'hui, 2009. Nous Malgaches n'avons pas trouvé la bonne formule pour sortir de cette spirale infernale.

Un conflit dont les racines se situent dans l'histoire coloniale de Madagascar

Il faut remonter au massacre de 1947 [commis par l'armée coloniale française pour mater une insurrection]. On en paie toujours le prix.  Beaucoup d'hommes présentant des aptitudes, des compétences qui auraient pu servir dès l'indépendance ont été assassinés, fusillés, torturés, humiliés, détruits lors de ces mois de massacre. L'équilibre politique du pays a été faussé dès les premiers jours de l'indépendance en 1960. Ceux qui ont été mis au pouvoir par la France n'avaient pas la liberté nécessaire pour répondre aux aspirations de la population, car trop liés à la France préservant ses intérêts. L'opposition n'existait déjà pas. Nous sommes entrés dans l'ère moderne de l'indépendance avec un déficit certain de démocratie, une absence de débat politique élargi et une vision faussée de la situation du pays.

Les malgaches vivaient mieux lors de la première république

Oui, bien sûr, ils vivaient mieux, mais une nation ne vit pas seulement avec son ventre. L'obsession de la Première République a été de nourrir la population au détriment d'une véritable émancipation politique, culturelle et économique car la colonisation qui avait tout axé sur la culture de rente avait « oublié » de nourrir la population. Aucun autre débat n'avait eu lieu. De là découlaient la vulgarisation des techniques modernes de production et l'aménagement de plusieurs régions pour la riziculture : il s'agit dès 1961 de la région du lac Alaotra par l'intermédiaire de la Somalac, puis de la plaine de Marovoay par la FIFABE (les deux sociétés appartenant à l'Etat). La production rizicole enregistra ainsi une hausse de 48% entre 1961 et 1968.  Jusqu'à aujourd'hui, ces deux régions sont toujours les principaux greniers à riz de l'île.

Mais la population ne voulait pas seulement manger, elle voulait être libre

Le première république a réussi économiquement, mais ironiquement, c'est une famine dans le sud en 1971 qui parapha l'échec de sa politique. Et faute de débat, c'est la rue qui se manifesta en 1972, la population se levant pour une autre politique plus indépendante. Elle ne voulait pas seulement manger, elle voulait être libre aussi sur le plan politique, économique, culturelle, d'où la démission du président de la république après le massacre du 13 mai 1972 (les forces de l'ordre avaient tiré sur les étudiants qui manifestaient devant l'hôtel de ville, l'actuelle Place du 13 mai, faisant plus d'une centaine de morts). La Révolution de 1972 a été une réponse brutale de la rue à cette absence de débat. Ces revendications étaient incarnées par Richard Ratsimandrava (http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Ratsimandrava), auteur d'une réflexion politique profonde autour d'une forme de gouvernance prenant en compte la culture et la réalité du pays. Il ne fut malheureusement président de la république que l'espace de quelques jours, onze plus exactement, avant d'être assassiné...

Didier Ratsiraka [1975 (...) 1991] choisit le communisme et rompt avec la France

Ratsimandrava avait produit une réflexion profonde quant à la manière de concilier la politique de gouvernance avec les réalités du pays. La suite a été une succession de mesures brutales mises en place par le nouveau président Didier Ratsiraka : rupture des liens avec la France, nationalisation des entreprises françaises,  départ fracassant de la zone franc et création d'une monnaie malgache (l'ariary), l'instauration de la malgachisation, l'orientation idéologique vers le communisme et l'installation de fait d'un monopole d'Etat sur toutes les branches de l'économie de l'île.  Je dirais que c'était des mesures émotionnelles liées aux grandes injustices qui ont touché le pays pendant la colonisation, une manière aussi de rejeter brutalement la politique de coopération française, qui n'avait de coopération que de nom...

Vient ensuite le temps d'une dictature bénie par l'Occident

Au lieu d'organiser réellement la mise en œuvre du progrès à Madagascar, il préféra le combat idéologique auprès des pays communistes comme l'URSS et la Corée du Nord. Délaissant de fait les spécificités du pays, oubliant les véritables aspirations de la population, refusant l'opposition et la confrontation des idées, il orienta l'île vers une politique censée lutter contre l'impérialisme et la mainmise de l'Occident sur le monde. Aucune autre tendance n'étant tolérée, la malgachisation échouant, l'amitié d'avec les pays communistes n'étant qu'un leurre, Ratsiraka transforma peu à peu ce pouvoir du peuple en un pouvoir personnel et dictatorial. Le discours de Mitterrand à la Baule entérina ce cynisme de la situation. Il suffisait à Ratsiraka d'accepter à nouveau le libéralisme pour être protégé par l'ancienne puissance coloniale et devenir le « chouchou » de la « communauté internationale », une dictature bénie par l'Occident car prenant en compte leurs intérêts : ouverture du marché malgache, création des zones franches pour les entreprises occidentales, mainmise sur le sous-sol, exploitation de la main d'œuvre... Toujours aucun débat d'idée. Toujours aucune opposition, au contraire même, la censure, la répression, l'emprisonnement, la corruption, le verrouillage de tout l'appareil administratif et judiciaire par le parti présidentiel (l'AREMA)... et toujours la même sanction : la rue qui parle et le massacre de la population qui se révolte (le 10 août 1991 lors de la marche vers le palais présidentiel, déjà). Un régime issu d'une manifestation de rue tombe sous une autre manifestation de rue...

