Mercredi dernier, le site du journal britannique "The Telegraph" rapportait qu'un robot-nounou ultra sophistiqué, conçu pour s'occuper des personnes âgées et singeant à la perfection les gestes humains, allait être mis en production dans les "prochains jours". Une grosse boulette du quotidien, qui s'était vraisemblablement contenté de reproduire des informations parues sur des blogs.
"Inauguration d'un robot modelé sur une jeune fille" titre l'article sur le robot humanoïde Repliee R-1 posté mercredi sur le site du Telegraph.
Selon le journaliste du Telegraph, le robot a été inventé par la société de robotique Cyberdyne, qui "espère lancer sa fabrication en série dans les prochains jours". Il ajoute que ces robots seront même capables d'aider nos grand-mères à mettre leurs chaussons. L'article fait le lien avec le film de science fiction "I.A : Intelligence Artificielle", dans lequel les humanoïdes développent des émotions et sèment le chaos. Il précise qu'une version précédente du robot "Repliee Q1" avait été critiquée pour ses gestes trop brusques. Encore une erreur, car le Repliee Q1 a en réalité été fabriqué un an après le R-1. Et contrairement à ce que dit le journaliste, il n'avait pas montré de problème technique particulier.
Nous avons essayé de contacter l'auteur de l'article, qui il n'était pas disponible. Un des scientifiques qui a travaillé sur le robot, à l'université d'Osaka, nous a par contre affirmé que la papier du Telegraph était basé sur des "conneries venant de la blogosphère". Un autre spécialiste nous a par ailleurs expliqué que ce n'est certainement pas ce type de robot qui entrera le premier dans nos maisons.
La vidéo a été postée sur le chaîne YouTube de "tigerland2222" le 5 octobre, ce qui pouvait laisser entendre que le robot était nouveau.
Karl MacDorman est un des développeurs du robot Repliee R-1 de l'université d'Osaka. Il est maintenant professeur associé dans le "Programme d'interaction humain-ordinateur" de l'université d'Indiana .
Ce robot a six ans. On l'a fabriqué en 2002 et il a été utilisé par
Shoji Itakura (université de Kyoto) et Hiroshi
Ishiguro. Le moule du robot a
été construit à partir de la fille de six ans d' Ishiguro. Il est
contrôlé par un moteur DC [à courant direct]. C'est une des raisons pour
lesquelles ses mouvements sont un peu saccadés. Depuis ce robot, beaucoup
d'autres sont sortis dans la même série.
Repliee Q1, qui est basé sur le "visage féminin moyen " et qui est contrôlé
par des actionneurs à air, mais aussi Repliee Q1Expo, dont le visage a été
copié sur celui d' Ayako Fujii, la présentatrice de NHK, ( il l'a même remplacé
pendant un journal) et Geminoid, une copie de son créateur, Hiroshi Ishiguro.
Le journaliste n'a fait que répéter des conneries venant de la blogosphère. Cette entreprise [Cyberdyne] qui fabrique des combinaisons robotisées, n'a rien a voir avec le laboratoire d'intelligence robotique d'Hiroshi Ishiguro de l'université d'Osaka.
Par ailleurs, nous n'avons jamais eu aucun problème de spasmes avec Repliee Q1. Repliee Q1, Repliee Q1Expo, Repliee Q2, et Geminoid ont tous des mouvements très réguliers car ils sont contrôlés par des activateurs à air. Parfois, je dois dire qu'ils sont peut-être même un peu trop réguliers, ce qui peut rendre les mouvements rapides un peu branlants.
Karl avec un robot de la même série, Repliee Q1Expo.
Soixante dix pour cent des gens n'ont pas remarqué qu'ils étaient face à un androïde bien qu'ils aient été assis à trois mètres du robot et dans un lieu très éclairé. Ils ont surtout été trompé par l'autonomie de Repliee Q1Expo : sa respiration, le clignement de ses yeux, son contact visuel, et sa façon délicate de se repositionner sur le fauteuil.
Sur cette vidéo, je prends le thé avec Repliee Q1. A la différence des Etats-Unis, les Japonais interrompent le contact visuel en baissant les yeux quand ils réfléchissent. Ils le font aussi quand ils regardent un androïde s'il savent que cet androïde est contrôlé par un humain. C'est la première fois qu'il a été démontré que la façon dont on considère l'autre, humain ou juste machine, influence la façon dont on interrompt le contact visuel."
