Le guide suprême rappelle Ahmadinejad à l’ordre

L'ayatollah Khamenei, guide suprême de la révolution, a écrit lundi à Mahmoud Ahmadinejad, notamment pour lui ordonner de débloquer des fonds pour approvisionner en gaz des villages reculés d'Iran. Ce désaveu public pourrait affaiblir la position d'Ahmadinejad, dont la politique économique suscite déjà un mécontentement croissant au sein de la population. Alors que l'Iran connaît un hiver extrêmement rude, la hausse des prix du gaz et du pétrole est au centre de l'actualité locale, bien plus que les débats sur le nucléaire. L'un de nos Observateurs pour l'Iran, Reza Moini, nous explique que pourquoi le conflit entre les deux leaders de la république islamique s'est envenimé cette semaine.

Commentaire de notre Observateur pour l'Iran Razi Moini

Reza Moini vit Paris. Fin connaisseur de la politique iranienne, il tient à jour le site web Bidaran.net.

La querelle entre Khamenei et Ahmadinejad ne date pas d'aujourd'hui. C'est une guerre interne à la république islamique qui dure depuis l'élection du Président. Mais jusqu'alors le Parlement soutenait Ahmadinejad. Et ça n'est plus le cas. L'ayatollah tient à se distancier publiquement de son Président avant les élections législatives du 14 mars. Il va d'ailleurs tenter de se débarrasser des députés pro-Ahmadinejad lors de cette élection. Khamenei dispose pour cela d'un atout majeur. Il contrôle le Conseil des gardiens de la constitution, chargé de valider les candidatures à l'élection législative.

Khamenei montre son désaccord avec la politique économique d'Ahmadinejad, qui irrite la population. L'an dernier, une quarantaine d'économistes, pourtant proches des autorités, ont écrit une lettre ouverte dans laquelle ils dénonçaient cette politique, dont ils expliquaient qu'elle était incohérente et menait le pays droit dans le mur. Ahmadinejad fait des promesses, mais l'économie est en ruine. Le tissu économique local se désagrège et le pays dépend presque exclusivement de ses importations.

Les Iraniens se demandent où passe l'argent du pétrole. Le prix du baril était à 53$ sous Khatami, en 2004. Il est aujourd'hui de 100$. Où est donc passé cet afflux de devise ? La question énergétique est d'autant plus d'actualité que l'Iran connaît une vague de froid exceptionnelle. Il a fait jusqu'à -24°c dans le nord de l'Iran, des températures qui ont déjà causé entre 300 et 400 morts dans le pays. Téhéran a été bloqué pendant cinq jours à cause de la neige. Et le gouvernement semble incapable de réagir. Il y a un texto qui circule en ce moment en Iran : « L'argent du pétrole aide les irakiens, les afghans, les palestiniens, le sud-Liban. Pourquoi pas nous ? "

Neige à Téhéran

Photo de Mostafa, Téhéran – 16 janvier 2008. Sa page Flickr.

Portrait de Mostafa Darvishzadeh

Mostafa Darv...

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Commentaires

Je comprends pas bien. Il

Je comprends pas bien. Il préférait Khatami, le grand Ayatollah? Je pensais qu'Ahmadi et Khamenei étaient comme cul et chemise? Est-ce que ça peut pas être aussi une manipulation du régime pour rester en place. Le genre, tu fais fusible pour que je reste populaire, ambiance Raffarin/Chirac, alors qu'ils sont tous dans le même bateau?

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