C'est ce pouvoir pratiquement illimité d'une classe politique et des entreprises étrangères qui provoqua les événements de 2001/2002

Le plus important était de sortir de la dictature. Les forums régionaux et national initié à l'époque pouvait faire croire à une avancée significative de la situation. L'arrivée au pouvoir de Zafy Albert, un des seuls présidents démocratiquement élus, sinon le seul, allait dans cet espoir. De plus, la nouvelle constitution garantissait un régime parlementaire censée respecter davantage la démocratie et l'opposition. Mais Zafy Albert n'a pas su gérer la corruption héritée des années Ratsiraka, les parlementaires, attaqués dans leurs privilèges, provoquèrent son empêchement. Son incapacité à trouver d'autres sources de financements en dehors de celles des bailleurs de fonds entrainèrent également une chute vertigineuse du niveau de vie de la population. L'île dût réorganiser des élections. D'où la réélection de Ratsiraka en 1996, un retour vers un pouvoir personnel, vers une nouvelle constitution présidentielle, une dépendance chronique aux bailleurs de fonds et à leurs conditions drastiques.  La population se retrouva au même point de départ : l'île n'étant qu'un terrain de jeu des investisseurs et autres entreprises internationales.  C'est ce pouvoir pratiquement illimité d'une classe politique et des entreprises étrangères qui provoqua les événements de 2001/2002, Ravalomanana refusant d'aller au second tour lors des élections présidentielles de 2001 et faisant appel à la rue.

Ravalomanana a confondu les affaires publiques et les affaires privées

Certes, Ravalomanana est arrivé au pouvoir avec l'aide de la population mais il fut comme Ratsiraka, une fausse solution aux problèmes récurrents de Madagascar. Ravalomanana a eu une chance extraordinaire de remettre enfin Madagascar sur les rails du développement ,mais très vite, il a imposé le monopole de son entreprise TIKO sur tous les secteurs de l'économie malgache. Très vite, il a organisé l'économie malgache selon les intérêts de son entreprise. Les différentes détaxations qui ont fait très mal à l'économie du pays ont été adoptées selon les besoins du moment de son entreprise.  Il confond les affaires publiques et les affaires privés, ses entreprises ne paient pas d'impôts, accaparent pratiquement tous les appels d'offres, il a verrouillé les médias nationaux, emprisonné les opposants, et surtout a mis la main sur les terres malgaches. Ainsi, il est devenu le plus grand propriétaire terrien dans la région d'Ambatondrazaka, le grenier à riz de l'île. Il a mené des offensives extrêmement agressives dans le nord de l'île afin de contrôler la vanille, c'est sous ces offensives qu'il a provoqué l'effondrement de la qualité de la vanille en déréglant la collecte du produit. Les exemples sont nombreuses où il a fermé des entreprises qui marchent pour les remplacer par les siennes, mettant à la rue des milliers d'employés.  En 2008, la capitale se défie de Ravalomanana en élisant Andry Rajoelina à la Mairie d'Antananarivo. Ravalomanana ne peut le supporter. Il prend des mesures les unes plus rocambolesques que les autres pour empêcher Andry Rajoelina de mener son mandat : coupure de l'électricité dans tous les locaux administratifs de la capitale, déplacement de la capitale économique de l'île, les voiries enlevées à la municipalité (confiées à la présidence), interdiction au maire de nommer les chefs fokontany, chefs de village ou quartier. La fermeture de la station VIVA, combinée à l'affaire Daewoo, fut la goutte de trop. On connaît la suite.

La prise de pouvoir de Andry Rajoelina fut marquée quand même par l'utilisation de la force armée...

Qui a commencé par utiliser la force armée ? N'est-ce pas Ravalomanana en faisant tirer sur la foule à Ambohitsirohitra le 7 février ? L'utilisation des armes de guerre contre sa propre population est-elle plus démocratique qu'une manifestation pacifique vers un lieu fut-il sensible comme le palais présidentiel ? Pourquoi ne souligne-t-on pas que l'armée a basculé parce que les sous-officiers ont refusé d'obéir aux ordres demandant à tirer sur la population ? Pourquoi dans ce cas parler de putsch et non pas de devoir de désobéissance ? Connaissez-vous beaucoup d'armées qui aient préféré la population aux ordres d'un régime fermé aux dialogues et accroché coûte que coûte au pouvoir ?

L'une des premières mesures de Rajoelina a été de suspendre l'assemblée nationale...

Une assemblée nationale qui ne compte aucun membre de l'opposition... Quand on parle de débat d'idée, il faut au moins être deux, les débats de l'assemblée nationale malgache ne servaient qu'à entériner les décisions personnelles de Ravalomanana. En échange, les députés amassaient les villas et les 4X4. C'est cette configuration que la communauté internationale qualifie de légale et de constitutionnel. On pose le schéma de la démocratie : élections, l'exécutif, le judiciaire, le législatif et on bénit à coup de truquage, de corruption, de censure et d'arrestation. La communauté internationale n'est pas sans savoir que c'était une coquille vide, mais cette même communauté n'a pas besoin de démocratie pour faire des affaires, elle a juste besoin de stabilité. Et Ravalomanana représentait cette stabilité. Par l'abus de pouvoir et la violation systématique de la Constitution.  Mais on ne se joue pas ainsi de la population. Les Malgaches n'ont jamais accepté cette situation dans laquelle se trouve leur île. 

Aucun représentant de la communauté internationale n'a été présent à l'installation d'Andry Rajoelina à la tête de la H.A.T (Haute Autorité de Transition).

Les Etats-Unis, la France, l'Union africaine, l'union européenne ont dénoncé cette prise de pouvoir. Ce qui se passe actuellement à Madagascar bouleverse tout ce que la communauté internationale veut instaurer en Afrique, créer des conditions stables pour asseoir le libéralisme et faire des affaires fructueuses, quitte à soutenir des régimes corrompus ou totalitaires, comme c'est le cas, entre autres, du Gabon, du Congo, du Tchad ou du Swaziland (où s'est notamment réfugié Marc Ravalomanana)... Une véritable transition est nécessaire pour tout remettre à plat : invention d'un système démocratique prenant en compte les réalités du pays, révision d'un nouveau code électoral permettant à toutes les forces vives de la nation de participer au bon fonctionnement de l'Etat, instauration d'une véritable liberté d'expression, renégociation des rapports nord-sud... Aucune stabilité ne peut avoir lieu sans cela. Le fait d'appeler au plus vite à un retour au constitutionalité et à des élections « démocratiques » n'a aucun sens. Les conditions actuelles ne permettent pas l'organisation de ces élections. Deux ans ne sont pas de trop pour repenser tout le système et repartir à zéro.

