"Chavez a décidé d’envoyer des tanks en direct à la télé !"

Depuis l'intervention de l'armée colombienne en Equateur, pour exécuter le numéro deux des FARC, Raul Reyes, c'est la crise entre Chavez, Uribe et Correa.

L'intervention colombienne a déclenché l'ire de l'Equateur, bien sûr, dont l'intégrité territoriale a été violée, mais aussi du Venezuela, qui accuse le président colombien d'avoir fait échouer les négociations en cours sur la libération des otages. Ces deux pays ont mobilisé des troupes près de leurs frontières avec la Colombie et rappelé leurs ambassadeurs à Bogota. Le président colombien Alvaro Uribe a immédiatement riposté, déclarant que des documents saisis lors de l'intervention prouvent que Rafael Correa et Hugo Chavez soutenaient directement les FARC et que ce dernier leur avait même apporté un soutien financier massif.

Dossier réalisé avec l'aide de notre Observateur en Argentine, Johana Kunin.

" Toi qui le peux, marche contre les FARC "

Le 3 février 2008 à Bogota. Agence BBDO.

" Chaburrin et Correin (Hugo Chavez et Rafael Correa) "

Photo de Freddy Armas

Je vous présente Chaburrín et son humble mascotte, Correin. Tout ce que Chaburrín parle, Correín le répète. En tournée bientôt en Colombie, au Venezuela et en Equateur Ne manquez pas ce spectacle!"

"Cette affaire aggrave les problèmes d'approvisionnement"

De notre Observateur José Luis Restrepo, un avocat à San Cristobal, à la frontière entre le Venezuela et la Colombie :

San Cristobal est une ville de moins d'un million d´habitants située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière colombienne. Beaucoup de ses habitants sont d´origine colombienne, comme moi-même, et beaucoup vivent du commerce avec la Colombie. Pour nous, ces derniers jours ont été très intenses. Nous sommes très inquiets quant à l´évolution de ce conflit.

Aujourd'hui, le gouvernement a annoncé la fermeture de la frontière, mais cette fermeture n'a été effective que 20 minutes. (...) Les supermarchés étaient pleins aujourd'hui. Les gens se ruaient sur les produits. Cette affaire aggrave les problèmes d'approvisionnement auxquels nous sommes déjà confrontés depuis quelques mois. On fait la queue pour l´essence et il n´y a plus assez du gaz pour nos maisons. Mais on n'a vu aucun mouvement de troupe et la police semble travailler comme d´habitude."

Portrait de José Luis Restrepo

José Luis Re...

  • Venezuela
  • Lawyer

"Les militaires vénézuéliens ne veulent pas se battre"

Iria Puyosa est chercheuse en sciences sociales à Caracas, au Venezuela :

Ce conflit entre le Venezuela et la Colombie nous inquiète beaucoup. Les gens que je côtoie (principalement des professeurs d'université, des chercheurs et des journalistes : la plupart des opposants de gauche à Chavez), pensent que nous devrions promouvoir un mouvement pour la paix dans la région andine. (...)

On craint les conséquences d´une action militaire vénézuélienne contre la Colombie, causée par les excès d'humeur du président Chavez. Il semble que les militaires vénézuéliens ne veulent pas se battre, mais ils doivent obéir aux ordres présidentiels de mobilisation à la frontière. Nous rejetons une implication des Etats-Unis dans ce conflit. Malgré un mécontentement croissant contre le gouvernement de Chavez, les Vénézuéliens sont majoritairement contre une intervention américaine sur notre territoire ou sur les territoires colombiens ou équatoriens."

Portrait de Iria Puyosa

Iria Puyosa

  • Venezuela
  • Social science researcher, public opinion researcher, university faculty

"Chavez a pris cette décision [d'envoyer l'armée] pendant son programme de télé "Aló Presidente" !"

Karelia Espinoza Tartaret est enseignante en sciences politiques à Barquisimeto, au Venezuela :

Qui a pris la décision de fermer l´ambassade du Venezuela en Colombie et de mobiliser nos troupes à la frontière ? L´Etat ? Non, Hugo Chavez. Et il a pris cette décision pendant son programme de télé "Aló Presidente", comme s´il était en train de choisir la couleur de la chemise qu'il allait porter ce jour-là. Il a pris cette décision à la légère, alors qu'elle peut mettre en danger la démocratie dans notre pays et sur tout le continent.

Selon notre Constitution, seul l´Etat peut décider de mobiliser l'armée. Et quand on parle de l´Etat, on ne parle pas que d´une seule personne, on parle de l´institution, qui doit respecter des lois. Comment est-il possible qu´une seule personne (...) ait pu décider, sans consulter personne, d'attaquer un pays frère ? (...)