Noel Sharkey est professeur d'intelligence artificielle et de robotique à l'université de Sheffield. Il a créé "eMo", le premier robot capable de transmettre des émotions aux être humains.
Si vous regardez un robot qui a un aspect très
mécanique, vous n'y croyez pas, mais quand vous lui donnez un aspect plus
réaliste, ils peuvent provoquer de réelles émotions. Cette fille fait froid
dans le dos, elle fait un peu psychotique. Hiroshi Ishiguro, [son
créateur] lui même a dit que l'on pouvait s'y méprendre pendant quelques
secondes. Il s'agit d'une sorte d'amélioration de son premier robot qui
ressemblait vraiment à une poupée. Moins de perfections et plus de petits
défauts humains rapprochent de la réalité.
Ce genre d'humanoïde sera utilisé principalement pour s'occuper des personnes âgées et des enfants. C'est un peu la nounou du futur. On peut voir à travers ses yeux ce qu'il regarde, par un système informatisé, et donc surveiller de loin ce qu'il surveille. Les personnes âgées au Japon les adorent. Il y a aussi un gros robot câlin qui marche très bien.
Mais je suis vraiment inquiet pour les questions d'éthique que ça soulève notamment en ce qui concerne le développement du "traitement du langage naturel", un procédé qui permet d'avoir une conversation avec un robot. Une personne âgée, avec une vue un peu défaillante, ou un peu démente, pourrait le prendre pour un compagnon.
Le marché du sexe aussi va forcément s'y intéresser. L'ancienne version du robot, qui est une jeune femme, serait la poupée gonflable suprême pour les aficionados de ce genre de chose. Ou bien si vous êtes riche et sans enfant, vous pourriez sortir l'enfant-robot du placard et le faire jouer sur le tapis pendant que vous regardez la télévision.
On va très certainement vivre dans un monde de robots, mais ils ne ressembleront pas tous à des êtres humains. Les robots sont simplement des outils qui nous permettent d'économiser un peu de temps. Ils font les travaux monotones, dangereux ou salissants. Je pense aussi qu'ils serviront à faire la police dans le futur, en tant que caméras de sécurité mobiles par exemple. Dès qu'ils croiseraient un attroupement bruyant, ils enregistreraient. Le seul problème, c'est de savoir qui les contrôlerait eux. Si c'est le gouvernement et la police, ça risquerait de leur donner trop de pouvoir sur les faits et gestes des gens.
Il y a déjà entre 4000 et 6000 robots utilisés en Iraq, la plupart d'entre eux servent dans des unités de déminage de bombe, mais certains peuvent même voler et communiquer entre eux. Il est aussi probable que des robots soient croisés avec des êtres biologiques. Aux Etats-Unis, en attachant une antenne de neurones de cafard sur un robot, ils ont déjà créé des cafards contrôlés à distance."
Commentaires
"Détestez-vous les uns les autres"..
Soumis par Zefi (non vérifié) le lun, 13/10/2008 - 02:50....dira l'adage, qu'on tiendra.
Ainsi nous aurons de nouveaux Saints, Saint Axe par exemple, en ces avenirs meilleurs.
Lorsqu'on dira pour chauffer l'ambience festive qu'il "faut mettre le feu", la machine devenue si parfaite pour singer nos moindres défauts donnera du napalm par bien(sur)veillance. En quoi serait-elle responsable dans des procès à n'en plus finir ?
Petite erreur de synthaxe direz-vous alors, mais non ajoutera le modèle, "c'est une question d'axe, vous savez celui du bien contre celui du mâle" ! Le temps sera venu de nous livrer au robots, le temps où tous les problèmes seront comme déjà de gagner du temps pour durer, non par vanity, mais dans un pur souci esthétique..
Les journalistes alors ? En ce temps des journalistes synthétiques feront des articles aléatoires, ce sera fortement recommandé pour remplir machinalement les caisses de saintes taxes. Les contenants auront gagné en ces temps benets, et les saintes éthiques vidées de leur contenu..
Enjoy !!
(vous pardonnerez facilement mes foootes, en effet c'est le mérite de n'être qu'une machine, mirci !)