Rajoelina a raison de ne projeter les élections que dans deux ans ?

Le bon sens voudrait que ce soit ainsi. Andry Rajeolina a une chance de reconstruire le pays sur de bonnes bases à condition qu'il ne soit pas tenté par un pouvoir absolu, à condition qu'il ne veuille pas tout faire tout seul. Le fait d'appeler comme il le fait aujourd'hui à des assises nationales dans une semaine et pour deux jours seulement (le 2 et le 3 avril) est aberrant et inquiétant. Un délai aussi court est-il suffisant ? Deux jours suffiraient-ils pour résoudre une crise qui dure depuis la première république ? Rajoelina résistera-t-il à tous ces politiciens revanchards qui tournent autour de lui et à ces entrepreneurs qui ont été laminés par Ravalomanana ? Résistera-t-il aux pressions de la communauté internationale qui comme un seul homme a bloqué les aides et investissements indispensables à l'île ? Saura-t-il gérer la grogne qui monte déjà dans l'île, notamment de la part des fonctionnaires dont le paiement est conditionné aux financements des bailleurs de fonds ? Son accession au pouvoir a été la plus contestée depuis l'indépendance et il n'a pas beaucoup de marge de manœuvre. Mais la population malgache ne mérite pas d'être trahie encore par ses dirigeants. Ce serait terrible si Rajoelina cède à la tentation du pouvoir personnel ou échoue en ne rassemblant pas assez les Malgaches... La transition devrait être l'affaire de tout le pays, et non pas seulement de Rajoelina et de son équipe. Elle devra s'ouvrir enfin à toutes les voix. Rajeolina n'a aucune chance de durer s'il joue sa carte personnelle.

Contributeurs

Commentaires

Je réponds en ma qualité

Je réponds en ma qualité d'operatuer économique dans le secteur de la Vanille dans la SAVA. J'ai une Entreprise de collecte et d'exportation à Sambava.
Aucune entreprise de Mr RAVALOMANANA n'intervient dans la Vanille. Je ne peux vous laisser dire ces accusation sans réagir.
Si le secteur de la Vanille est en difficulté à Madagascar, c'est avant tout à cause de deux phénomènes :
1-La venue sur ce marché d'autres pays qui ont fait une culture industrielle de la Vanille ( Nouvelle-Guinée, l'Inde, l'indonésie ...) qui a engendré une surrabondance de l'offre. Ecroulement du prix.
2- D'autres pays se sont mis à cultiver de la Vanille parceque nous les opérateurs Malgaches ont toujours considéré la Vanille comme un support de spéculation, faiseur de roi facile.
Nos prix font du yoyo d'année en année ( pic en 2002-2004). Or l'industrie utilisatrice à une règle, elle refuse d'utiliser à grande quantité des produits ( quelques soit le produit) qui subissent chaque année une hausse de prix de l'ordre de 50% voir 100%.
L'industrie s'est donc mis à chercher et à utiliser d'autres produits non naturel, industriels, fabricable à grande quantité pour remplacer la Vanille. D'ou l'effondrement du prix sur le marché.
- La qualité de la Vanille a baissé c'est parce que la Vanille est devenu un produit comme un autre. La Vanille ne paie plus . Ce n'est pas RAVALOMANANA qui envoi des Vanilles phénolées ou cloutées à l'extérieur Monsieur.
NOUS LES OPERATUERS DOIVENT AUSSI NOUS POSER DES QUESTIONS, mais laplupart d'entre nous avons déjà nos Villa en France ou au CANADA alors si ça va plus, on n'aura pas tout perdu. O MON PAUVRE PAYS.
RAVALOMANANA n'est pas un Dieu, il n'est pas non plus résponsable de tous les maux de notre Société. N'oubliez pas que pendant sa gouvernance, Antalaha-Sambava, la région de la Vanille a eu 80 km de route. Auparavant nous mettions 11 heures pour faire ce trajet. BARVO A LUI, nous lui en sommes eternellement reconnnaissants. Tous les POLITICIENs démagogues qui affirment qu'ils peuvent influencer à la hausse le prix d'un denrée soumis à la loi de l'offre et de la demande internationale ( nous ne consommons même pas de Vanille à Madagascar) est un MENTEUR voir un CRIMINEL car ils donnent des fausses espoir à nos paysans. LE MARCHE EST MONDIAL.

Utilisateur non inscrit

n'oublions pas !

Pour moi, simple citoyen Malagasy, l'analyse est trop superficiel et n'entre aucunément dans le fond du problème.
il y avait toujours dans les evenements, des personnes qui ont été vu directement ou indirectement lors de ces soulèvements 1972, 1991 ou j'ai participé activement, 2002, 2009
Pour moi, il y a des ressemblances notable dans tout ces evenements, notamment celle ou j'ai vu de mes propres yeux.
en 1972, il y avait le photo de Sieur Andriamanjato qui s'exclamait devant l'hotel de ville (ex place du 13 mai)
en 1991, toujours les mêmes têtes
en 2002, toujours les mêmes têtes
en 2009, toujours les mêmes têtes
Et qui se cache derrière eux ? ... moi je ne vois que les intérêts francaises quel qu'il soit (industriel, influence geo-politique, commercial, ...)

dans les années 1988-89, Madagascar commencait déjà a voir la lumière à la sortie du tunnel dans un taxi-brousse délabré, on preconisait en ces temps la de privatiser les institutions publiques stratégique (banque, energie, ...) mais Ratsiraka s'est farouchement opposé , et puis boom, la crise de 1991
En 2002, c'etait un revirement car les malgaches croyaient en Ravalomanana, en plus différemment des précédent, car c'etait une conflit sur le resultat de vote.
en 2002, même chose qu'en 1991, Madagascar est en phase de sortir du marasme de la pauvreté (voyez tout les indicateur : corruption, doing business, PIB, commerce exterieure, ...) et puis boom.

