Pour les Mexicains, Cassez est une criminelle et Sarkozy un hypocrite

Photos de Florence Cassez lors de son arrestation, en décembre 2005.

En France, les médias et la classe politique ont pris parti pour Florence Cassez, une jeune Française condamnée à 60 ans de prison au Mexique pour enlèvement. Là-bas cependant, d'anciennes victimes d'enlèvement dressent un portrait à charge de l'accusée.

Reconnue coupable d'enlèvement et de port d'armes, Florence Cassez a été condamnée en deuxième instance à 60 ans de prison par un tribunal mexicain. La Française clame son innocence. Ses défenseurs pointent, quant à eux, les nombreuses irrégularités de procédure et les témoignages contradictoires de victimes. Le président Sarkozy lui-même est intervenu pour demander son retour en France. Une prise de position qui indigne le public mexicain, surtout les victimes de l'organisation criminelle dont Florence Cassez aurait fait parti : pour eux, la culpabilité de l'ex-compagne du chef de la bande, Israel Vallarta, ne fait aucun doute.

Contributeurs

Comment se passe un enlèvement à Mexico ?

Un enregistrement d'une caméra de vidéosurveillance, largement diffusé sur la télévision et le Net mexicain, montre un enlèvement orchestré par la bande de "Los Gaseros", aujourd'hui démantelée. Le commentaire explique : trois hommes sortent d'un taxi vert et braquent un homme sur le pas de sa porte. Un complice, conduisant un camion-citerne, bloque la rue, alors qu'un autre arrive dans une berline grise, dans le coffre de laquelle ils enfermeront la victime. Le tout prend moins de 10 secondes.

Le Mexique figure, avec des pays comme l'Irak ou la Colombie, parmi les régions où l'on risque le plus de se faire enlever.

"Je reconnais sa voix, elle me hante encore"

Une lettre ouverte de Cristina Rios Valladares, mère de famille enlevée et séquestrée par la bande du Zodiac, accable Florence Cassez.

Je m'appelle Cristina Ríos Valladares et j'ai été victime d'un enlèvement, en compagnie de mon mari Raul (qui fut libéré après quelques heures pour qu'il récupère une rançon) et de mon fils, qui avait 11 ans au moment des faits. Du 19 octobre 2005 au 9 décembre 2005, nous avons vécu un calvaire qui a changé nos vies à jamais. Nous vivons désormais cachés à l'étranger parce que nous avons peur des représailles des membres du groupe qui sont encore en liberté. Ma famille est brisée. Nous avons vécu 52 jours de captivité durant lesquels j'ai été soumise à des abus sexuels, et tous les trois à une intense torture psychologique.

Le 9 décembre, nous avons été libérés par une opération de l'Agence fédérale d'investigation (AFI). Israel Vallarta et Florence Cassez ont été arrêtés, puis accusés de notre détention. Florence, d'origine française, se présente comme une victime dans cette affaire, et non comme une complice.

Alors que nous parvient, dans notre cachette (on ne peut pas appeler "maison" un lieu où l'on est contraint de vivre par peur), la nouvelle de la condamnation de Florence Cassez, nous apprenons également qu'elle clame partout son innocence... avec la même voix que j'ai entendue à de nombreuses reprises durant ma détention. Cette voix à l'accent français qui résonne encore aujourd'hui dans mes oreilles. La voix que mon fils a identifiée comme étant celle de la femme qui lui a pris du sang pour l'envoyer à mon mari, avec une oreille qu'ils ont fait passer pour celle de mon fils.

Quand je l'entends crier qu'elle est innocente, je reconnais la voix tordue de rage et de jalousie qui criait à son amant Israel Vallarta, le chef de la bande que, s'il "s'intéressait" à nouveau à moi (elle l'a surpris en train de me molester), je le paierais de ma personne.

Florence raconte le "calvaire" de la prison mais, depuis son incarcération, elle a pu voir sa famille, parler au téléphone et répondre à des interviews sans craindre un instant pour sa vie. Je ne raconterai pas ce qu'est le véritable enfer, c'est-à-dire l'enlèvement. Ni ma famille, ni moi-même, n'avons la force de mener une campagne médiatique et politique comme celle que la famille de Florence Cassez mène actuellement pour que le gouvernement français et la presse internationale écoute l'autre version, c'est-à-dire celle des victimes de la bande à laquelle participait madame Cassez.

L'idée que Florence, une criminelle et l'amante d'un criminel, arrive à apparaître comme une victime et parvienne à modifier la peine à laquelle elle a été condamnée, et ce alors qu'elle a vécu dans la même maison que mon fils et moi tout au long de notre enfermement, ne cesse de nous tourmenter.