Utilisateur non inscrit
Allez faire confiance aux
Soumis par Utilisateur non inscrit (non vérifié) le sam, 11/10/2008 - 13:10.Allez faire confiance aux médias quand vous voyez ce genre de chose !
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La presse
Soumis par Manu (non vérifié) le sam, 11/10/2008 - 14:07.C'est ce genre de non approfondissement des sujet qui plombe la presse ... les journalistes font de plus en plus n'importe quoi. Récolter, vérifier, hiérarchiser. Devinez quel verbe oublient la plupart des journalistes ...
Un journaliste.
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Ca ne me semble pas
Soumis par OliveCa ne me semble pas étranger au fait que : Ya de moins (non vérifié) le sam, 11/10/2008 - 14:28.Ca ne me semble pas étranger au fait que :
Ya de moins de en moins de journalistes, qui font de plus en plus de choses en même temps. Il faut produire absolument deux articles par jours, quitte à n'apporter aucune info neuve. Sur Internet, c'est la course. Il faut publier vite, et tant pis si on laisse passer des conneries.
Mais, bon, si les gens préfèrent les 20 minutes et autres sites d'info gratuits, faut pas qu'ils s'étonnent d'avoir une information pourrie. Les bons produits se paient. C'est trop facile de critiquer les journalistes, si on est pas prêt à mettre un euro dans un canard ou pour s'abonner à un site Internet.
Un autre journaliste
Utilisateur non inscrit
Journalisme
Soumis par Manu (non vérifié) le dim, 12/10/2008 - 11:46.Les rédacs demandent de plus en plus aux journalistes dans un minimum de temps, c'est un fait. Il est évident que l'on ne fait pas les choses bien de la sorte. Cependant, dire qu'il y a de moins en moins de journalistes, ça c'est une bêtise. Le journalisme (qui souffre certes de la précarité et de l'image de cette précarité) a tendance à faire un peu peur à ses futurs journalistes, et pourtant nous sommes "toujours" 37 000 journalistes en France :D depuis .... Le problème majeur c'est que les grands groupes qui rachètent les journaux, ont à la tête de leur entreprise, des gens qui n'y connaissent rien en journalisme et systématiquement ils (ces nouveaux patrons) placent leurs petits protégés dans les rédactions, aux postes de directions, et ces personnes là ne savent faire que du marketing et n'y connaissent rien à la presse ... Dès lors un seul mot circule dans les rédac "RENTABILITE" ... 1 problème parmi tant d'autres dans le journalisme ...
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Certes, il y toujours des
Soumis par Olive (non vérifié) le dim, 12/10/2008 - 15:00.Certes, il y toujours des journalistes, mais dans quel situation? La précarité se développe. On embauche moins et on passe par des pigistes, ou par des CDD à n'en plus finir. Le sujet n'est pas de pleurer sur notre sort, mais d'être conscient que ce n'est pas de cette façon qu'on peut faire notre travail correctement. Une enquête, ça prend du temps, un scoop, ça se cherche. Le journalisme devient une usine à recracher des dépêches AFP. Ceci, pas partout, il y a encore des poches de résistance.
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Sauf ...
Soumis par jofrmetz (non vérifié) le dim, 12/10/2008 - 08:20.Les bons produits se paient, d'accord, mais, je ne paie pas pour un journal rempli de pub.On en arrive à privilégier la quantité (si pourrie soit-elle ) à la qualité.Personnellement , je pense que si les articles étaient de qualité,et sans (trop de) pub à chaque page ,il y aurait beaucoup plus de lecteurs.
Un ancien lecteur de journaux.
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pauvres médias
Soumis par Olive (non vérifié) le dim, 12/10/2008 - 15:06.La pub est un moyen de faire vivre le journal. Si les gens étaient prêts à payer 2 euros leur canard, on aurait pas besoin de pub pour payer les journalistes. Quand à la quantité, c'est faux, les journaux sont de moins en moins épais. Comparez un journal français à un journal britannique, ou américain, c'est du simple au triple. Pourquoi? Toujours la même chose, parce que trop peu de Français achètent la presse et qu'il est donc impossible de faire des économies d'échelle. Je voudrais juste que les gens soient conscients qu'il n'est pas cohérent de dénoncer les travers de la presse tout en la considérant comme un produit gratuit, et même cher. Une démocratie doit avoir des médias forts et indépendants. Et donc "riches".
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