Donc qui a intérêts à l'appauvrissement des Malagasy, pas moi en tout cas.

Enfin, une remarque très importante.
Le faits de denigrer TIKO ou Ravalomanana (sic) ne sert qu'a alimenter les opinions publiques, qui est à la base du soulèvement.

N'oubliez jamais que:
- dans les années 1993, un certain Betiana Bruno est passé d'un simple boys du cité universitaire de 67ha à un status de multi-milliardaire
- en 1999 lors du retour de Deba, j'ai vu de mes propres yeux un jet privée bleu de la HFF sur l'aéroport d'Ambalamasa Toamasina embarqué 2 attachés cases qui etait trop lourds pour un seul homme (il y avait 4 gars costaud qui le trimbalait deux à deux)
- n'oublions pas qu'il y avait eu le prince de LichteinStein
- n'oublions pas qu'on a encore trouvé des restes de pierres précieuse et semi-précieuse dans le bureau de l'ancien ministre des mines de Ratsiraka
- N'OUBLIONS PAS !

Mais tout ces gens là, qu'est ce qu'ils ont fait pour la nation ?
Est-ce qu'il on lutté contre la corruption (même si c'est bancale) ?
Est-ce qu'ils ont construit des infrastructures?
Est-ce qu'ils ont attiré des gros investisseurs ?
Est-ce qu'ils ont fait des projets de relance de l'economie?
Est-ce qu'ils ont assinit les administrations genre impôts, douanes, ...?

Ils n'ont rien fait que de remplir leur poches
Tout au moins Ravalomanana a rempli ses poches, tout en travaillant pour Madagasikara!

à bon entendeur!

Utilisateur non inscrit

Monsieur Raharimanana,

Monsieur Raharimanana, j'étais un de vos admirateurs et j'étais fier d'avoir un compatriote comme vous, de surcroît, vous avez le même nom que ma mère. Mais là, vous me décevez beaucoup. Je suis issu d'une famille à qui les ancêtres ont interdit de "faire" de la politique et on a obéi, mais la situation que traverse le pays actuellement ne me laisse pas insensible et malgré moi, je me sens interpellé. Je suis un cadre moyen qui n'avait aucune affinité avec le régime du président Ravalomanana et j'ose même avouer que je n'ai pas voté pour lui pour son second mandat. Par contre, j'ai voté pour Andry TGV aux municipales car je pensais qu'il allait faire la balance avec le régime TIM, étant un jeune ambitieux. Mais trop, c'est trop, il a dépassé les bornes et sans hésiter, je dis qu'il a foutu le désordre dans mon pays. Je dis mon car il me semble que vous n'habitez pas ici. Peut-être bien qu'il n'est qu'un pion, une marionnette entre les mains de ces dinosaures assoiffés de pouvoir, et même de la France selon certains, et peut être comme vous dites que l'origine de la crise est plus profonde et lointaine, mais il a quand même joué un rôle abominable. Il a anéanti l'espoir de la majorité de la population malagasy de voir le pays se développer. Ravalomanana a fait des erreurs surtout en n'ayant pas laissé de côté ses "affaires personnelles" et a aussi commis beaucoup de maladresses, mais au moins, il a fait des choses pour son pays et même si le côté "social" faisait défaut, je pense qu'il a le mérite d'avoir oeuvré pour son pays. Et quand je vois la façon dont Andry TGV (et consorts) a ravi le pouvoir, on voit bien qu'il se soucie pas mal des autres et ne pense qu'à lui. Il se croît maintenant le "maître" et il fera tout pour rester le plus longtemps possible. Aujourd'hui, la Communauté Internationale ne reconnaît pas la HAT et beaucoup de financements étrangers sont suspendus mais ce n'est pas lui qui en souffre ni ,je pense,les membres de la HAT qui seront grassement rénumérés par l'argent des contribuables mais ce sera moi, ma famille, mes voisins et mes collègues. Bientôt, on sera même en chômage et ce ne sera pas lui qui me donnera du boulot ni qui fera vivre mes enfants. En conclusion, je préfère mille fois Ravalomanana qui m'a permis de vivre convenablement même s'il s'est amassé plus de fortunes derrière mon dos, plutôt que Andry TGV et sa clique qui n'ont aucune stratégie de développement et dont aucun pays ne semble accepter. Pleure ô mon pays bien aimé car les vautours sont là!

Utilisateur non inscrit

La crise à Madagascar : les militaires ?

La crise malgache débouche vers une situation de blocage total.

D'un côté, un pouvoir acquis par le soutien des forces armées (armée, gendarmerie et police) soucieuses de rétablir l'ordre public. Ce pouvoir représente une nébuleuse de politiciens menés (manipulant ?) par un jeune maire d'Antananarivo plein de rancunes diverses contre l'ancien président et sa famille.

De l'autre, un autocrate dirigeant son pays comme ses entreprises (et à leur plus grand bénéfice), congédiant ministres comme chauffeurs au seul gré de son humeur. Comme appui, il compte sur la SADC et l'OUA soucieuses de faire respecter l'ordre constitutionnel sur le continent (interdiction formelle de rire, ce sont MM. Kaddhafi, El Bechir (accusé de génocide par l'ONU) et nombre d'autres dirigeants africain arrivés on ne peut plus constitutionnellement au pouvoir qui le disent, sans oublier, en premier, Sa Majesté Mswati III du Swaziland, grand démocrate s'il en est et fervent défenseur de la polygamie.

