Paraboles interdites au Turkménistan

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Le régime turkmène n’est pas sur la voie de la libéralisation, selon ce blogueur spécialiste des pays de l'ex-URSS. La décision prise par son nouveau président d'interdire les paraboles, pour mieux contrôler l'information, l'a récemment confirmé :

Radio Free Europe a publié sur son site début novembre un article intitulé « Turkménistan: l'accès aux ondes à nouveau empêché ». Ce texte n'aborde pas uniquement le dernier discours du président Berdymukhammedov, dans lequel il exige de retirer toutes les paraboles des maisons d'Ashgabat. Il ouvre également la voie vers une réflexion plus large sur la politique intérieure du dirigeant turkmène. Citons d'emblée le chapeau de l'article, qui en résume bien le message :

« Depuis son accession au pouvoir cette année, le nouveau président turkmène Gurbanguly Berdymukhmmedov a fait naître l'espoir de réformer et d'ouvrir l'une des sociétés les plus répressives d'Europe. Mais la récente loi qui ordonne d'enlever les antennes satellites privées de toutes les maisons d'Ashgabat - les critiques voient là un moyen de bloquer l'accès à l'information indépendante- ternit déjà son image. »

A la lecture de cet article, je me pose une question à laquelle je demeure incapable de répondre. L'Occident est-il naïf au point de croire aux visées libérales d'un homme endoctriné par la propagande soviétique pendant des décennies ? Un homme qui a participé, par la suite, à la création d'un des régimes les plus répressifs au monde. L'instauration d'un nouveau système de retraites, la réforme du système éducatif, ou encore la suppression, pour les écoliers, du serment quotidien d'allégeance au président, peuvent-elles être considérées comme des avancées libérales ?

Cela me fait penser à l'attitude des commentateurs occidentaux envers Vladimir Poutine dans les premières années de son mandat. Il était alors décrit comme un réformateur libéral capable de transformer la Russie et de l'ouvrir à l'Occident. Quel est le résultat ? Alors que sous l'ère Eltsine, la Russie constituait un pays relativement libéral, elle s'est muée en un pays autoritaire régenté par les agents des services secrets, qui se replie peu à peu sur lui-même et se prend à rêver d'un retour à la « grandeur soviétique ». (...) Cependant, parmi tous ceux qui écrivaient sur Poutine-le-libéral, aucun ne s'est posé cette question, pourtant simple : un ancien agent du KGB (bien que les Russes aient l'habitude de dire qu' « il n'y en a pas d'anciens »), peut-il être libéral ?

C'est exactement la même question qui devrait être posée dans le cas de Berdymukhammedov. Un homme formé à l'université soviétique, qui a passé la moitié de sa vie à la cour de Turkmenbashi en bon petit soldat du régime et qui n'a jamais voyagé plus de quelques jours à l'extérieur de son pays, peut-il être libéral ? Je me risque à dire que non : il ne sait pas encore ce que signifie vraiment le libéralisme. (...)

Pour l'heure, l'Occident accorde encore sa confiance à Berdymukhammedov (...). Néanmoins, lorsque les pays occidentaux finiront par réaliser que rien n'est fait en faveur de la démocratisation, ils commenceront à critiquer le Turkménistan, au départ en douceur, puis de plus en plus sévèrement. Pour quel résultat ? Berdymukhammedov - comme Islam Karimov ou Nursultan Nazarbaev par le passé- se sentira injurié par l'Occident et choisira la voie de la coopération avec la Russie et la Chine. Pourquoi ? Parce que pour lui, la libéralisation et la démocratisation, c'est ce qu'il fait aujourd'hui au Turkménistan. Il ne connaît rien d'autre et ne peut même pas concevoir la libéralisation différemment. »

"Maciula", sur neweurasia.net

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Commentaires

Et ami de Bouygues

Et n'oublions pas que Niazov (le turkmene machin) était un grand copain de Bouygues. Ex : l'émission, jamais diffusée, qu'avait réalisé TF1 pour remercier le Président pour les nombreux contrats de construction accordés à Bouygues. http://www.bakchich.info/article2082.html

Utilisateur non inscrit

Mieux que le Turkmenbachi !

Ca peut pas être vraiment pire que le Turkmenebachi. Rappelons certains de ces exploits :il voulait créér un zoo au milieu du désert, avec des pingouins ; une photo de lui était affichait en permanence dans un coin de la chaîne de tv locale ; Il forçait tous les citoyens à lire son recueil de poèmes et d'aphorisme, le Roukhnama. Et pour finir une question du petit quizz imposé aux fonctionnaires turkmènes avant leur entrée en fonction (je cite Libé) :«Un cheval qui peut galoper quand il est gras, mais qui peut aussi galoper quand il est maigre, est-il un bon cheval ?» (réponse : oui ; voir la page 88 du Roukhmana). Non, franchemement, le nouveau ne peut être que libéral.

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