L’Uruguay veut tourner la page de la dictature

uruT.jpg

L'ex-dictateur uruguayen Gregorio Alvarez a écopé de 25 ans de prison pour des atteintes aux droits de l'Homme perpétrées pendant la dictature au début des années 80. Une condamnation qui, en fonction du vote de dimanche, pourrait être suivie de beaucoup d'autres.

Le général Gregorio Alvarez, 83 ans, au pouvoir de 1981 à 1985, était inculpé de 37 homicides aggravés. Aujourd'hui, il est le huitième responsable impliqué dans les répressions de 1973 à 1985 à être condamné. Une liste qui pourrait s'allonger si les Uruguayens se prononcent, dimanche, en faveur de l'abrogation de la loi de "caducité pénale", en marge du scrutin présidentiel. Cette loi, votée en 1986, empêche les poursuites contres les militaires et les policiers au nom de la réconciliation nationale.

Près de 6 000 personnes ont été emprisonnées pour raisons politiques pendant la décennie de dictature, soit l'équivalent d'un citoyen sur 500. Et 300 000 autres ont préféré fuir le pays pendant cette période, ce qui représente un dixième de la population du pays.

Les électeurs devront glisser un bulletin rose dans l'enveloppe du scrutin présidentiel s'ils souhaitent voir cette loi abrogée. Mais deux décennies après l'avènement de la démocratie, ce texte reste très controversé. En guise de soutien, 60 000 personnes vêtues de rose ont défilé dans les rues de Montevideo, la capitale du pays, le 20 octobre.

ACTUALISATION (27/10/09 - 09h42) : seulement 47.36% des votants se sont prononcés pour l'abrogation de la loi d'amnistie de la dictature. Elle est donc maintenue. L'ancien guérillero Jose Mujica a remporté 48% des scrutins. Lors du second tour le 29 novembre, il sera face à Luis Alberto Lacalle, personnalité de centre droit.

 

Contributeurs

"Tous les ans, des milliers de personnes marchent en silence, mais cette fois-ci, les gens applaudissaient"

Carlos Dossena est publicitaire à Montevideo.

Cela fait 20 ans que nous vivons avec cette loi. Mais aujourd'hui, nous sommes tous au courant de ce qui s'est passé pendant la dictature militaire, les disparitions, les détentions, la torture et les enfants "adoptés" [enfants replacés dans des familles sympathisantes du gouvernement après que leurs parents aient été éliminés]. On ne peut pas continuer à donner cet héritage aux générations futurs.

Tous les ans, le 20 octobre, nous organisons une marche en l'honneur de tous ceux qui sont tombés pendant la dictature. Tous les ans, des milliers de personnes marchent en silence avec des photos des victimes. Mais cette année, c'était différent. Pour la première fois, les gens applaudissaient par anticipation du "oui" de dimanche. Même quand il a commencé à pleuvoir, personne n'a bougé. C'était très émouvant."

Portrait de Carlos Dossena

Carlos Dossena

  • Uruguay
  • Publicist

La marche pour l'abrogation de la loi

Posté sur Flickr par Luciano Dossena

Posté sur Flickr par Luciano Dossena

Posté sur Flickr par Luciano Dossena

Posté sur Flickr par Luciano Dossena

 

 

Posté sur Flickr par Naela

Répondre

Le contenu de ce champ est gardé secret et ne sera pas montré publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Add a class to show a quote mark.

Plus d'informations sur les options de formatage

CAPTCHA
Cette question vous est posée pour vérifier si vous êtes un humain ou un robot et prévenir le spam automatique.
Image CAPTCHA
Copiez les chiffres affichés dans cette image.