Pour terminer le tableau, une opposition à la Haute autorité de transition, sur la côte Est notamment, qui déclare haut et fort qui si elle réfute Rajoelina, ce n'est pas pour autant prôner le retour de Ravalomanana !

Toutes les conditions sont rassemblées pour aboutir à une guerre civile. Les malgaches sont montés les uns contre les autres, s'invectivent sans retenue et en viennent aux mains ... et la situation risque encore d'empirer.

La seule issue pourrait, si les civils n'arrivent pas à s'entendre sur une solution provisoire, être le retrait du mandat confié à la HAT par les forces armées qui assureraient elles-mêmes, directement ou avec la participation de représentants de la société civile, la gestion des affaires avant l'organisation de scrutins ramenant la démocratie dans l'île.

Il est certain que cette solution ne satisfasse nullement la SADC, l'OUA et leurs sponsors mais quelle importance ?

A aucun moment, dans le passé, l'armée n'a eu de tentation pour le pronunciamento. Elle se considère comme l'expression du peuple et ne souhaite nullement s'ingérer dans les affaires publiques.

Portrait de JRCuvellier

Utilisateur non inscrit

Ben voyons

Bonjour,

Votre analyse de la situation post coloniale est vraie. C'est sûr la France n'a pas aidé Madagascar dans l'avènement de la démocratie.

Seulement vos arguments sont un peu faciles et infantilise votre pays. 1947, année où, si je vous suis bien la France a tué la majorité des élites malgaches, c'était il y a 62 ans. En 62 ans, à qui voulez-vous faire croire que Madagascar était incapable de produire une élite indépendante en pensée avec des mouvements idéologiques solides ? Il est trop facile de rejeter la faute sur la France. Madagascar comme tous les peuples, ont les dirigeants qu'ils méritent à chaque époque.

Par ailleurs, vos propos sur la démocratie comme porte d'entrée du libéralisme occidental et du pillage de vos ressources est une vaste blague. En la matière vous faites preuve d'un obsurantisme assez commun hélas! La démocratie, semblez-vous dire n'est pas faite pour Madagascar, enfin pas celle-là, mais une démocratie à la malgache que vous inventeriez. D'ailleurs vous louez les efforts en ce sens de M. Ratsiraka, qui, dites-vous, a été un peu maladroit mais allait dans le bon sens! Il fallait le faire. Je vous propose aussi d'écrire qu'Hitler avait raison de vouloir renvoyer les juifs hors de chez eux mais qu'il a été un peu fort avec les chambres à gaz ou encore que l'apartheid était une mesure de bon sens mal mise en oeuvre...
La démocratie, ce n'est pas une idéologie, c'est la conviction que le peuple a le droit de se doter d'un système politique garantissant que chaque citoyen choisisse ses dirigeants et les révoquent selon un cadre prédéfini, dans une constitution qui ne saurait être baffouée.

Marc Ravalomanana a eu tord, a mal géré son pays, est condamnable à plus d'un titre et pourraît même certainement être condamner et ce ne serait que justice pour le peuple. Mais Marc Ravalomanana était élu démocratiquement (au moins en 2006) tous les observateurs s'accordent à la dire. Les malgaches auraient mérité d'attendre 2011 pour voter et choisir.

A moins de penser que les malgaches sont tous des enfants, mais je ne crois pas avoir lu cela dans vos écris...

Il est illusoire, et même franchement naïf, de croire que quelque chose de bon peut sortir de la HAT. D'ailleurs leurs débuts sont plus que médiocres, notamment en matière de la fameuse liberté d'expression et de manifestation. Rappelons que Andry a poussé la foule vers le palais présidentiel pour provoquer l'état et la garde, ce qui a malheureusement abouti à des morts. EN comparaison, des manifestants "anti-TGV" se rendant sur la place du 13 mai pacifiquement sont pris pour cible par les militaires. Une fois au pouvoir, Andry a très vite perdu ses révoltes de démocrate puriste.

En somme, monsieur, votre réflexion est fallacieuse et trompeuse et je crains que votre belle plume ne cache en fait ce qui est le fond de votre pensée: l'annexion de Madagascar au profit d'une caste, d'un petit groupe de Malgache au détriment de la population.

Utilisateur non inscrit

NON, Mcar ne va pas mieux maintenant, encoremoins bien qu'avant.

Votre réaction fait chaud au coeur. Dans le flot incongru d'informations et surtout de désinformation qu'offre la Toile, il est heureux de retrouver une contre-analyse lucide des événements qui se déroulent à Madagascar sous les yeux de la communauté internationale.
Force est de constater qu'à partir du moment où l'on transgresse les règles du jeu démocratique, la crédibilité (tout aussi légitime soit-elle) s'écroule comme château de carte. Quelque soit la bonne volonté affichée par cette HAT, étant donné la manière dont elle est parvenue au pouvoir, elle ne peut dans un premier temps que rendre grâces à ses bienfaiteurs et organiser de nouvelles règles du jeu à son avantage.
Le billet de M. Raharimanana a tendance à légitimer ce coup d'état, en expliquant longuement une immaturité viscérale malgache vis-à-vis de la démocratie, des dirigeants véreux qui, successivement, auraient exploité cette faiblesse pour arriver à un TGV, chevalier blanc, mais qui se fourvoie quelque peu rapidement dans des dérives princières (faits du prince). Faire une lecture aussi transversale de l'histoire malgache en mettant tout le monde dans le même panier est une insulte même, au peuple malgache venu élire son président. C'est faire fi de leur choix, et fouler aux pieds leurs espoirs.