Cette lettre ne sert qu'à me soulager un minimum. L'affaire est maintenant entre les mains de la justice. Nous ne nous exprimerons plus en public et n'accorderons aucune interview : toute notre énergie passera désormais à reconstruire notre famille. Le battage médiatique autour de la sentence de madame Cassez nous expose à nouveau et met nos vies en danger.

Merci de votre attention,

Cristina Ríos Valladares"

"Sarkozy cherche à distraire l'opinion publique"

Le Bloggeur politique Emiliano Crespo exhorte son gouvernement à ne pas céder aux demandes d'extradition du président Sarkozy.

Le président Nicolas Sarkozy est un néo-populiste de droite. Face à son incapacité à résoudre les vrais problèmes des Français, il est devenu le spécialiste du détournement de l'attention avec des coups médiatiques. Le cas Cassez est le dernier exemple en date (...) Je ne pense pas que Felipe Calderon (le président mexicain, NLDR) soit assez stupide pour céder aux demandes de Sarkozy. On va lui dire, le plus diplomatiquement du monde : ‘Toutes nos excuses, président Sarkozy, mais que cette sale kidnappeuse aille ***'."

Commentaires

Cas de Florence Cassez et la volunerable justice mexicaine

Salut, je suis un blogueur politique mexicain. Je donne le bénéfice du doute à Florence Cassez, essentiellement parce que sa détention est un montage realicé par l' Agence fédérale d'investigation (AFI) et son directeur à l'époque, Genaro García Luna, qui est aujourd'hui secrétaire de la Sécurité publique, chef de la police fédérale. Récemment, un livre intitulé "Los cómplices del Presidente" écrit par le journaliste Anabel Hernández (2002 Prix national de journalisme) a révélé que García Luna offre protection et a des liens avec le crime organisé. Ce livre est bien documenté et il a des sources fiables qui prouvent. Les Forces armées mexicaines n'a pas confiance en lui et Javier Herrera Valle, l'ancien coordonnateur régional de la Police Fédérale Préventive (PFP) est incarcéré dans une prison de haute sécurité dans l'État mexicain de Nayarit, après avoir envoyer deux lettres au président Calderón soulignant Genaro García Luna liens aux cartels de la drogue et à la protection de l'enlèvement des gangs, il a ensuite été accusé d'avoir des liens avec les cartels de la drogue. Le journaliste Anabel Hernández, souligne que l'AFI et Genaro García Luna, ont été à l'origine de l'enlèvement, comme le cas de deux soeurs de la chanteuse et actrice mexicaine Thalía.

Le Mexique n'est pas une règle de droit, l'Etat, de nos institutions, y compris ceux qui ont la tâche de la justice sont corrompus. La façon dont fonctionne l'García Luna est de faire de montage similaire à celui de Florence Cassez detiention, à faire croire à la société mexicaine qu'il est donné des résultats et de faire sa carrière politique.

Toute personne au Mexique est le risque d'être detaine et accusé d'être membre d'un cartel de la drogue ou d'un gang kindnapping. La guerre contre le crime de organisé du Presidente Calderón, qui n'est malheureusement pas tous sincères.

À mon point de vue, Florence Cassez seront mieux lotis en France.

J'ai laissé une transcription, de la section en anglais de ce site, quelques paragraphe du livre de la journaliste Anabel Hernández, d'un témoignage que révèle que l'Agence fédérale d'investigation force les victimes à témoigner contre inocentes

Gabriel Carrillo Infante
Licence en Communication et journalisme de radiodiffusion
Site web: http://www.equisy.blogspot.com

La justice mexicaine = corruption et drogue?

D'accord donc d'après ce que vous dites les décisions de justice sont biaisées par le combat du Président Mexicain. Ce système tout le monde le connait. Mais vous ne pouvez pas non plus en faire un généralité. Le fait de dire que la justice mexicaine a des failles n'en fait pas non plus une mauvaise justice pour tous.
Vous pourriez en dire de même pour la France qui relâche ses meurtriers et ses pédophiles. Imaginez les mexicains parler de la justice française!

Donc la première chose est de savoir si oui ou non cette femme est coupable: les faits. La France enquête, si elle confirme les faits, la procédure ne pourra être stoppée. Après si elle est incarcérée en France, elle doit payer ce qu'elle a fait au peuple mexicain à savoir la peine de 60 ans de prison ferme.

Depuis quand on négocie des peines? La justice n'a rien avoir avec la diplomatie!

Donc par pitié ne dites pas qu'on vaut mieux qu'une autre justice, on enquête dessus également et vous savez bien que la confirmation de sa culpabilité sera reconfirmée une fois de plus (car il y a déjà eu des enquêtes françaises auparavant).

C'est en effet de la communication, celle de notre président qui recherche désespérément une nouvelle Ingrid Betancourt, et il trouve très mal.

