« Seulement » une personne a été tuée. Il fut un temps où je
n'aurais même pas remarqué un attentat tuant une personne. Je vis toujours dans
l'attente qu'une bombe explose, et je classe mes amis en fonction de leurs
peurs : ceux qui veulent bien aller boire un coup dans un bar, et ceux qui
ont peur de le faire ; ceux qui dépensent tout leur argent dans des taxis
car ils trouvent le bus trop risqué.
Beaucoup pensaient que les responsables de l'attentat venaient de Gaza, à travers le Sinaï - ce qui s'est avéré faux - et ça a aggravé l'hystérie ambiante à propos de la frontière de Rafah [qui a été ouverte le 23 janvier 2008, à l'aide d'explosifs, par le Hamas].
L'un des kamikazes n'a pas réussi à détoner sa bombe et il a été liquidé par le policier Kobi Mor, maintenant surnommé « le héros du sud ». J'ai regardé les images de Kobi Mor en train de tirer sur le kamikaze blessé, à trois reprises. Je sais que c'était une intervention délicate, car si le policier l'avait raté, le kamikaze aurait pu faire exploser sa bombe. Mais, très vite, je me suis sentie écœurée par ces images qui tournaient en boucle, et par moi qui ne pouvais pas m'empêcher de les regarder ».
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