Utilisateur non inscrit

Ben voyons

Entièrement d'accord avec vous.
Je pense que les idées de notre commentateur sont un peu influencées par une idéologie socialo-marxiste autrefois répandue en France, mais un peu vermoulue aujourd'hui, qui voudrait que la colonisation soit toujours responsable, trois générations plus tard, de l'incurie des politiciens malgaches,et que l'investissement étranger à Madagascar soit consubstantiellement prédateur et pervers. Finalement, notre auteur est une sorte de ratsirako-nostalgique, ce qui ne laisse pas de surprendre quand on sait la performance de l'amiral à la tête du pays...

L'échec malgache, c'est avant tout l'échec d'une société qui a perdu ses repères et ses valeurs depuis un moment. Les élites se sont enfuies il y a des décennies et continuent de s'enfuir. La vie politique locale est ainsi laissée à des aventuriers sans éducation ni compétence, dont le seul but est de plastronner et de s'enrichir. Par leur attitude, il ont appauvri matériellement et moralement le peuple malgache, au point de vider de sens le mot fivahanana. Je vis sur place, c'est assez démoralisant de vivre en direct cette catastrophe, et l'échec programmé de la HAT. ll faudrait un big bang ici, quelque chose comme une bombe atomique qui tombe sur la tête de tous ces politiciens véreux, ces exilés véreux, cette racaille que la HAT vient de libérer de prison pour que, eux disparus, de bonnes volontés viennent reconstruire ce pays. Ravalomanana avait raison de les priver de parole, ces gens n'ont rien de constructif à apporter au pays. Il est seulemnent dommage qu'il n'ait fait çà que pour s'enrichir de façon invraisemblable. Parce que, sur le fond, vu la qualité du personnel politique local, le mieux qui pourrait arriver à ce pays, c'est une dictature éclairée et honnête, un peu façon Père Pedro, mais sans le bon Dieu, et avec 18 millions de personnes au lieu de 40.000...

Utilisateur non inscrit

ON A PAS BESOIN DE TANORA

ON A PAS BESOIN DE TANORA GOKA VODY KOM ANDRY RAJOELINA. C UN TERRORISTE ET MANIPULATEUR.
DEGAGEZ TGV END CIE

Utilisateur non inscrit

jean luc raharimanana

vous savez, le peuple n'aspire plus qu'à une chose: que ça cesse
donc tout sauf TGV
il ne tiendra plus longtemps, ou ses amis vont le liquider et mener une bataille de communication pour apparaitre en sauverur de la nation
ou c'est le retour à la legalité .
tout le monde en a marre des ces Ratsirahonana, Sylla, Roindefo...
TGV personne n'en veut! même la France qui l'a hebergé, caché , protegé un moment commence à le lacher, trop encombrant face à l'opinion international
son soi disant peuple l'a porté au pouvoir, le vrai peuple va l'en deloger
tout ce gachis juste parce qu'il hait Ravalomanana, le jalouse....et c'est le peuple qui en supporte les consequences

je ne sais pas si c'est vrai mais je vous envoi ici un extrait d'une conversation:
LES " CONFIDENCES" DE RAJOELINA SUR SON BUT DE RENVERSER LE PRESIDENT RAVALOMANANA MARC
Envoyé par: Dr Céleste Robin (Adresse IP journalisée)
Date: mar 24 mars 2009 15:25:27

Nombreux Malgaches et étrangers posent la question de savoir pour quelles raisons ,le Président RAVALOMANANA MARC a démérité ou a été l'objet de tant de haine de la part de ce rajoelina ?

J'ai eu le compte-rendu d'une réunion d'une dizaine de personnes réunies par rjoelina à Pais lors de son voyage en France ...

Cette réunion s'est tenue le 31 décembre 2008 :ont été présents augustin , rakotomalala jacques ,un certain christian , adrien rakotonirina..etc.!

rajoelina a pris laparole et a dit qu'il faire un coup d'état
et les autres de lui demander pourquoi ?
rajoelina : "Je veux faire payer à ce RAVALOMANANA la fermeture de ma station tv
et les autres de retorquer que la fermeture de cette station est une affaire privée et tu vas faire un coup d'état pour ça ?

Oui ,a répondu rajoelina et ce sera fait avant trois mois !

augustin andriamanoro, rakotomalala jacques, christian rakotoarivony; adrien rakotonirina izany no anisany confident voalohany taty !

chacun se fait son opinion sur TGV
vu qu'il a trop fait de mensonge sur les ondes de sa station de radio et recemment , jusqu'à maintenant , on a vite fait de tirer une conclusion sur le sbire.....

Utilisateur non inscrit

Mes observations

Je ne connais pas TGV mais j'ai vécu 25 mois à Madagascar pendant mes recherches doctorales (période talée de 2004 à fin 2007). L'auteur des "Origines de la crise" a donné un aperçu historique qui éclaire un peu le lecteur mais qui ne suffisent pas pour comprendre la situation réellement vécue par les Malgaches.

Certes, la colonisation n'a pas amorcé les conditions de "démocratie" et ce n'était pas son but. Elle a fait le travail qui était le sien (je ne vais pas parler des objectifs affichés, i.e. civiliser les sauvages). Le départ des Français ne s'est pas fait de plein gré et comme tout le monde le sait, les liens sont restés forts entre l'ancienne colonie et l'ancienne métropole.

Ce qui est surprenant, comme le souligne un des commentateurs de la contribution, c'est de rejeter tous les problèmes sur la France un demi-siècle après l'indépendance. On ne peut cependant pas dire que la France n'y a pas un certain rôle mais le principal est sans aucun doute joué par les dirigeants malgaches qui se sont succédés.

