Une marche de soutien à la réforme constitutionnelle du président bolivien Evo Morales a réuni, lundi, plusieurs dizaines de milliers de manifestants, pour la plupart indiens. Notre Observateur à La Paz a couvert cette "longue marche".
Les manifestants ont marché durant neuf jours pour s'arrêter, finalement, devant le Parlement bolivien, à La Paz, où ils ont souhaité mettre les parlementaires sous pression alors que ces derniers se réunissaient pour examiner un projet de réforme constitutionnelle soumis par Evo Morales. Cette réforme, qui devra ensuite être validée par voie référendaire, ajoute un chapitre sur les droits des indigènes et accroît le contrôle de l'Etat sur l'économie. Initialement opposée à ce projet, parce qu'il donnait, selon elle, trop de pouvoirs au président, l'opposition s'est finalement entendue sur un compromis avec le chef de l'Etat et a voté en faveur du texte constitutionnel.
C'était incroyable. Cette manifestation, organisée par les
Consejos nacional del cambio [mouvements sociaux de la "gauche du XXIe
siècle", qui soutiennent Evo Morales],
a réuni entre 150 000 et 200 000
personnes. La colonne de manifestants faisait 12 kilomètres et les gens ont marché
pendant neuf jours d'affilée.
Le texte n'est pas parfait car la gauche a dû faire des concessions [le texte complet et expliqué, en espagnol, est disponible ici]. Mais les Indiens soutiennent tous ce projet de réforme et, notamment, la réforme agraire qu'il prévoit. Aujourd'hui, certains latifundiaires possèdent plus de 100 000 hectares de terres. Si ce texte est approuvé, aucune exploitation ne pourra faire plus de 10 000 hectares.
Au-delà du texte constitutionnel, cette manifestation était une manière pour les Indiens de dénoncer le racisme dont ils sont victimes et de dire non à la division qui perdure, dans ce pays, entre les "Blancs" et "eux."
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