Toutes les capitales du monde sont familières des cortèges de voitures officielles qui bloquent momentanément le trafic. Mais à Moscou, il semble que ces passe-droits soient particulièrement fréquents.
Ambulances ou camions de pompiers, tous les véhicules sont logés à la même enseigne. Lorsqu'un officiel passe, tout le monde s'arrête. Et l'attente peut durer plusieurs dizaines de minutes.
La règle est certes la même en France : les convois officiels passent le plus souvent avant les autres véhicules d'urgence. Mais les internautes moscovites ont remarqué des dérives. Les convois officiels leur semblent de plus en plus fréquents et ils accusent les fonctionnaires d'abuser de ce privilège. Pour dénoncer ce passe-droit, Voinodel, l'un des blogueurs les plus populaires de la capitale russe, a filmé avec son portable l'un de ces convois qui bloquait son véhicule, ainsi qu'une ambulance...
27 octobre 2008 -
vers 19 heures. Au croisement de Minskaya et Kutuzovsky Prospekt, je vois des
embouteillages sur l'une des voies, mais personne sur celle allant vers le
centre ville.Une voiture de police bloque l'entrée à Kutuzovsky pour laisser la voie libre à je-ne-sais-quel nabab qui se dirige vers Rublevka [zone résidentielle bourgeoise à l'ouest de Moscou]. Comme d'habitude, tout le monde doit attendre patiemment.
Mais ce n'est pas tout. Une ambulance s'approche. Sa sirène est en marche et tout le monde s'écarte pour la laisser passer. Mais une fois arrivée au bout de la file de voitures, elle est stoppée par la police.
"Mourez vermine, le patron est en retard" : voila le message que nous adressent les autorités.
Message reçu par l'ambulancier. Pour ne pas faire de provocation, il éteint sa sirène et attend les 20 minutes habituelles, comme tout le monde. J'ai coupé la vidéo pour vous épargner ces 20 minutes d'attente.
Désolé pour la qualité des images, je ne suis pas habitué à filmer avec mon téléphone."
Cette scène ne semble pas un cas isolé. D'autres internautes donnent des exemples similaires.
"Piligrim"
Des pompiers m'ont raconté qu'après un appel urgent, ils étaient
partis en trombe vers un incendie. Mais à la sortie de la rue Novy Arbat, ils s'étaient
retrouvés bloqués par la police qui dégageait la voie pour des "fonctionnaires". Quand ils
ont demandé à passer, la réponse du policier a été plutôt claire : "J'ai huit balles dans mon pistolet. Sept pour vous et la dernière pour
moi". Ils ont dû attendre que le "puissant" passe. Evidemment, ils ont prévenu leur caserne qui
a envoyé un autre camion, mais il est arrivé trop tard...""Bogomyako"
Samedi 19 avril 2008. On conduisait sur les berges de la Neva à Saint-Pétersbourg. A mi-chemin entre la rivière Fontanka et le pont Liteyny, j'ai
remarqué que notre voie était libre, alors que la circulation sur la voie d'en
face était très lente. Une ambulance se
faufilait à travers l'embouteillage grâce à sa sirène. Mais juste derrière elle
suivait le convoi de "Oncle Valya" (Valentina Matvienko, le
gouverneur de Saint-Pétersbourg). Un homme du convoi a hurlé de sa voiture : "Hé docteur, t'es sourd ? Dégage de la route !".
Commentaires
J'ai la solution
Soumis par gautier le mar, 02/12/2008 - 06:06.J'ai la solution: Faire rouler tout le monde en ambulance. En plus un brancard c'est plus comfortable qu'un siege et comme ces pontes sont souvent pas tout jeunes ca serait plus sur pour eux.
gautier
Les pauvres oligarques
Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le lun, 01/12/2008 - 22:03.L'ambulance n'a qu'à passer par une autre route, elle n'a rien à faire sur la route qui mène vers la zone résidentielle bourgeoise. Comme ca elle évite aussi de perturber avec la sirène le sommeil des oligarques dans cette zone
Utilisateur non inscrit
Arf. C'est vrai, ils se
Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le lun, 01/12/2008 - 22:46.Arf. C'est vrai, ils se prennent pour qui ces malades? Ceci dit, Sarko, vous croyez qu'il s'arrête pour laisser les ambulances passer...
Utilisateur non inscrit
les passes droits en matière de circulation
Soumis par loenzovincut (non vérifié) le mar, 02/12/2008 - 14:54.La France, et plus précisément ses dirigeants au sens large (politiques, patrons, hauts fonctionnaires...), n'a aucune leçon à donner en matière de passe droits de circulation. Nous sommes l'un des pays au monde où se trouvent le plus grand nombre de personnes dont les voitures sont équipées de gyrophares bleus (les seuls qui vaillent comme kit anti-bouchon) et de sirènes 2 tons. Outre le président qui en fait un usage permanent, y compris dans ses déplacements privés, ce qui diffère des pratiques de ses prédécesseurs, les ministres, des parlementaires, des hauts fonctionnaires et une myriades de parasites du pouvoir se voient délivrer l'autorisation (délivrée par la préfecture de Police à Paris) d'équiper leur véhicule et de pouvoir ainsi à loisir s'affranchir des feux rouges, des bouchons et autres difficultés de circulation.
D'autres pays, anglo-saxons ou du nord de l'europe sont plus raisonnables et il est fréquent de croiser un ministre britannique ou suédois à un feu rouge.
Ce n'est pas le cas en France, au prétexte de sécurité (qui voudrait tirer sur madame Létard, sous ministre de son état, que personne ne connait) mais c'est surtout devenu un attribut du pouvoir, hommes et femmes étant à égalité totale en ce domaine, et le nombre de cortèges officiels et de voitures sois disant officielles à Paris ne cesse d'augmenter.
C'est un détail diront certains, je crois que c'est révélateur du mode de vie et de pensée de nos dirigeants, enfermés dans leurs bureaux, leurs voitures et leur cercles d'initiés, coupés des réalités et comment pourraient-ils les voir à la vitesse où ils roulent ?...
Utilisateur non inscrit