Tu prends des photos ? Tu dois être un terroriste
La police de Londres vient de lancer une campagne pour inciter les passants à se méfier des photographes ayant un comportement "suspect".
Cette campagne fait partie d'un plan de lutte anti-terroriste lancé par la police de Londres. Pendant cinq semaines, il est demandé aux bobbies d'interpeller et de fouiller toutes les personnes "étranges". Les passants sont quant à eux incités à dénoncer tout comportement "suspect". Ces mesures commencent à embarrasser une partie des Londoniens, notamment les photographes amateurs, qui en ont assez d'être contrôlés par les forces de l'ordre. Des "contre-campagnes" sont même apparues sur le Net pour dénoncer ces atteintes aux libertés publiques.
Les contributeurs
La campagne
La campagne de publicité a été lancée le 25 février 2008. Elle conseille de surveiller les photographes "étranges", les maisons à l'activité "inhabituelle" ou les utilisateurs "suspects" de téléphones portables.
"J’ai été arrêté trois fois en deux semaines"
Lorsqu'il a été arrêté par la police, notre Observateur, Nick Fine, a réussi à se prendre en photo en utilisant le retardateur de son appareil. Il a ensuite réalisé ce photomontage.
J'ai été arrêté trois fois en deux semaines. La première
fois, je prenais des photos de la circulation [voir les photos]. La deuxième,
j'étais face à des lignes de chemins de fer et j'avais un hélicoptère qui
volait au dessus de moi - c'est ce qui a dû déclencher les soupçons de la
police. Et la dernière fois, je prenais des clichés du Parlement. Je ne sais
pas exactement quelles sont leurs consignes, mais il est impossible de se balader
au centre ville sans se faire harceler. Ca m'énerve vraiment.
Je comprends bien qu'il faille sensibiliser le public, mais il faut garder un peu de bon sens. Depuis quand Al-Qaïda fait ses repérages sans se cacher, avec des appareils photos équipés de gros zooms et en plein milieu de la journée ? La police me fait perdre mon temps. Cette campagne a été lancée sans qu'on nous donne aucune information sur l'utilisation des appareils photos par les terroristes. Ce n'est qu'une campagne médiatique, et il est difficile de la prendre au sérieux ".
Les "contre-campagnes" qui circulent sur le Net
"Cette cravate est suspecte, elle pourrait cacher une caméra".
"Des milliers de policiers prennent des photos tous les jours. Et si l'un d'entre eux était 'étrange'?".
Cette campagne me fait apparaître comme quelqu'un de
bizarre, de suspect et comme un terroriste potentiel. La police suggère aux
passants de me dénoncer. On aide les terroristes en nous terrorisant nous-mêmes
(...) et en créant un climat de paranoïa et de suspicion.