Ravalomanana a fait beaucoup de choses pour le pays mais certes pas assez ni pour contenter la classe moyenne ou les ruraux qui dépendent souvent de la forêt pour leur moyens d'existence. Sur le plan de la politique général, c'est un président qui ressemble à Ratsiraka dans son comportement revanchard sur le plan des relations avec la France. Certes celle-ci ne l'a pas soutenu après le premier tour des élections de 2002; elle a offert l'asile politique à Ratsiraka,...mais l'on ne peut dire que ce soit une raison suffisante pour envenimer les relations de coopération entre les deux pays. Avec un recul, on ne peut que critiquer cette attitude. Ratsiraka avait sorti Madagascar de la *zone franc" pour adopter l'ariary, c'est exactement la même chose qu'a fait Ravalomanana. La malgachisation qu'avait tenté Ratsiraka, pour des raisons que l'on connaît, Ravalomanana a inscrit l'anglais dans la Constitution comme troisième langue officielle. Les relations de Ratsiraka avec la Corée, décidément!, Ravalomanana offrait les terres malgaches à la Corée (du moins la production via Daewoo).

Là où les deux diffèrent c'est d'abord dans le profil mais pas dans la cupidité. Ratsiraka avait fini par encourager les paysans à défricher les forêts, sans doute parce que l'IUCN, le WWF, l'USAID, Conservation Internationale, et autres ONGs conservationnistes n'avaient pas encore financé la conservation comme c'est le cas aujourd'hui. Ravalomanana, lui promet de tripler la superficie des aires protégées sans doute parce que c'est devenu un secteur économique à part entière.

Qu'en est-il de l'éducation?
le contributeur qui disait que Madagascar aurait pu former des intellectuels depuis 60 ans avait raison. Mais est-ce que les dirigeants malgaches avaient vraiment intérêt à ce que Madagascar soit peuplé d'intellectuels? j'en doute. Ce point de vue ne sera pas partagé par les Malgaches mais je trouve que plusieurs d'entre eux ignorent la réalité dans les villages reculés où les paysans, illettrés dans dans leur majorité, n'ont aucune source d'information. Les radios n'émettent pas jusque là et dans certaines régions, c'était la radio de Ravalomanana qui pouvait y être captée. L'éducation des enfants est, à mon avis l'un des grands problèmes auxquels Madagascar (du moins ses dirigeants) n'a jamais pu ou su (sinon voulu)s'attaquer. Il est impensable de constater qu'il y a encore des écoles primaires pour lesquelles les enseignants sont payés en nature (du riz collecté dans les ménages). Évidemment, on peut s'imaginer la qualité des enseignants en questions tant sur leur connaissances que sur leur compétences pédagogiques. Des enseignants qui peuvent laisser les enfants seuls dans les salles de cours pour aller travailler dans leurs rizières. Un enseignant pour trois classes (trois niveaux) ou plus et des écoles qui en trois décennies n'ont pas eu un seul élève qui ait atteint le niveau du collège! Ravalomanana a donc pensé que leur fournir des cartable suffisait pour en faire des intellectuels!

On peut raconter beaucoup sur le système de santé; des questions qui ne sont pas imputables au régime de Ravalomanana. Cependant, le peuple avait beaucoup d'attente et la déception est grande, d'où les événements qui touchent l'Île peuvent être mieux compris par un observateur neutre que par un Malgache directement concerné. Mais entre le discours de campagne et les faits dans l'exercice du pouvoir, le fossé est réel. Sarkozy disait être le candidant du pouvoir d'achat, ne voit-on pas ce qu'il en est? Il y a également le populisme bien connu qui fut l'outil de propagande de Ratsiraka, de Ravalomanana, et....de TGV.
Il faut, une distance, une certaine rupture avec le plus ou moins grand attachement que l'on a avec le système pour comprendre que Madagascar, aussi pacifique qu'il a été jusqu'ici, est devenu une poudrière.

Il y a la fracture entre les Hauts Plateaux et le reste de Madagascar, une question souvent éludée mais qui est un problème réel tant sur le plan de l'éducation, de la santé, de l'économie ou alors sur le plan politique. La rupture de la convention tacite qui faisait que le Président et le premier ministre ne soit pas de la même ethnie, rompue par Ravalomanana après son élection pour le second mandat fut commentée par la presse en termes très durs.

L’Express du 14 février 2008 disait ceci:

"Nous serions dix-huit tribus à Madagascar, mais le détail des sous-préfectures ethniques importe finalement très peu quand la principale ligne de partage distingue les Merina d’une part, et tous les autres "Foko" d’autre part. […]. La "politique des races" n’est pas une invention de Gallieni puisque déjà la monarchie Merina n’avait cherché à vraiment assimiler que les Betsileo, culturellement et racialement les plus apparentés aux Merina."

Sans revenir sur les manquements que d'autres ont souligné par rapport à l'économie ou la gestion des deniers publics, par Ravalomanana ou ses prédécesseurs, il me parait important de toucher deux points:

(i) La démocratie que certains ont évoquée en l'assimilant soit à une idéologie, soit à un principe normatif, une valeur positive qui incarne la volonté populaire.
Ma réflexion ici est que la France, ou l'Occident en général, a pris des siècles pour arriver au stade actuel, qui est loin d'être parfait. Il suffirait de le comparer à la démocratie directe de la Suisse pour voir les imperfections de la démocratie représentative. Cela étant, je citerais George Bernard Shaw qui disait que "La démocratie est une technique qui nous garantit de ne pas être mieux gouvernés que nous le méritons" et Winston Churchill pour qui "La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes. A partir de là, peut-on penser que tous les peuples méritent le même type de démocratie? C'est une question discutable. Du moment que la constitution peut être amendée à volonté, que l'indépendance de la magistrature, ... comme cela est le cas dans les pays qui ont atteint la maturité, il serait illusoire de vouloir se calquer sur des systèmes qui existent depuis des siècles. La démocratie ou la déclaration des droits de l'Homme n'ont pas empêché l'esclavage, la colonisation, le soutien des dictateurs de tous bords ou même le développement du fascisme. L'usage de la force par Ravalomanana n'est pas justifié mais n'est pas unique dans les système de gouvernement connu. Je paraphraserais Clausewitz qui dit que "la guerre est la poursuite de la politique par d'autres moyens". L'usage de la force est connu dans l'histoire politique. Quand Weber définissait le pouvoir politique comme le monopole de la violence légitime, il parlait tant de la violence physique que de la violence symbolique mais de la violence quand même.

