
Image: Oli Kristinn.
Le gouvernement islandais est tombé hier, victime de la crise financière et de mouvements de protestation de plus en plus violents. Parole à des Islandais en colère.
La situation économique de l'île est catastrophique : le chômage pourrait passer de 1% à 10%, en 2009, et l'inflation galope. Les Islandais ne sont pas coutumiers des mouvements sociaux, mais ils sont aujourd'hui pris à la gorge. Ils sont donc descendus par milliers dans la rue, la semaine dernière, pour demander la démission de leur gouvernement.
Páll Ívarsson est concepteur de jeux vidéos à Reykjavik.

Et maintenant les gens sont en colère. En colère d'avoir été abandonnés, dans le froid, au moment où il fallait payer la note après cette grande fête. En colère contre le gouvernement, qui ne dit pas ce qu'il compte faire pour stabiliser le pays. C'est seulement maintenant que la violence éclate, car c'est seulement maintenant que la plupart des gens sentent les effets de la crise. Après trois mois, ils perdent leur maison, leur travail, leur famille. Mon loyer a augmenté de 30 à 40%. Les épiceries ont augmenté leurs prix de 40%. Et même si je n'ai ni hypothèque ni voiture, je me retrouve avec moins d'argent dans la poche. Mais je n'excuse en rien les actes violents de certains. Ayant moi-même été aspergé de gaz lacrymogène lors des manifestations, je me sens particulièrement concerné."
Kitty Von Sometime vit à Reykjavik.

Les propriétaires sont aussi désespérés. Ils ne trouvent plus de locataires, ils baissent les loyers, mais les mensualités de leurs emprunts augmentent trop. Aujourd'hui, mon loyer ne rembourse pas les frais de mon propriétaire. Les gens disent qu'on a l'impression d'être retourné trente ans en arrière. Il y a plein de produits qu'on ne trouve plus. Parfois, je vais faire mes courses et le magasin a tout bonnement fermé. Ça devient effrayant."
Heimir Karlsson anime une émission de radio à Reykjavik.

Mais avec nos ressources naturelles et notre agriculture ultraperformante, personne ne va avoir froid ou faim. Et puis, on a plein de poissons ! Les deux années qui arrivent seront dures, mais on s'en sortira."
Photo : Oli Kristinn
Photo : Oli Kristinn
Photo : Oli Kristinn
Une enfant brandit un panneau "nouvelle démocratie". Photo : Inga Helgadottir
"Arrêtez les vautours".Photo : Óli G. Porsteinsson
Photo : Óli G. Porsteinsson
Commentaires
Kitty, t'inquiète on peut
Submitted by un sans abri (non vérifié) on lun, 02/02/2009 - 04:59.Kitty, t'inquiète on peut être sans abri en Islande ! il fait - 25 - 30 à moscou la, et les sans-abris sont pas tous morts ! Puis la police les chasse en plus des endroits chauds, comme les gares ou le metro.
Pour un sans abri qui a vécu à Moscou, Islande est une ville 5 étoiles.
L'Islande est le pays le
Submitted by Utilisateur non inscrit (non vérifié) on mer, 28/01/2009 - 11:39.L'Islande est le pays le plus développé dans le monde selon l'indice de développement humain (IDH). Son économie est basée sur un système d'économie mixte où les services, la finance, la pêche et les industries sont les principaux secteurs. Le pays est membre de l'ONU, de l'OTAN, de l'AELE, de l'OCDE, et de l'EEE, mais pas de l'Union européenne.
La crise financière de 2008 en Islande affecte le système économique et bancaire en octobre 2008, dans le contexte de la crise économique mondiale de 2008. Pour prévenir l'effondrement du système bancaire islandais, les trois principales banques du pays ont été nationalisées.
Fin septembre, la banque Glitnir voit 75 % de ses actions rachetées par l'Etat islandais. La semaine suivante, le contrôle de Landsbanki fut transmis à l'Autorité financière islandaise (FME). Peu après, la même organisation prit le contrôle de la principale banque islandaise, Kaupthing.
L'Islande « étant près de devenir le premier cas de banqueroute nationale de l'effondrement financier ».
Cependant, le Premier ministre Geir Haarde déclara que les actions prises garantissaient que l'État ne serait pas en faillite. Au 31 juillet 2008, la dette nationale extérieure de l'Islande se montait à 9 553 milliards de couronnes islandaises, plus de 80 % étant détenus par les banques, alors que le produit national brut du pays s'élevait à 1 279 milliards en 2007.
Les effets de cette défaillance se font sentir dans d'autres pays européens. Au Royaume-Uni, les clients d'Icesave (une filiale de la Landsbanki) constatèrent le 7 octobre qu'ils ne pouvaient plus retirer de fonds. De nombreuses organisations, municipalités et autorités britanniques détiennent des fonds dans les banques islandaises. De la même façon, beaucoup de banques européennes ont des centaines de millions d'euros d'exposition dans les banques islandaises.
Les fonds des clients belges et luxembourgeois investis auprès de la filiale luxembourgeoise de la banque Kaupthing sont également inaccessibles en octobre 2008.
intéressant ce commentaire.
Submitted by nilasse on ven, 30/01/2009 - 12:43.intéressant ce commentaire. pouvez nous dire ce que les politiques islandais ont prévu de faire?
L'actuel climat économique
Submitted by Utilisateur non inscrit (non vérifié) on lun, 02/02/2009 - 11:46.L'actuel climat économique en Islande a affecté de nombreuses activités économiques ainsi que les citoyens. Avec la création de la Nýi Landsbanki, la nouvelle entité constituée sur les ruines de la Landsbanki, environ 500 employés perdent leur travail, l'entreprise passant de 1 500 à 1 000 personnes, suite à la restructuration visant à la réduction des activités internationales de la banque. La perte d'emplois doit être comparée avec le nombre de personnes sans emploi, et le nombre de vacances d'emploi déclaré, se montant respectivement à 2 136 et 495 fin août 2008.
D'autres entreprises sont touchées. Par exemple, Icelandair a constaté une baisse significative des demandes de vols intérieurs. Le trafic international serait cependant en augmentation. Guðjón Arngrímsson, un porte-parole de la compagnie, a déclaré : "Nous bénéficions d'un trafic raisonnable des autres marchés... nous tentons de profiter de la faiblesse de la króna." Il a également déclaré qu'il était impossible de prédire si la compagnie serait bénéficiaire cette année.
Morgunblaðið, un journal islandais, supprime des emplois et s'associe au groupe média 365. Le journal 24 stundir a cessé sa publication suite à la crise, se traduisant par une perte de vingt emplois.
Selon Paul Thomsen, directeur de la mission du FMI actuellement en Islande, le produit intérieur brut de l'Islande devrait chuter de 10 % suite à la crise, mettant le pays en situation de dépression économique.
Pour tenter de rétablir la situation, l'Islande pourrait adhérer à la zone euro, sans pour autant adhérer à l'Union européenne, même contre l'avis de la BCE.
Outch, ça fait peur tout
Submitted by Nabso on mar, 27/01/2009 - 22:53.Outch, ça fait peur tout ça. Pensez vous qu'il puisse y avoir un "effet Domino" ? En tout cas je sens que 2009 va nous reserver des surprises...