Depuis, la blogosphère et la société civile marocaines ne décolèrent pas. Les jeunes, en particulier, ne comprennent pas pourquoi une plaisanterie, sans aucune intention crapuleuse, a débouché sur une condamnation aussi sévère. Samedi dernier, au Maroc et dans plusieurs pays européens, des manifestations ont été organisées pour demander la libération du prisonnier de Facebook.
Amina, la Sœur de Fouad Mourtada :
La mobilisation
internationale en soutien à Fouad ne fait que grandir jour après jour. Au-delà
de sa famille, des milliers de citoyens
du monde soutiennent mon frère. Le Maroc
est le premier pays à poursuivre un
internaute pour la création d'un faux
profil sur Facebook. Le monde entier nous observe maintenant. De nouvelles décisions
injustes seraient néfastes pour l'image du Maroc, pays considéré jusqu'alors comme
en avance sur ses voisins dans le domaine de la démocratie. Emprisonner Fouad
est une injustice atroce. Mon frère est
un jeune ingénieur en informatique qui a choisi de rester dans son pays pour le servir, alors
qu'il avait la possibilité d'aller travailler ailleurs. L'emprisonner, ce n'est
pas seulement infliger à ses parents et
sa famille un grand drame. C'est bien plus que ça : c'est briser les ambitions et les rêves de beaucoup de jeunes Marocains qui s'identifient à lui, c'est ébranler leur foi et leur confiance en leur pays, en sa
justice et en sa transition démocratique.
C'est réduire à néant tous les efforts qui ont été consentis pour
promouvoir la liberté d'expression et les droits de l'homme dans le pays. Ca
serait un grand gâchis et un mauvais signe envoyé aux citoyens, aux touristes et aux investisseurs qui croient en
ce pays. Nous voulons croire que le Maroc du XXIème siècle ne laissera pas une
telle injustice se produire. Nous espérons que notre pays ne va pas décevoir
tous ceux qui suivent cette affaire et soutiennent Fouad ".Mohamed Zainabi, notre Observateur au Maroc. Il a participé à la manifestation de soutien à Rabat :
L'affaire Fouad Mourtada ne
laisse personne de marbre. Ce samedi 1er mars, des manifestations ont été
organisées dans plusieurs pays, et bien sûr à Rabat. Dans la capitale du Maroc,
cette manifestation avait valeur de symbole. Elle s'est déroulée devant l'école
Mohammedia où Fouad a été formé Mourtada. De nombreux ingénieurs de la même
école sont venus lui exprimer leur solidarité. Ils n'étaient pas les seuls. A
leurs côtés, il y avait des militants de l'association marocaine des droits de
l'homme, des blogueurs, des membres de Facebook et d'autres utilisateurs
d'Internet venus de Casablanca et d'ailleurs. Tous ont protesté contre
l'injustice qui a frappé Fouad. Tous ont plaidé pour sa libération. De l'avis
général, la condamnation de Fouad Mourtada - en première instance - à une peine de trois ans de prison ferme assortie d'une amende de 10 000, simplement parce qu'il s'est pris pour le prince Moulay Rachid sur Facebook, est une grave injustice. "Nous risquons tous le sort de Fouad", m'a dit un ingénieur en herbe. Il est clair que cette affaire crée un véritable malaise au Maroc.
Posté par DemocracyProjects le 3 mars 2008.
Publiée par " Houdac ", Casablanca, Maroc le 2 mars 2008
Publiée par " Miriam ", Marrakech, Maroc le 26 février 2008
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Commentaires
The Prince and the judge
Soumis par Anonyme (non vérifié) le jeu, 06/03/2008 - 15:27.The Prince and the judge should both be fined for having no sense of humour.
Utilisateur non inscrit
Fouad
Soumis par Anonyme (non vérifié) le jeu, 06/03/2008 - 00:46.My wife and I will visit Morocco later this month. We often visit the WEB site, Facebook.
Will we be arrested for visiting the site supporting Fouad? Will we be arrested if we are overheard saying something the authorities consider to be insidious?
Utilisateur non inscrit