Il ya arrière-plan de la

Il ya arrière-plan de la police mexicaine sous les ordres de Genaro García Luna, ministre de la Sécurité publique, et l'installation habituellement contaminer la scène du crime, nous ne pouvons pas exclure la possibilité qu'elle a été injustement accusé.

Le texte suivant est la transcription d'une lettre adressée à Hector Aguilar Camin, chroniqueur de Milenio Diario, un journaliste mexicain, d'Augustin Acosta Azcona, avocat de Mdm. Cassez. Je vais re-écrire le texte en espagnol, j'espère que quelqu'un pourrait traduire en français.

"Soy Agustín Acosta Azcona, uno de los abogados de Florence Cassez. Leí su columna de Milenio (Un pobre affaire, 12/03/09 donde escribe: "En manos de un buen abogado y en el marco de un proceso judicial correcto, ese sólo montaje (el de divulgación mediática de la detención) podría desautorizar, por simples cuestiones de procedimiento , todo el caso contra Florence Cassez..."
En muchos lugares, su apreciación sería correcta. En México, no. Aquí, uno puede acabar en prisión con meros chismes y sospechas, especialmente si éstos salen de boca de un testigo protegido.

En nuestro país, el golpe redobalado de la jurisprudencia, del que hablaba Tocqueville, suele sonar al retumbo de un legalismo formal. Y los tribunales que covalidan en sus resoluciones el actuar arbitrario o de plano criminal de polícias y ministerios públicos, nutren un círculo perverso de injusticia.
Poco después de asumir la defensa de Florence, llegué a la convicción intima de su inocencia. Los abusos son espeluzantes. La mentira y la manipulación recorren los folios del expediente. Empero, el linchamiento mediático impide cualquier examen racional de su caso. Agradezco pues, y sentidamente, su convocatoria a la duda cartesiana.

Agregando además que, en el revuel de us visita, el presidente Sarkozy tuvo a bien indicarnos una asignatura: "para combatir la delincuencia, hay que usar las armas de la democracia, y ésas no son otras que la ley y la verdad. Concluyó, si me lo permite, con algo que escribí en defensa de Florence, en la esperanza de articular modesta invitación a la reflexión en serio sobre nuestra áspera realidad:

El montaje contra Florence se escenificó por dos vertientes, primera mediática, y luego jurídica. Es gravísimo que la autoridad encargada de descubrir la verdad, empezara el caso con la construcción de una mentira . Una que ha servido a fabricar y lugo apunatalar una incriminación.

Tal actuación debería ser inaceptable en una sociedad democrática. Si seguimos aceptando la mentira y resignándonos a la arbitrariedad, quedamos expuestos, todos, mexicanos y extranjeros, a los peligros que importan los abusos del poder penal de un Estado, si bien no fallido, sí ensombrecido por la corrupción y la ineptitdud."

Cette lettre a été publiée dans le numéro d'aujourd'hui, lundi 16, 2009.

Cordialement,
Gabriel
Diplôme en Brodacasting Communication et de journalisme / blogueur

Cette lettre a été publiée dans le numéro d'aujourd'hui, lundi 16, 2009.

l'exception ou le folklore francais ?

chasse le naturel, il revient au galop dit-on... et comme toujours, a chaque fois qu'un francais est mis en cause [peu importe a tort ou a raison] a travers le monde, revoila les medias francais qui prennent parti sans la moindre ambiguite. ce disent-ils, sur la base de "serieuses irregularites" dans les procedures penales des justices d'ailleurs. pourtant des francais vont la-bas sans aucune derogation, et les regles valent pour eux au meme titre que les autochtones [comme pour tout etranger venant en France]. mais quand il faut se plier aux lois des autres [bonnes ou mauvaises], soudain surgit une certaine "exception francaise". ceci vaut autant pour ce cas "Florence Cassez" au Mexique, que pour celui "Michael Blanc" en Indonesie, ou encore meme pour l'autre "Arche de Zoe" au Tchad, pour ne citer que ceux-ci... et c'est avec toujours les meme arguments : prisons insalubres, justice non fiable, bla bla bla... tout est bon pour detaxer les siens. franchement, il y en a assez de cette comedie vaudevillesque tres francaise qui est indigne d'un pays qui se reclame porte-flambeau des droits de l'homme. trop, c'est trop! et jusqu'a preuve du contraire, cette dame est accablee par les preuves contre elle. alors, pas de demi-mesure! elle doit purger sa peine la ou elle a commis ses crimes.
mais, le plus revoltant et repugnant de cette affaire, n'est l'agitation de la presse et des autorites francaises. c'est plutot la permissivite des dirigeants du sud en general [et mexicains dans ce cas-ci]. car, Dieu sait si la France ne daignera remettre en cause les decisions judiciaires dans un pays du nord.
alors, il n'est point incongru de dire que pendant que la fameuse "exception francaise" est jalousement culturelle au nord, elle est aussi arrogamment injuste au sud... helas! mais pour combien de temps encore?