(ii)
Si Ravalomanana était sorti en tête en 2002, il n'avait selon plusieurs sources obtenu que 48% des suffrages. En 2006, il avait réussi à se faire élire dans plusieurs bureaux de votes comme candidat unique pour la simple raison qu'il n'y avait seulement que ses bulletins. Les observateurs ont d'ailleurs insisté sur le fait que les bulletins de votes se fasse sur base de liste unique. Ce problème s'est encore posé pour les législatives. On voit la couleur de l'assemblée nationale.

Je terminerai par exprimer mon inquiétude par rapport à la situation qui prévaut à Madagascar. TGV n'est nullement mieux que Ravalomanana. Madagascar a besoin d'un vrai politicien et pas d'un homme d'affaire. Berlusconi dirige en Italie mais l'on connaît ce qui s'y passe, en Suisse il y a eu Blocher avec l'UDC pour qui le problème de la Suisse c'était l'étranger, tandis que TGV le problème c'est Ravalomanana. Conflit d'intérêt ou amour de la patrie? L'avenir nous le dira. Entre temps, le paysan malgache souffre, la classe moyenne, en paye le prix fort et Madagascar ne fait que reculer. Quel gâchis!

Utilisateur non inscrit

Monsieur, Si vous aviez fait

Monsieur,
Si vous aviez fait 25 mois d'études pour sortir tous ça c'est vraiment dommage. Je n'entrerai pas trop dans le détail parce qu’on n’a pas besoin de se donner une telle peine pour voir ce qui se passe à Madagascar.
1. Pour Daewoo, en avez vous la preuve de cette vente? Si cela peut vous conforter, cette firme coréenne a démenti cette rumeur. Puis, les medias français auraient ils eu le courage de la dénoncer et de faire une telle campagne si c'était le cas d'une firme française? Je vous laisse répondre à ça.
2. En fait, vous orientez votre analyse sur les erreurs de gestion de Ravalomanana pour détourner l'opinion publique, mais vous voulez vraiment en parler, ce n'est la peine d'aller jusqu'à Madagascar. Faut t-il vous rappeler pourquoi M. Chirac a été entendu par les juges? Pour savoir la raison de cette crise, il suffit de poser la question au groupe TOTAL. Ou peut être il faut demander à l'Elysée qui l'a qualifié de prise de pouvoir hors norme mais pas un coup d'état! Sauf si vous aussi vous ne le voyez pas en un coup d'état!
3. Question race (foko). Vous connaissez peut être un petit bout de tissu sur cette question (pour une recherche doctorale, décidément...). Mais si vous voulez allez plus loin, apprenez d'abord l'histoire de Madagascar. Bien entendu ce n’est pas Gallieni qui a inventé cette histoire, mais il en a fait usage pour faciliter la conquête de l'Ile, et puis procéder à la soit disant "pacification" et "abolition de l'esclavage" mais il a créé le SMOTIG et les travaux forcés...
Pour vous rappeler, depuis 1745, c'est le roi Andrianampoinimerina qui a uni Madagascar (de gré ou de force comme tous les dirigeants du monde, par exemple USA entre Sud et Nord, sauf peut être ceux de la France...) et c'est le roi Radama en 1810 qui a abolit l'esclavage...
4. En 2002, vous avez dit que Ravalomanana a été élu à 48% du suffrage et puis il s'est fait facilement élire car dans certains bureaux, il n'y avait que ses bulletins. Premièrement, je vous rappelle que c'est M. Ratsiraka qui détenait le pouvoir depuis 1997 et début 2002. Alors expliquez-nous comment serait-il possible qu'il n'y aurait pas eu des bulletins de ce dernier alors qu'il avait le ministère de l'intérieur? Quand vous parlez de 48%, vous avez repris sans ajouter ni enlever la version de M. Ratsiraka qui a refusé la confrontation... Dans la constitution de Madagascar, un candidat a le droit de réclamer une confrontation lorsqu'il constate des fraudes au niveau des bureaux de vote. Alors vous dites quoi là dessus? Pourquoi a t-il refusé cette confrontation?
5. Finalement, je vous remercie de votre inquiétude sur l'avenir de Madagascar, si c'est cela est vraiment sincère mais pas à la Kouchner... Mais ce n'est pas vraiment TGV notre souci, mais le genre de personnes comme vous qui ne faites que masquer la vraie face de la réalité. La vraie raison de la crise est dans les questions suivantes:
5.1. Pourquoi la France n'a pas pu affirmer le coup d'Etat lors de la prise de pouvoir de TGV?
5.2. Pourquoi l'Etat français cherche à faire reconnaitre ce régime de terreur par tous les moyens possibles (envoi de son nouvel ambassadeur en plein coup d'état)
5.3. Pourquoi les médias français ne parlent plus de la situation actuelle de Madagascar alors qu'avant la prise de pouvoir, ils criaient répressions, carnage?
Madagascar a besoin d'un dirigeant comme Ravalomanana. C'est le second président qui cherchait vraiment à faire avancer Madagascar (après Ratsimandrava). Certes il n'est pas parfait comme M. Sarkozy ni M. Chirac, mais il a fait de son mieux (aucune manifestation populaire, sauf si vous dites aussi que TGV avait le peuple comme vos médias ont fait croire à tout le monde). En aucun cas, je constate que vous n'êtes pas le mieux placé pour donner une leçon au peuple Malagasy pour choisir son président, sauf si vous seriez peut être le sait-tout!

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