Notre Observateur tabassé, il avait révélé des fraudes électorales

L'un de nos Observateurs en Russie, Grigori Belonuchkin, nous avait fait parvenir, en décembre dernier, les preuves de fraudes électorales lors des élections parlementaires. Il a été tabassé mardi et est toujours hospitalisé. Dans moins de deux semaines, il devait témoigner sur ces fraudes devant la justice.

Grigori était sorti de chez lui pour aller à la rencontre de deux jeunes inconnus qui disaient vouloir lui parler. Ces derniers l'ont jeté au sol, puis frappé à la tête à coups de pieds.

Bien que Grigori ne soit membre d'aucun mouvement politique, il avait suivi les élections parlementaires de décembre en tant qu'observateur pour le Parti communiste. Basé dans un bureau de vote de la banlieue de Moscou, il avait pu photographier des documents électoraux falsifiés. Nous avions publié ses clichés le 5 décembre 2007.

Le procureur ayant refusé d'enquêter sur la fraude, l'activiste a porté lui-même l'affaire devant les tribunaux. Il était appelé à témoigner le 15 avril.

Nous n'avons pas encore pu entrer directement en contact avec Grigori, toujours hospitalisé.

"Grigori avait reçu des menaces téléphoniques"

Andrey Buzin, un activiste ami de Grigori :

L'agression de Grigori Belonuchkin est sans aucun doute liée à son témoignage dans l'affaire de fraude électorale. Avant d'être attaqué, il avait reçu des menaces téléphoniques. Même si l'administration municipale, qui organise les élections, n'est pas directement liée à cette agression, il est clair que la bureaucratie russe est responsable de ce crime. Grigori avait averti la police sur les menaces, mais il n'ont rien fait. Il avait également transmis au procureur les preuves de fraudes qu'il avait rassemblées. Mais celui-ci avait déclaré qu'il n'y voyait « aucun élément criminel ». Pourtant, des fraudes évidentes ont été repérées, à Moscou et en province, lors de l'élection de la Douma. Et les responsables de ces fraudes n'ont pas été punis. C'est pour cette raison que ces brutes s'en sont prises à Grigori, parce qu'elles se sentent protégées par l'administration russe."


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