Notre président s'estime légitime parce qu'il a gagné des élections, mais il oublie qu´Uribe a été élu aussi et qu'il est très populaire en Colombie. La majorité de nos frères colombiens refusent la guérilla. Uribe n´a pas promis des maisons, des hôpitaux ni des conneries populistes. Uribe a promis la « sécurité démocratique » et cela implique de mener une guerre contre les FARC. (...)"

Portrait de Karelia Espinoza Tartaret

Karelia Espi...

  • Venezuela
  • Political science scholar and electoral campaign consultant

Jaime Restrepo est un journaliste colombien spécialisé dans les problèmes de défense :

Le président vénézuélien attendait un prétexte pour intensifier son siège de la Colombie et de son président. Ce prétexte est finalement arrivé.

L´opération colombienne a effectivement violé la souveraineté de l´Equateur. Mais il est clair que les FARC sont présents sur le territoire équatorien. Cette situation a été dénoncée par le gouvernement colombien, mais ses voisins n´ont rien fait pour empêcher les terroristes de se réfugier sur leur territoire. La négligence de l'Equateur a incité le gouvernement colombien à la méfiance. Au point de pousser Uribe à prendre une décision difficile mais nécessaire : lancer une opération militaire sans impliquer le gouvernent équatorien, en assumant les risques et les conséquences de sa décision.

Depuis la mort du terroriste Raul Reyes, qui a été déjà condamné 20 fois par la justice et contre lequel 120 procès étaient en cours (pour terrorisme, assassinat et même pédérastie), le Venezuela et l´Equateur essaient de minimiser leurs relations avec les FARC, pourtant décrites dans les documents retrouvés sur les ordinateurs saisis lors de l'attaque du camp de Reyes. (...)"

Portrait de Jaime Restrepo

Jaime Restrepo

  • Colombia
  • Journalist and social communicator

"Messieurs les gringos, que faites-vous du droit de l´Equateur à défendre son territoire ?"

Alfredo Vera est écrivain. Il vit à Quito, en Equateur :

Uribe est comme ce personnage de Luis Buñuel qui utilise un masque d´ange, alors qu'en réalité c'est un bourreau. Un bourreau pour ceux qui croient en une paix négociée et qui ne veulent pas d'un bain de sang, à l'instar de ce qu'a fait Bush en Irak.

Les Etats-Unis proclament leur soutien à la Colombie, expliquant que ce pays a agi en « légitime défense ». En envahissant l'Equateur ? Messieurs les gringos, que faites-vous du droit de l´Equateur à défendre son territoire ?

Bush et Uribe, avec leur Plan Colombie, ont poussé à l´internationalisation du conflit. (...)

Reyes et ses compagnons ne combattaient pas, ils dormaient et n´étaient même pas habillés lorsqu'ils ont été assassinés. (...)

On dit que des informations récupérées sur les ordinateurs des guérilleros abattus prouvent les liens de l'Equateur avec les FARC. Ca doit y être des ordinateurs blindés, car ce sont les seules choses qui n´ont pas été endommagées pendant l´attaque.

Reyes a été assassiné alors qu'il négociait un accord humanitaire portant sur un échange d'otages. Il avait déjà aidé à la libération de six otages. (...)

Monsieur Uribe : n´écoutez pas Hugo Chavez, que vous pensez être votre ennemi. N'écoutez pas les autres présidents d'Amérique ou les medias, ne m'écoutez pas non plus. Mais écoutez les voix des otages récemment libérés. Ne laissez pas votre orgueil vous conduire à la limite de la stupidité humaine pendant Madame Betancourt agonise."

Portrait de Alfredo Vera

Alfredo Vera

  • Ecuador
  • Writer, journalist, former Minister of Education of Ecuador

Commentaires

Et bien moi je vais le dire

Et bien moi je vais le dire haut et fort : Chavez me ferait peur si j'étais vénézuélienne. Envoyer des chars à la frontière avec la Colombie, comme ça, pour une incursion militaire qui ne concernait pas son pays, ça en dit long sur les intentions du nouveau lider maximo. Et puis il ne faut pas oublier que c'est une marque de soutien aux Farcs. Et que les farcs sont devenus des barbares. Les traiter comme un mouvement de libération respectable n'a pas de sens. Comme le dit l'un des commentaires : Uribe a été élu. Les Farcs, je crois pas.

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Nous parlons ici de Chavez

Nous parlons ici de Chavez et pas des FARC. Confusion des gens qui cache mal votre parti-pris.
Chavez a bien été élu et par une majorité. que FRANCE 24 diffuse 3 commentaires sur 4 anti-chavez ne relève pas d'une impartialité qui devrait pourtant prévaloir dans la cadre d'une chaine d'information, qui plus est financé par le contribuable.

