Ndumiso Ngcobo est professeur de Sciences à Johannesburg.
Ces vidéos m'ont remué. C'est choquant et débile. J'aimerais
pouvoir dire que c'est un incident isolé, mais ce n'est pas le cas. Ce genre de
choses arrivent. Mais il faut garder la tête froide et ne pas devenir aussi
stupides qu'eux. Ce qui me choque le plus c'est que ces jeunes sont censés être
des ‘intellectuels'.
Mais je ne suis pas surpris. Qu'est-ce qu'on peut attendre en seulement 14 ans [depuis la fin de l'apartheid]? On ne peut pas faire disparaître le mal en si peu de temps. C'est comme une maladie. Une fois que vous l'avez attrapée, elle est en vous et vous ne pourrez jamais vous en débarrasser complètement. Vous pouvez juste essayer de la contrôler. Ca n'est pas chose facile en Afrique du Sud. On peut juste espérer que la maladie ne se transmette pas à la prochaine génération."
Le blogueur Nick Vanderleek est étudiant à l'université Free state, où a été tournée la vidéo.
Avant de condamner, il faut être au clair sur ce qui s'est
passé. Peut-être que tout était joué, comme au théâtre. Si c'est le cas, alors
c'est beaucoup de bruit pour rien. Les médias, vous m'entendez ? Cette
vidéo arrive à un moment difficile pour les Sud-africains. Elle nous fait
retourner en arrière, sur des polémiques à la con entre noirs et blancs. Est-ce
qu'avoir le sens de l'humour est passible de prison ?Daniel Theunnissen est une sudafricaine de Port Elizabeth. Elle habite en Angleterre depuis 1999.
J'ai été vraiment choquée. Je ne pensais pas que ce genre de
chose se produisait encore en Afrique du sud. Quand j'y habitais encore, il y
avait certes une ségrégation de fait, car tout le monde pensait que les blancs
étaient meilleurs que les noirs. Mais on s'arrangeait. On vivait d'un côté, et eux d'un autre.
Il faut se rendre en Afrique du sud pour coprendre à quel point les Afrikaners ont encore une mentalité marquée par l'apartheid. Ce genre de chose a toujours existé, mais avant Internet on ne le savait pas."