Le festival de Cannes, loin des stars et des paillettes

Nous allons suivre tout le festival à travers les yeux de nos Observateurs sur place. Pas des stars, mais de jeunes acteurs, réalisateurs, cinéphiles, qui participent pour la première fois au prestigieux festival de cinéma. Ici, un jeune vidéaste venu faire la promotion de son court métrage et un étudiant qui écume les projections et fait la chasse aux "invits" pour les soirées privées.

"J’ai l’intention d’accoster les gens"

Cedrick Spinassou, 29 ans, vient à Cannes pour y faire la promotion de son court métrage.

Je suis venu avec le coscénariste de mon court métrage, Jour blanc, et avec notre attaché de presse. Nous avons loué un petit appartement à un kilomètre de Cannes. Je suis là pour faire des contacts et montrer mon film à des professionnels. Jour blanc est présenté dans le cadre du Short film corner, avec 2000 autres productions. Ca se passe au deuxième étage du Palais des festivals. Il y a des bornes interactives où les gens accrédités - des producteurs, des réalisateurs, etc. - peuvent venir visionner nos court métrages. Si mon film les intéresse, ils peuvent trouver mes coordonnées sur ces bornes.

 

Je viens d'arriver et je ne sais pas exactement comment ça va se passer. Mais j'ai l'intention d'accoster des gens du festival pour leur montrer Jour blanc. J'ai préparé des tracts, des DVDs et des tee-shirts que je peux distribuer. J'espère que je vais réussir à convaincre des producteurs de s'intéresser à mon film."

La bande annonce de Jour blanc.

"Le plus dur, ça va être le soir, car toutes les soirées sont privées"

Vincent Dozol, étudiant à l'Institut d'études politiques d'Aix en Provence, est au festival "en touriste" avec des membres de son association, les Bobinophiles.

Je suis au festival avec trois amis. Cannes nous a toujours fait rêver et on voulait voir à quoi cela ressemblait en vrai. C'est à peu près ce qu'on avait imaginé, en plus petit. La montée des marches, par exemple, on a l'impression que c'est géant à la télé, alors qu'en fait c'est dans un espace assez confiné.

Nous avons pu obtenir une accréditation grâce à notre association. Et du coup nous avons le droit d'assister à des projections. Pas les projections principales au Palais des festivals, mais les petites qui sont organisées un peu plus loin dans Cannes. Pour voir les films en compétition, il faut que l'on tombe sur des bienfaiteurs qui nous donnent des places.

Pour l'instant on a eu de la chance. On a par exemple trouvé un type qui disait être 'du milieu' et qui avait plein d'invitations en trop. Une autre fois, ce sont des gens qui s'étaient fait refouler de la projection parce qu'ils n'étaient pas assez bien habillés, qui nous ont refilé leurs places. Moi, j'ai toujours un smoking et un nœud papillon. Pas des vêtements de marque, mais ça passe bien.

La journée, notre programme est chargé. On compte assister à environ cinq projections par jour. Les dernières séances finissent à 2h du matin ! Mais le plus dur, ça va être les soirées, car elles sont toutes privées. Il faut soit avoir une invitation, et je ne sais pas comment on les obtient, soit faire partie de la jet set. Mais je suis sûr qu'on va trouver le moyen de s'amuser."

"Hier, j’ai bossé de 9h30 à 23h30"

Jonathan Kugel est stagiaire pour la sélection Un certain regard du festival de Cannes.

Mon boulot c'est d'accompagner les équipes des films sélectionnés au photo call, c'est-à-dire la séance de shooting qui se déroule sur une terrasse du palais des festival. Je n'arrête pas. Hier, j'ai bossé de 9h30 à 23h30. Je fais ça parce que je suis passionné - je suis étudiant en cinéma à la Sorbonne. Car nous sommes seulement payés 300 euros pour la quinzaine et avec ça on doit se débrouiller pour trouver un logement.

 

Pour l'instant, ça s'est bien passé. Les artistes sélectionnés pour Un certain regard sont rarement des stars, ils ne nous prennent pas de haut. Ce matin j'ai accompagné Michel Gondry et on est resté bloqués à tous les contrôles de sécurité parce qu'il n'avait pas le bon badge. Et bien il ne s'est pas énervé et il a continué de déconner. Très sympa."

"Les blockbusters de l'été n'ont rien à faire à Cannes"

Nick Plowman est étudiant à Johannesbourg en Afrique du sud. Fan de cinéma, il tient le blog Fatacultur.

Je ne pense pas que le festival ait autant d'influence qu'avant. Quand on voit les grosses productions qui y sont présentées, on comprend que ce festival n'est plus si différent des autres. Selon moi, il devrait se concentrer sur les petits films, ceux qui sont en marge. Les blockbusters de l'été [qui sont présentés hors compétition] n'ont rien à faire à Cannes. Mais je pense que suffisamment de cinéphiles vont être énervés par les projections de Kung Fu Panda et Indiana Jones pour que cela change l'année prochaine. Et puis je suis sûr que d'avoir des acteurs comme Sean Penn et Natalie Portman dans le jury va faire pencher la balance vers des petites productions vraiment artistiques."

Commentaires

le festival de Cannes

Quelle "branlette intellectuelle" ce festival de Cannes, chaque année c'est le même cirque médiatique avec son cortège de peoples venus entre eux se regader le nombril devant des films d'auteurs dépressifs et déprimant pendant que dehors y a tous les beaufs à l'affût d'une photo de ces pseudos stars.
"Les blockbusters de l'été n'ont rien à faire à Cannes" bien au contraire c'est ça le Cinéma, c'est populaire dans le bons sens du terme et non pas élitiste, intimiste, réservé à une caste de gens de la profession qui veulent transformer le 7ème art en Opéra.Indiana Jones vs un film finlandais, pour moi le choix est vite fait, le Cinéma c'est du divertissement, de l'ententairment ou l'on peut faire passer des émotions et parfois un message mais si on veut se prendre la tête, il faut lire un bouquin de Kundera.Le Cinéma français élitiste avec ses thèmes récurrents ( crise de la quarantaine, critique de la société bourgeoise, "je t'aime moi non plus" ) m'insupporte au plus profond.Et puis attention , si on a pas aimé ces croutes, c'est qu'on a rien compris selon ces experts cinéphiles...
Des chefs d'oeuvres "grand public" c'est ça par exemple : Citizen Kane, 12 hommes en colère , Boulevard du Crépuscule, etc...Voilà le Cinéma.
Quant aux stars d'aujourd'hui, no comment.



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