Totalement d'accord

Les médias jouent avec la compassion avec la connerie des gens. Etre complice d'enlèvements en Amérique latine est l'une des seules choses qui pouvaient coûter le plus cher quand on sait les problèmes que cela implique pour les investissements étrangers.
Il faut savoir qu'un enlèvement qui ne se termine pas par un échange de rançon réussi se termine souvent très mal pour la personne enlevée.

Si vous avez de la compassion pour elle parce qu'elle est française, pensez dans ce cas aux français enlevés en Amérique Latine et la partie qui y est restée.
On ne respecte plus les pays qui ne font pas partie du "club OCDE" donc on remet en cause leur jugement. Pourtant le Mexique est loin d'être un pays sous développé et demeuré. J'ai de plus en plus l'impression que c'est notre peuple qui s'abrutit de compassion pour des gens qui doivent payer.

La rapatrier est peut-être un accord (on va payer pour elle) mais la peine doit rester la même car le crime est à l'encontre du Mexique. Donc les magistrats français n'ont rien n'a redire de cette peine si l'intéressée est coupable.

JUSTICE A DEUX VITESSE

DESOLE M L'AVOCAT MAITRE BERTON, LE NORD TOUJOURS LE NORD VOUS AVEZ PERDU LE NORD,
LES PAUVRES GENS D'OUTREAU ET MAINTENANT PLAIDER VOTRE VERSION AUX MEDIA
JE VOUS DONNE POUR TACHE LE CAS COLONA C'EST PLUS FACILE PUISQUE IL N'Y A PAS DE PREUVES
MATERIELLES MAIS LE PROBLEME C'EST DE S'ATTAQUER A L'ETAT FRANCAIS N'EST PAS

MEME DANY BOOM LE MAL AIME DU CINEMA FRANCAIS A SIGNE POUR LA CAUSE CASSEZ

MLLE CASSEZ ON LA RETROUVE DANS LES MEDIAS FRANCAIS ETANT "PRESUMEE COUPABLE" M COLONA IL EST DEJA COUPABLE DEPUIS PLUSIEURS ANNEES,

IL NE MANQUAIT QUE LE NEO POPULISTE SARKOZY VENIR S'INVITER DANS UNE AFFAIRE MEXICAINE DE 2005,
CHOSE CURIEUSE DIRONT NOUS.

SANTI CUGAT

C'est vrai que Danny Boon

C'est vrai que Danny Boon est une référence en matière de justice et de législation.

Si le fait est avéré, pourquoi contester la peine? Le peuple mexicain vaut-il moins que le peuple français?

c'est totalement

c'est totalement vrai,colonna prison a perpète sans preuves,cassez,des preuves accablantes mais notre Napoléon d'opérette fonce tête baissée,c'est une honte.

elle doit faire sa peine. un

elle doit faire sa peine. un kidnapping ce n'est pas un conte de fée,les gens sont brutalisés,humiliés,torturés ,tués parfois. elle a voulu jouer a la gangster scarfaceenne,pardon pour le neologisme,elle doit en assumer les conséquences. d'autant qu'il ne s'agit pas d'un délit mineur sur lequel il serait facile de passer l'éponge. on entend ici et la des comparaisons avec les infirmières bulgares,c'est vraiment ridicule,car dans ce cas ,il s'agissait d'un chantage politique,ce qui n'a rien a voir avec cette histoire. il y a des témoignages et des preuves matérielles. il est étrange de constater les différences de traitement entre l'affaire de michael blanc,condamné a la prison a vie pour une banale histoire de cannabis en indonesie et détenu dans des conditions aberrantes et inhumaines et l'affaire cassez,condamné pour des faits nettement plus graves,mais ou tout le monde semble vouloir lui sauver la mise. je trouve cela incroyable.

A Nilasse

Bonjour Nilasse
Vous qui connaissez, je crois le milieu carcéral et ses conditions de vie en France, vous souhaitez malgré tous que cette femme fasse ces 60 ans de détention dans une prison mexicaine? Et je suis d'accord avec vous, même si je pense que 60 ans dans une prison mexicaine ne doivent pas ressembler à un conte de fée. Mais à vouloir jouer à des jeux à la con, il faut en accepter les règles, même si la législation française est plus soft que la législation mexicaine, la peine doit être proportionnelle à la bêtise (en France même pour le pire des crimes, c'est la perpétuité avec 30ans incompressibles et ce qui me fait peur c'est qu'un jour un Francis Heaulmes ou un Michel Fourniret ce retrouvent dehors).
Salutations
Jacky



Fermer