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Nous parlons de Chavez

Chavez est un danger public pour son pays, il mobilise seul en direct à la télévision, il donne généreusement 300 millions de dollars aux FARC (qui l'avaient, il est vrai, sponsorisé en lui versant 150000 dollars en 1992 après sa tentative de putch pour prendre le pouvoir), il se proposait de donner des armes usagées pour renforcer la puissance militaire des FARC, il a rendu hommage au grand révolutionnaire qu'était Reyes et il décide d'un deuil national et vous voulez que nous dissocions cet apprenti dictateur des FARC?
Le numéro 1 des Farcs serait actuellement malade dans une finca au Vénézuela protégé par les bataillons de son ami Chavez.
Aujourd'hui Chavez est un des promoteurs du terrorisme en Amérique latine et le prix actuel du pétrole ne peut que nous inquiéter pour le futur pouvoir de nuisance de ce megalo paranoiaque.

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Ah parce que l'affaire n'a

Ah parce que l'affaire n'a rien à voir avec les FARCS? Vous êtes sérieux là? Chavez s'excite d'abord parce que les colombiens ont tué son pote Reyes. Et il est près à envoyer des chars pour le défendre. Et puis je sais pas si vous avez vu, mais il semble qu'i était prêt à lâcher 300 millions de dollars aux FARCS. Vous allez dire que c'est de la propagande d'Uribe. Mais s'ils le prouve, ça va commencer à être difficile d'affirmer que Chavez a rien à voir avec les Farcs.

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Il est tout de même bizarre

Il est tout de même bizarre de voir les "observateurs" de FRANCE 24 critiquer majoritairement les agissements de Chavez... Si FRANCE 24 se veut une chaine d'information, elle doit refléter toutes les opinions du peuple venezuelien.
Ne donner la parole qu'aux opposants fera ressembler FRANCE 24 à un Fox News francophone.
Et en tant que contribuable, j'attends de FRANCE 24, plus d'impartialité qu'un triste copier-coller des pensifs occidentalistes ...

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réponse

Je me sens indigné quand je constate avec regret l'attitude de france24 dans la désinformation au profit des vieilles habitudes pro-américaines.
J'ai honte.

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Faut pas, mon vieux, tu te

Faut pas, mon vieux, tu te fais du mal pour rien. Je te sens à deux doigts de nous la jouer théorie du complot. Les médias tous pourris. Tous Sarkozistes, anti-Chavez et anti-Castro... Ca sent la vieille gauche comme on a plus envie de la voir.

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Comme il est drôle de voir

Comme il est drôle de voir ce genre de réaction qui en plus d'être d'une certaine familiarité, se permet d'inventer des positions qui ne sont pas les miennes.
Et critiquer une prise de position en se positionnant soi-même politiquement parlant, cela enlève toute pertinance de votre jugement.
il ne s'agit ni d'être "veille gauche", ni "gauche moderne", ni "droite fun" ni tout ce que l'on veut. Il s'agit ici d'aboutir à une vision aussi objective que possible.
La France ne doit pas participer aux tendances "anti" de la vision américaine du monde. Nos intérêts ne sont pas toujours, et loin de là, ceux des Etats-Unis.
Après on peut penser ce que l'on veut de Chavez et autre, mais FRANCE 24, chaine française, se doit de donner un avis équilibré.

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Eh Fabrice, le côté il

Eh Fabrice, le côté il faudrait un 2/2 pour être équilibré, c'est un peu le degré 0 du journalisme. Il faut présenter les différentes opinions, ce qui est fait ici. Après, je le répète, un commentaire de chaviste en plus, pourquoi pas. Mais faut pas crier au loup. Et puis honnêtement, tu l'as trouve normale la réaction de Chavez? Tu les soutiendrais toi, les FARCS?

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Exprimer différentes

Exprimer différentes opinions bien sûr !
Mais voir 3 sur 4 d' "observateurs" au Vénezuela écrirent des "commentaires" anti-chavez, ce n'est pas équilibré.
Et que cela plaise ou non, Chavez représente la majorité des vénezueliens. Donc le minimum qu'on peut attendre d'une chaine co-financé par les fonds publiques, c'est un minimum d'objectivité.
Ce n'est pas le cas !

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J'ai pas spécialement envie

J'ai pas spécialement envie de défendre France24, mais est-ce que vous avez lu le dernier commentaire? Il est clairement anti-Uribe et proche des positions de Chavez. Ils auraient peut être pu mettre un commentaire pro chaviste du Venezuela, c'est vrai. Mais je trouve que votre commentaire tombe un peu dans la victimisation facile. Et ça, désolé de le dire, c'est très chaviste.

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1 commentaire d'un

1 commentaire d'un "observateur" sur 4, vous trouvez cela équilibré ? A ce que je sache Chavez représente la majorité du peuple qui l'a élu.
Mon commentaire serait chaviste mais rien à redire sur les trois commentaires des "observateurs" clairement anti-chaviste ?
Cela confirme ce que j'ai exposé auparavant, à savoir le fait que l'orientation de FRANCE 24 n'est pas aussi neutre que cela.

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