Fusillade en Allemagne : grâce à Twitter, France 24 trouve un témoin sur place en 52 mn…

La fusillade s'est déclenchée à 9h30 ce matin dans un collège de Winnenden, une petite ville au nord de Stuttgart (sud-ouest). A 10h38, la première dépêche tombe. A 11h30, une habitante de cette commune de 30 000 habitants témoigne sur l'antenne de France 24. Comment l'a-t-on trouvée ? Grâce à Twitter.

Un incroyable exemple des potentialités offertes par Twitter pour le journalisme. Comment cela s'est passé :

9h30 - Début de la fusillade.

10h38 - Première dépêche alertant les rédactions. L'auteur de la fusillade s'enfuit après avoir tué au moins dix personnes dans un collège. Les journalistes des Observateurs de France 24 se connectent à Twitter pour tenter de contacter des habitants de la ville, sous le choc.

11h - Nous repérons un Allemand, Zellmi, qui raconte que sa petite amie habite Winnenden et qu'elle n'ose pas sortir de son bureau. Mais son courriel et son numéro de téléphone ne sont pas mentionnés.

11h08 - Nous retrouvons le nom d'utilisateur de Zellmi (Matthias Zellmer) sur Skype. Il nous répond immédiatement et nous donne le numéro de téléphone de son amie, Natali Haug. Nous lui parlons, elle est au travail à Winnenden, une ville d'environ 30 000 habitants située à 20km au nord de Sttutgart. Elle nous explique que des hélicoptères tournent en permanence dans la ville et qu'elle n'ose pas sortir, de peur de tomber sur le tueur. Nous entendons les sirènes de la police au téléphone. Plutôt gênée au début, elle accepte de témoigner à l'antenne.

11H30 - Edition spéciale du JT sur France 24. Natali est interviewée par notre présentatrice sur l'antenne anglophone.

Ce n'est pas la première fois que Twitter participe à la couverture de l'actualité (ex : crash de l'Hudson ou l'attentat au Sri Lanka). Dans le cas de cette fusillade, toutefois, le processus journalistique a été, grâce à Twitter, d'une rapidité fulgurante. 52 minutes se sont écoulées entre l'annonce de l'événement et la diffusion à l'antenne du commentaire du témoin. L'avenir du journalisme participatif s'annonce passionnant !

Contributeurs

Commentaires

Excellente utilisation d'un outil de communication

Bonjour et merci pour ces infos.

Je m'occupe d'un ouvrage collaboratif traitant du marketing interactif.
Votre utilisation réussie de Twitter est un excellent exemple.
Seriez-vous disposez à décrire cette opération dans le livre?

Bien à vous,
Jérôme
0148016485

quel journalisme participatif?

Waouh un témoignage qui change la face de l'actualité... en voilà un sublime complément d'information, merci twitter. Vraiment.

Ce billet est à prendre

Ce billet est à prendre dans le contexte d'une chaîne d'information en continue. Pour France 24, être capable de joindre des personnes sur place aussi rapidement, dans des endroits où elle n'a pas de correspondant, est un progrès important.

Oui certes, mais à quoi ça

Oui certes, mais à quoi ça sert vraiment de joindre un témoin en "52 min". Hormis à griller tous les confrères ? Quelle est la plus-value apportée à l'info ? Est ce que ce témoin a divulgé des éléments importants ?
Dans ces circonstances, diffuser un témoignage 1h ou 3 h plus tard ne me parait pas essentiel du point de vue du lecteur.

C'était un témoignage

C'était un témoignage d'ambiance. Elle nous a par exemple raconté que la ville était pleine de voitures de police et d'hélicoptères. Et que les gens avaient peur de sortir de chez eux, même pour aller se prendre un sandwich. Un collègue à elle avait ses filles dans l'école d'à côté et était complètement paniqué. Ce type de témoignage de contexte est très utile pour les médias, surtout à chaud. Il faut bien voir qu'à l'heure où est passé ce témoignage, le tueur courrait encore dans les rues de cette petite ville.

Effrayant oui !

Ce genre de raisonnement me fait peur : en gros, si on suit cette logique, avant d'appeler les secours ou de porter assistance, on se connectera sur TWITTER pour parler en live de son récit et en prime, devenir célèbre dans le monde entier en moins de 52 mn. Effrayant !!!!
De plus, je ne suis pas du tout persuadé qu'un récit à vif diffusé en l'état soit aussi intéressant que cela : tout le monde sait que tout est exacerbé, et donc que la peur, ou les sentiments de colère, de haine peuvent prendre le dessus sur la raison. En diffusant des témoignages bruts, sans vérif et contrôle, ne risque t'on pas de faire plus mal que de bien ? Imaginez un peu que l'un des témoins s'accrochent à une description erronée de l'agresseur et des faits, pourrait-on canaliser les réactions en chaine qui en découleraient en cas de diffusion massive ???
La course au scoop, est-ce réellement une finalité en soit ?

Intéressante discussion

C'est un sujet intéressant, qui mériterait un long débat. Pour faire court, oui, vous avez raison, il faut faire attention à ce que la course au scoop ne nous amène pas à diffuser de fausses informations. Mais c'est aussi pour cette raison qu'il est essentiel que les journalistes soient sur Internet. Pour vérifier les informations et éviter de colporter des rumeurs. C'est ce que nous faisons sur le site des Observateurs de France 24. Nous utilisons Internet et les témoignages d'amateur, mais y ajoutant toujours une couche de vérification. Désolé de ne pas pouvoir répondre plus longuement à votre question. Vous imaginez bien que c'est un débat qui passionne notre équipe.

et alors ?

et alors ?

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