Des villageois expulsés pour « développer » les zones rurales

Par notre Observateur en Chine, Zhang.

En moins de quatre ans, plus de 70% des habitants du village de Taiping, dans la province de Chengdu (sud-ouest), ont été expulsés par les autorités. Malgré les protestations des habitants, il n'y a plus aujourd'hui que 300 maisons dans ce village qui en comptait 1000 avant le lancement du programme d'expropriation. Et le projet de développement immobilier continue. Récemment, 33 000 mètres carrés de terrain détenus par la collectivité locale ont été vendus à des entrepreneurs immobiliers, dans le plus grand secret, pour un montant de 1,2 millions de RMB (115 000 euros). Une très petite somme compte tenu de la valeur réelle du terrain.

Deux villageois, dont l'un âgé de 82 ans, ont été hospitalisés à la suite de l'intervention de la police anti-émeute, ce vendredi. Les autorités ont coupé l'eau et l'électricité dans tout le village pour de forcer les habitants à partir. Ces derniers ne reçoivent que 3% du prix de vente du terrain sur lequel ils étaient installés. Ceux qui ont tenté de porter plainte sont actuellement derrière les barreaux.

Contributeurs

Vidéos


Video publieé sur YouTube par ‘RFAVideo', le 18 janvier 2008.

Les villageois sont empêchés de regagner leur domicile, à Taiping, par la police anti-émeute.

 


Vidéo publiée sur YouTube par ‘RFAVideo', le 11 janvier 2008.

Des expulsions forcées sont organisées partout en Chine. Ici, 400 policiers organisent la démolition d'habitations à Chengdu, capitale du Sichuan (centre).

 

 


Video publieé sur YouTube par ‘RFAVideo', le 31 décembre 2008.

Les autorités de Dongguan, une ville du sud de la Chine, ont forcé un millier d'habitant à vendre leur maison à un prix fixe de 800 euros. Elles ont ensuite revendu chacune de ces habitations 8000 euros. Sur cette vidéo tournée le 26 décembre 2007, les villageois protestent contre cette vente forcée, mais sont repoussés par la police. Dix manifestants ont fini à l'hôpital.

 

Le commentaire du blogueur chinois He Weihua, de Leiyang City, Hunan Province

En un an, les autorités de Pékin ont recensé 22 395 atteintes à la propriété privée de citoyens chinois. Ces infractions ont commencé après que le Conseil national ait donné l'autorisation aux entrepreneurs immobiliers, en janvier 2007, de construire dans les zones rurales. En septembre de la même année, le département du Développement et de la Réforme a accéléré la réforme en annonçant qu'il voulait « urbaniser » les campagnes et que 75% des ruraux allaient devoir émigrer en ville.

Si cette politique est appliquée, 300 millions de paysans vont bientôt affluer en ville. Et 300 millions d'habitations ou de petites fermes vont ainsi être récupérées par le gouvernement. Ca va simplement enrichir les plus riches.

L'urbanisation actuelle est sans conteste la troisième révolution chinoise. Mais en expulsant ces villageois, le gouvernement enfreint leur droit à la propriété privé, qui fait partie des droits de l'homme."



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