Travailleurs migrants, les nouveaux esclaves

Dossier de Zhang, éditrice régionale « Chine »

Il y aurait aujourd’hui près de 200 millions de travailleurs migrants en Chine (120 millions selon les chiffres officiels), pour la plupart des paysans du sud qui s’installent dans des villes de l’est du pays pour travailler dans la construction, la restauration ou dans des mines. Ils travaillent 11h par jour, parfois plus, dans des conditions difficiles et pour un salaire moyen de 60 euros par mois. Ils ne bénéficient d’aucune protection sociale ou d’assistance médicale. Surtout, ils n’ont aucun moyen de s’opposer à leur employeur.

Témoignage d’un travailleur migrant

Voici ce que dit le vieil homme, avant d’éclater en sanglots : « Je suis venu ici pour un contrat de quatre ans. J’ai travaillé trois mois de plus, mais mon patron ne m’a pas payé ». Il dit que le gouvernement ne le paie pas. « Je ne me nourris plus que de légumes et de céréales. Je viens de la province du Henan. Je n’ai pas assez d’argent pour rentrer chez moi. (…) Ma femme souffre de cataracte et elle ne voit plus rien. Mais je n’ai pas d’argent pour la faire soigner. On ne peut pas rentrer chez nous… »

Cette vidéo a été reprise sur le site www.tvix.cn.

La vie sur un chantier

Cette vidéo a été reprise sur le site www.qiuhao.net.

Travailleurs funambules…

Cet ouvrier travaille le long d’une façade, à plusieurs mètres de hauteur, sans aucun dispositif de sécurité.

Cette vidéo a été reprise sur le site

Portrait de Briches

Briches

  • China

Interview d’un migrant par un étudiant chinois : « Il travaille 11h30 par jour… »

Ce blog publie plusieurs essais rédigés par des étudiants chinois sur le problème des travailleurs migrants. Le billet suivant est l’un de ces essais.

Jiang Yousheng est arrivé à Jiangsu Qidong [ville proche de Shanghai] en 1992 et s’y est installé. Au départ, lui et sa femme gagnaient 5 000 yuans par an (465 euros) en travaillant dans une fabrique de briques et de carreaux. C’était beaucoup plus qu’ils n’auraient pu gagner dans leur village.»

Aujourd’hui, ils sont payés 30 000 yuans par an (2 800 euros), car Jiang est devenu manager. Mais ce dernier ne peut toujours pas payer les frais scolaires de ses enfants. Il travaille de 1h30 à 8h, puis de 12h à 17h, soit 11h30 par jour. (…)

Il y a cinq ou six ans, la police locale lui a demandé de payer un loyer supplémentaire pour son logement, au motif que ce n’était qu’un habitat temporaire. En réalité, c’est de l’argent qui est allé directement dans la poche des policiers.

Il n’a pas été facile d’interviewer Jiang. Les travailleurs migrants ne parlent pas facilement de leur vie. Ce sont des gens qui changent souvent de travail, qui ne signent pas de contrats et qui sont dépendants de la bonne volonté de leur employeur pour être payés. (…) Les autorités n’assument pas leurs responsabilités envers ces gens. Pour eux, la justice n’existe pas. »

Commentaires

Mon analyse

Il est toujours navrant de voir les situations précaires dans lesquelle les gens (sur)vivent.
Néanmoins, je veux rester optimiste. En effet, cela me fait penser à la France du début de la révolution industielle jusqu'au début du XXs. Je pense qu'avec le temps la Chine va devoir répondre aux revendications sociales et salariales des chinois, et ainsi suivre le chemin des autres pays ayant choisi l'économie capitaliste et libérale.
Cependant, cela va prendre du temps car pour l'instant la Chine se préoccupe bien plus de sa croissance qu'aux bien-être de ses habitants.
Gardons espoir... .

Bonne continuation à toutes les personnes faisant vivre ce site qui est, pour ma part, une bonne initiative.

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