Ce billet nous a été envoyé par un "ami" de France 24, Jean-Philippe Payet. Les informations n'ont pas été vérifiées et le texte n'a pas été édité par l'équipe de journalistes des Observateurs. Cet incident est toutefois également rapporté par les agences de presse.
Sur cette vidéo
amateur, postée sur YouTube, on voit des jeunes habillés en civil lancer des
pierres sur un poste de police et détruire une voiture garée dans la banlieue
industrielle d'Helwan [sud du Caire]. Ils scandent des slogans de cadets et le
nom de leur école de l'armée. Les images, prises avec des caméras de téléphone
portable, ont été publiées par un blogueur, l'activiste Wael Abbas, qui dit les avoir reçues dans un courriel anonyme. Comme souvent, les
médias égyptiens ont reçu l'ordre de ne pas signaler l'événement.
A l'origine de cette révolte : l'arrestation musclée d'un jeune cadet le jeudi 5 mars au soir par la police après un refus de présentation de pièce d'identité. Le cadet aurait été emmené au commissariat de police, tabassé et placé en garde à vue pour la nuit. Le lundi suivant, le cadet et ses camarades se sont rassemblés et ont cerné le commissariat de police en scandant des insultes contre la police et en lançant des pétards. Les combats auraient fait 5 blessées dans les rangs des policiers et la police aurait répliqué en tirant des coups de feu, blessant trois cadets.
Ce conflit est d'autant plus surprenant que l'Egypte est un Etat sécuritaire étroitement surveillé, où les deux institutions les plus puissantes de la Nation - l'armée et la police - s'affrontent rarement. Le personnel de l'armée échappe normalement à la juridiction de la police et relève d'une police militaire spéciale. Forte de près de 1 million d'hommes ce sont les forces de sécurité, omniprésentes, qui contrôlent le pays avec l'armée. Des institutions que personne ne peut critiquer sauf à encourir de sévères rétorsions. Ce sont elles qui terrorisent les opposants - laïcs ou islamistes, qui empêchent les grèves, les manifestations, l'organisation politique ou syndicale et toute forme d'expression libre.
Cette révolte est cependant le révélateur d'une société en détresse. Dans son rapport sur les droits de l'homme pour 2008, Amnesty International indique que "les tortures et mauvais traitements, chocs électriques, passages à tabac, isolements, viols, abus sexuels et menaces de mort ont continué d'être systématiques" en Egypte.
Dans une situation rendue plus difficile encore avec les effets dévastateurs de la crise mondiale sur l'économie égyptienne, la révolte gronde. Le Groupe d'opposition qui se fait appeler April 6 Youth Movement [Mouvement de la jeunesse du 06 avril] a décidé d'appeler à la grève générale le 6 Avril en souvenir des manifestations de l'an passé qui avait embrasées le pays."
Commentaires
en Egypte les Cadets attaquent un commissariat de police au Cair
Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le jeu, 26/03/2009 - 18:18.vous dites .. (Cette révolte est cependant le révélateur d'une société en détresse)
non, ne mélangeons pas tout. Je ne nie pas un malaise chronique dû à la situation économique qui perdure, mais il s'agit en fait d'un "contentieux" qui remonte à loin, entre Police (Forces de Sécurité) et Armée.
Déjà dans les années 80 des évènements dont un qui rappelle celui-ci;
- au Caire (quartier Héliopolis, si ma mémoire est bonne) une femme qui marchait dans la rue, fut arrêtée par une patrouille de police, emmenée et retenue au commissariat sous le prétexte de prostitution
- en fait, cette femme revenait de son travail, réceptionniste dans un grand hôtel du Caire, elle était mariée avec un sous officier d'un régiment de blindés
- inquiet de ne pas voir sa femme arriver, le sous-off était parti à sa recherche, et passait par les commissariats pour s'enquérir d'un possible accident, c'est comme cela qu'il a retrouvé son épouse
- les policiers ne voulant pas confesser leur "bavure" n'ont pas voulu relâcher la femme ...
