Un campement de sans abris, sans eau courante ni électricité, s'est développé à quelques kilomètres de la très riche Los Angeles. Un ancien sans abri nous raconte sa vie dans cette « ville de tentes » et un responsable d'association nous explique que, contrairement à ce qui a été rapporté par les médias, personne n'est là à cause de la crise des subprimes.
Au départ, en juillet dernier, 18 personnes avaient été autorisées à s'installer sur ce terrain vague. Mais au fil des mois, le campement a été squatté par plus de 400 personnes venues des quatre coins des Etats-Unis. Les habitants de la ville des tentes, pour la plupart jetés à la rue depuis peu, partagent six toilettes et quelques points d'eau. Le campement étant sur le point d'exploser, et les médias s'étant emparés de l'affaire, le maire d'Ontario, ville sur laquelle se trouve le campement, a annoncé que la moitié des résidents devraient retourner rapidement d'où ils sont venus.
Posté par "patricke 123" le 23 janvier 2008
Tommy Adams a vécu dans la ville des tentes pendant trois mois.
Ma femme et moi avons fait de la prison, à cause de
mauvaises décisions que nous avons prises. Quand nous sommes sortis, nous
n'avions nulle part où aller. J'avais perdu ma maison et tout ce qu'il y avait
dedans. Nous avons atterri dans la ville des tentes. Nous y avons suivi le même
enseignement biblique et nous étions inscrits aux alcooliques anonymes. C'est
là que nous avons réalisé que nous voulions passer le reste de notre vie
ensemble. Nous nous sommes mariés à l'église, mais tous les invités venaient de
la ville des tentes.
Vivre là-bas était difficile. Il fallait transporter des bidons de 20 litres d'eau jusqu'à notre emplacement dans le campement. Neuf douches sur dix étaient froides et il n'y avait pas assez de toilettes. Les poubelle débordaient tout le temps. Et puis il y avait ce froid. On ne pouvait pas y échapper.
Mais c'était un peu comme vivre dans un petit village. Je connaissais 90 % des gens. Avec ma femme, nous avons monté un ministère, le ministère du phare. Nous l'appelions notre balise d'espoir. Les gens de là-bas me manquent. Je les aime. Ils sont ma famille.
Nous sommes mariés depuis quatre mois maintenant et nous avons réussi à quitter la ville des tentes il y a deux mois. Pour s'en sortir, il faut y croire vraiment. Un ami m'a aidé à trouver une maison, mais je paie un loyer. Je travaille maintenant. J'achète des produits en gros et je les vends sur les marchés. Je connais six autres personnes de la ville des tentes qui s'en sont sorties. Ma vie est magnifique. J'ai tout ce que je désire : une femme magnifique, une maison, un véhicule, un ordinateur. J'y suis arrivé. Je suis un membre productif de la société maintenant. On y retournera pas."
Gabriel Provencio fait parti d'un groupe d'évangélistes qui travaille au sein de la ville de tentes.
Je dirais que la plupart des gens
qui habitent ici sont des sans abris chroniques, plutôt que temporaires. Il y a
quelques exceptions, par exemple une famille dont la maison a brûlé. Mais je ne
connais personne qui habite là à cause de la crise de subprimes, comme cela a
été affirmé dans les médias. Les médias ont monté cette affaire en épingle ces
derniers jours. C'est pourtant un problème de fond aux Etats-Unis. (...)
Le maire veut se débarrasser de ce camp parce que la situation lui a échappé. Les gens ont commencé à affluer de tout le pays et la municipalité a affirmé qu'elle ne pouvait pas s'occuper de tout le monde. La ville de tentes va être limitée à 170 résidents. Les autres devront partir.
Dans ce camp, il y a des travailleurs de 30 ou 40 églises différentes. Nous fournissons des vêtements, de la nourriture, nous aidons les gens à se procurer une carte d'identité ou à prendre rendez-vous chez le médecin."
Les personnes ne venant pas de la ville d'Ontario sont priées de partir. Le 17 mars 2008.
Commentaires
La BBC a fait le même type
Soumis par Anonyme (non vérifié) le dim, 23/03/2008 - 13:48.La BBC a fait le même type de reportage, en expliquant que ces gens étaient là à cause de la crise de Subprimes. C'était faux, la BBC a fait du sensationnalisme?
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