Chavez se lance dans le cinéma

Avec la collaboration de notre Observatrice en Argentine, Johana Kunin.

"Miranda Regresa" ("Le Retour de Miranda") est le premier film produit par le gouvernement d'Hugo Chavez. Cette fresque historique retrace la vie du héros de l'indépendance, Francisco de Miranda, leader de la révolte des Vénézuéliens contre les colons espagnols à l'aube du XIXe siècle. Miranda rêvait d'une grande république baptisée "Colombie" qui engloberait la majeure partie de l'Amérique latine.

Ce film d'époque a coûté 2,3 millions de dollars à la société de production étatique créée par Chavez en 2006. Plus de 1 200 figurants ont participé au tournage organisé entre le Venezuela, Cuba et la République tchèque. L'acteur américain Danny Glover, fidèle soutien du président vénézuélien, fait une apparition dans le long-métrage.

Le titre du film, "Le Retour de Miranda", est le sujet d'interprétations au Venezuela. Hugo Chavez se considérerait-il comme la réincarnation du révolutionnaire historique ? Selon le chef de l'Etat vénézuélien, les blockbusters comme "Superman" ou "Batman" sont des "excréments", qui véhiculent des "contre-valeurs". Pour lui, ce projet cinématographique est donc un moyen de contrer la domination hollywoodienne. "Il n'y a pas de révolution si nous ne retrouvons pas notre culture, nos valeurs. Cela fait parti du combat contre l'hégémonie impériale [américaine]", a-t-il déclaré.

"Miranda Regresa" est projeté dans 40 cinémas aux quatre coins du pays. La première du film a été organisée dans un fort militaire. Parmi les invités, le président de l'Equateur et allié de Chavez, Rafael Correa.

La bande annonce

Postée sur YouTube par israelpell

"Le gouvernement s’ingénie à récupérer des personnages historiques"

Pablo Abraham est critique de film au Venezuela. Il travaille pour le site www.grancine.com.

Ce film s'inscrit dans une tendance actuelle du gouvernement qui s'ingénie à récupérer des personnages historiques et à exalter certains événements qui ont marqué l'histoire du pays. L'Etat fait la même chose dans les musées ou dans des spectacles de danse.

Même le réalisateur du film a reconnu que le projet avait été commandé. C'est ce qui explique, peut-être, qu'il n'a pas eu le succès espéré par ses producteurs. Environ 140 000 personnes se sont déplacées. Ce n'est pas vraiment une contre-performance, mais "Miranda Regresa" a été diffusé dans 40 cinémas, ce qui est un privilège que connaissent peu de films.

Le résultat n'est pas mauvais. La production a soigné les détails et la réalisation est d'une grande qualité. Mais le film suit le schéma classique d'une biographie historique et chronologique, de la jeunesse à la mort du personnage, sans offrir rien de nouveau."

"Selon moi, c'est un bon film"

Juliana Boersner est psychologue social à Caracas.

En toile de fond du film "Miranda Regresa", il y a la volonté de renforcer la nation vénézuélienne en s'appuyant sur une saga des "super-héros" qui ont marqué le Venezuela. Selon moi, c'est un bon film. Ce cinéma historique rompt avec les stéréotypes et montre l'histoire autrement. Il réhabilite des personnages qui, jusqu'à présent, étaient considérés comme des emblèmes nationaux archaïques.

Les Vénézuéliens ne sont pas très friands des productions nationales. Les films locaux font peu d'audience et le public les critique avant de les avoir vu. Ça explique peut-être que, jusqu'à ce film, il n'y ait jamais eu d'investissements dans un projet pédagogique d'une telle ampleur. Au delà des critiques suscitées par "Miranda Regresa", le film a quand même le mérite de montrer ce nouvel engagement de l'industrie du cinéma.

Ce n'est pas la première fois que Chavez soutient un film, mais jamais cela n'avait été fait avec le support aussi clair d'une maison de production étatique. J'imagine que l'ombre de Chavez dans cette réalisation a dissuadé certaines personnes d'aller voir le film, ne serait-ce que pour des raisons politiques.

L'Etat a aussi créé des universités artistiques avec des ateliers consacrés à la réhabilitation de cultures traditionnelles. La traditionnelle distinction entre culture élitiste et traditionnelle est revisitée."

L'affiche du film

Commentaires

Encore une preuve que Chavez

Encore une preuve que Chavez est dangereux, qu'il veut contrôler la société vénézuelienne comme les soviétiques contrôlaient les Russes. C'est un dictateur déguisé en homme du peuple, comme tant d'autres avant lui. Honte à l'extrême gauche française, et autres Mélanchon, pour ce soutien à un homme dont il savent que c'est un ennemi des libertés. Basta !

Miranda-Chavez, même combat !!!

Ce "dictateur déguisé", a été élu, et plusieurs fois réélu. Et après 'tant' d'années au pouvoir, il a encore la faveur des Vénézuéliens PAUVRES. Son gouvernement, tout corrompu qu'il soit, tare inévitable semble-t-il en Amérique, est tout de même le seul gouvernement vénézuélien à avoir parlé aux pauvres. A avoir parlé des pauvres. A avoir agi contre, sinon la pauvreté, qui est toujours immense, tout au moins contre la misère qui grandissait, alors que la faim était inconnue au Venezuela, jusqu'aux années 90. Notons que la pauvreté, et la misère, ont explosé dès que le gouvernement au pouvoir en 1983 et 1989, ont obéi aux injonctions du FMI. De là à ce qu'à présent, le FMI et toutes les institutions internationales inspirées de près ou de loin par les USA soient haïes au Venezuela... On le comprendra aisément.
Non, Chavez n'est pas un saint. Il ne sera peut-être pas un "personnage historique", il sera probablement assassiné par un coup d'Etat téléguidé par les Etats-Unis, mais Chavez a été, est probablement encore, sincèrement préoccupé par la pauvreté et la misère de son peuple. De notre peuple, les Vénézuéliens.
Rodolfo Clauteaux-Rodriguez

C'est un dictateur qui

C'est un dictateur qui gaspille l'argent du pétrole au lieu d'investir l'argent pour l'après pétrole . On peut arriver au pouvoir par les élections et avoir des méthodes de dictateur . Les mêmes méthodes de sarkozy en plus voyant .

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