Notre Observateur polonais, Marcin Smietana, a interviewé le meilleur buteur de la coupe du monde 1974 et champion olympique en 1972, l'ancien international polonais Grzegorz Lato. Il revient en arrière sur le match Allemagne-Pologne et le joueur allemand d'origine polonaise Lukas Podolski qui a inscrit un doublé lors de la rencontre.
Marcin Smietana : Comment jugez-vous la performance des Polonais face à l’Allemagne comparée à celle de 2006 ? Etait-elle satisfaisante ?
Grzegorz Lato : Oui, leur jeu était beau mais n’était pas efficace. Contre l’Allemagne, la Pologne devait saisir ces chances et les convertir en buts. Ils devaient marquer au moins une fois, sinon ce n’était même pas la peine de penser à une égalisation. Krzynówek n’aurait pas dû manquer sa chance à la 3e minute ni Zurawski quelques minutes plus tard, et les joueurs n’ont pas été à la hauteur du long du match.
MS : Qui nommeriez-vous l’homme du match de la rencontre d’hier ?
GL : Personne du côté polonais. Du côté allemand, Ballack et Podolski étaient les meilleurs, selon moi.
MS : Pensez-vous que l’Allemagne peut gagner la compétition après la performance d’hier ?
GL : Ils sont assurément parmi les favoris mais c’est difficile de prédire s’ils vont gagner. Il y a encore des matchs importants qui vont être décisifs et qui permettront de voir se dessiner le possible vainqueur. Dans les groupes il y a des équipes importantes. Il faut admettre que le Portugal a été impressionnant et si l’Allemagne veut atteindre les phases finales, elle devra la confronter un moment ou un autre.
MS : Concernant la Pologne, quelles sont ses chances de se qualifier en phase finale ? Quelle est l’équipe à notre portée et qui sera le vainqueur du deuxième match entre l’Allemagne et la Croatie ?
GL : A mon avis, nous ne devrions pas déjà penser contre qui nous pourrions disputer la deuxième place. La victoire contre l’Autriche est impérative. Il n’y a pas à spéculer pour savoir qui est la meilleure équipe entre la Croatie et l’Allemagne. Cette question se posera qunad nous aurons battu l’Autriche.
MS : Vous étiez au match contre l’Allemagne. Quelle était l’atmosphère après que Podolski a marqué deux fois, ôtant tout espoir aux supporters polonais ?
GL : Oui, c’est vrai. Il y avait un sentiment hostile à l’égard de Podolski. Mais ça peut être aussi vrai si Roger Guerreiro devenait un joueur de renommée et devait jouer contre le Brésil. Le même sentiment de trahison pourrait ressortir. Lukas Podolski a pris la décision de jouer avec l’Allemagne et, personnellement, je respecte ça. J’ai un grand respect pour son attitude et ses déclarations publiques sur son identité polonaise. Il a vécu en Allemagne depuis son enfance et a gardé un lien très fort avec la Pologne, ce que j’apprécie. A Klagenfurt, il a parlé aux joueurs polonais, échangé son maillot et il n’y pas d’hostilité dans les vestiaires.
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