- conséquence; le mari est allé au camp où étaient stationné les blindés de son unité (tout le Caire est encerclé de bases militaires, pas comme en France où les premières unités sont au moins à 100 km... de Paris et des institutions), il est revenu au commissariat avec de ses pairs, mais surtout avec un engin blindé, la femme fut relâchée de force, et le commissariat enfoncé .. ruiné avec le blindé ...
sans parler des évènements de 1986 ou il y eu l'incendie d'hôtels aux pyramides, et deux jours d'affrontements entre des unités de Forces de Sécurité et l'Armée, suivi de semaines de couvre feu,
là encore, quoiqu'il en fut dit officiellement, rien à voir avec un problème économique ou social .. ces évènement, je les ai vécu "in live" étant expatrié à cette époque.
Utilisateur non inscrit
Malaises au Caire
Soumis par Jean-Philipp... le sam, 28/03/2009 - 13:52.Vous avez raison. Cette explosion de violence est d'abord du a la rivalité entre les forces armées et les forces de police. Je ne le conteste pas. Mais non propos etait de signaler combien cet événement est aussi plus fondamentalement le revelateur d'une crise grandissante dans la société égyptienne.
Il ne s'agit pas seulement d'un conflit entre deux forces militaire et paramilitaire mais aussi d'une révolte de jeunes contre un système dans lequel ils ont du mal a s'exprimer. Quand il y a une émeute comme il y a quelques jours sur un terrain de foot de l'armée parce que les jeunes cadets sont en colère contre certains joueurs de l'équipe nationale en entraînement, ce n'est pas une révolte de l'armée mais l'expression d'un malaise social...
Jean Philippe PAYET
Jean-Philipp...
Les partis politiques hésitant à manifester le 6 avril
Soumis par Jean-Philipp... le jeu, 26/03/2009 - 16:44.La bloggeuse Melanie SOUAD a traduit un article du quotidien égyptien Daily News qui paraît en anglais et intitulé: "POLITICAL PARTIES RELUCTANT TO JOIN APRIL 6 STRIKE".
Il apparait que "Selon des communiqués de la presse locale, certain groupes ont annoncé leur décision de se joindre à l’appel, y compris le parti islamiste du travail, le parti Karama, le mouvement Kefaya et le mouvement “Non à l’exportation de Gaz vers Israël”.
Cependant, le pricnipal groupe d'opposition, le Parti des Frères musulmans, ne s'est toujours prononcé sur son éventuelle participation aux manifestations.
Melanie SOUAD relaye également le message d'un bloggeur égyptien Hossam el-Hamalawy qui s'est lui aussi déclaré peu favorable à cet appel qu'il juge irréaliste. Il préfère se préoccuper de la situation à Ghazl al-Mahalla, la plus grande usine textile du Moyen-Orient avec sa force de travail de 27 000 personnes qui avait au coeur des conflits l'an passé.
Jean-Philipp...
Grève générale le 6 avril ? Pas sûr ...
Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le jeu, 26/03/2009 - 13:51.La "résistance commence à s'organiser...
Ainsi, l'excellent quotidien égyptien Al-Masri al-Yom rapporte dans dans son édition du 26 mars que le Conseil suprême des confréries soufïs se déclare opposé à toutes manifestations le 6 avril et rejette toute autre formes de "violences contre l'Etat".
Une éclaration incontestablement politique pour un ordre dans la tourmente suite à la dissolution du Conseil Suprême après la mort de son leader historique le cheikh Hassan Shinawi en juin 2008.
Voir : http://www.almasry-alyoum.com/article2.aspx?ArticleID=204381 [en anglais].
Utilisateur non inscrit
Egypte pays a temps compte
Soumis par ilan (non vérifié) le jeu, 26/03/2009 - 13:34.le pays est une dictature qui est accepte par l'Ouest par peur d'un avenir pire - l'islam radicale qui prendrait/prendra le pays a la mort du "pharaon" moubharak .
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