Dimanche 22 novembre 2009

Lato : "Tant que le ballon est en jeu, tout est possible"

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Marcin Smietana, notre Observateur en Pologne, a interviewé l'ancien international Grzegorz Lato. Il livre ses inquiétudes sur le match de ce soir contre la Croatie, mais aussi son soutien au sélectionneur polonais, Leo Beenhakker, contre qui il n'a aucune animosité contrairement à ce qui pu être dit dans les médias.

Marcin nous livre le sentiment d'impuissance qu'ont les Polonais depuis leur premier match joué à l'Euro.

"C'est un combat où tu ne te résignes pas"

Marcin Smietana est notre Observateur polonais, il demande à Grzegorz Lato, ancien international polonais, ces impressions sur le match de ce soir et de l'équipe dans son ensemble.

Marcin Smietana : Peut-on déjà revenir sur la performance de la Pologne ?

Grzegorz Lato : Eh bien, nous avons toujours un match à jouer. Nous ne devrions pas faire de bilan tant que toutes nos chances ne sont pas hypothéquées, c'est-à-dire, une victoire de la Pologne contre la Croatie avec deux buts de plus que l'Autriche si elle gagne contre l'Allemagne. Le futur est toujours dur à prédire. Tant que le ballon est toujours en jeu, comme disait notre entraîneur légendaire Kazimierz Górski (Il fut entraîneur de la Pologne entre 1970 et 1976 ndlr), tout peut arriver et tout le monde doit faire son possible pour gagner.

MS : Quelles sont les chances de la Pologne face à la Croatie.


GL (rires) : C'est une toute autre histoire. Nous sommes déçus de notre dernier nul. Nous n'avons marqué qu'un seul et unique but, donc nous ne devrions pas impressionner les Croates. De plus, notre style n'a rien de très prometteur. Il paraît qu'un prêtre prie pour notre équipe (rires), peut-être devrait-il demander pitié au Très Haut. On verra.

MS : Est-ce qu'il vous est arrivé de jouer dans un match avec une telle configuration, comme celui-ci contre la Croatie où au-delà du résultat, il y a d'autres facteurs déterminants ? Comment le vit-on en tant que joueur ?

GL : En 1978, nous avons joué contre le Pérou au deuxième tour de la compétition après avoir perdu un match important contre l'Argentine. Et je peux dire que c'est un combat où tu ne te résignes pas. Il devrait en être de même aujourd'hui. C'est complètement différent de finir dernier du groupe avec un point et finir troisième sur une grande victoire avec quatre points. Il ne faut pas oublier que cette compétition compte dans le classement UEFA. Tout compte pour le statut d'une équipe.


MS : Quel est votre opinion sur la position de l'entraîneur Leo Beenhakker après l'Euro ?


GL :
La presse a toujours essayé de me décrire comme un opposant à la signature de Leo comme entraîneur et m'a désigné comme son adversaire au sein de la Fédération polonaise de football. Je voulais dire que je suis à 100 % derrière Beenhakker. Il nous aidera à nous qualifier à la Coupe du monde en 2010, ce qui est notre prochain objectif, car nous serons qualifier d'office à l'Euro 2012 que nous organisons. Il sera à la hauteur. Et je veux insister sur le fait que la position de Leo en tant que sélectionneur n'est pas en danger. Son contrat se finira après les qualifications de la Coupe de monde, et ce ne sera qu'en 2009.



"Je rêve seulement de voir la Pologne jouer un football décent"

Marcin Smietana, notre Observateur polonais, raconte le désarroi des Polonais, près d'être éliminés après le match de ce soir?

Il y a quelques scénarios très optimistes pour aujourd'hui. Oui, c'est bien de commencer votre soirée en rêvant.


La première condition à remplir est de battre la Croatie et la seconde que l'Autriche l'emporte face à l'Allemagne. Ce serait un arrangement très sympa pour ce soir. Mais il faudra gagner contre les Croates avec deux buts de plus que les Autrichiens s'ils battent la Mannschaft. (par exemple 3-0 et 1-0 pour l'Autriche). Comme la Pologne a marqué plus de buts que l'Autriche à cet Euro, on peut même se permettre d'encaisser un but (par exemple 3-1 et 2-1 pour l'Autriche).

Quoi qu'il en soit, il est impensable que le pays organisateur puisse vaincre l'Allemagne. Et il serait d'autant plus incroyable de voir les Polonais gagner les Croates avec deux buts d'avance.

 

Est-il l'heure de s'inquiéter ?

Ici en Pologne, personne n'y croit. Pour l'instant, le constat est terne. Comme Tomasz Matlakiewicz, journaliste à la Gazeta Żywiecka (journal local de Żywiec), écrivait : "depuis 2002, toutes ces compétitions finissent avec un sentiment de rancœur chez les Polonais.

Les gens attendent de leur équipe qu'elle fasse un bon résultat et après dix minutes de jeu tous les espoirs s'évanouissent et les insultes fusent pour finir en frustration avec ses boucs émissaires.

La même chose s'est produite en 2006 et c'est pareil aujourd'hui, avec la seule différence que l'on sait qui est notre ennemi : l'arbitre. Mais le schéma se reproduit avec à chaque tournoi son ennemi, qu'il soit notre ancien entraîneur Pawel Janas ou quelqu'un d'autre. "


Des supporters polonais prês à supporter leur équipe

 

Je rêve seulement de voir la Pologne jouer un football décent. Je souhaite le meilleur au pays-hôte, quelque soit mon intérêt, et j'admire la qualité de jeu de l'Allemagne. Je serai satisfait au moment où j'aurai vu du bon football (avec, pourquoi pas, une victoire contre la Croatie).

Que le destin fasse le reste.





Portrait de Marcin Smietana

Marcin Smietana

  • Poland
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