Une vidéo amateur montrant un homme casser à coups de marteau une cinquantaine de téléphones portable suscite beaucoup de commentaires au Gabon. Et pour cause : les appareils appartiennent aux élèves d’un lycée de Port-Gentil, dont la plupart assistent, interloqués, à la cérémonie de destruction.

Les images ont été filmées le mercredi 24 octobre dans l’enceinte du lycée Joseph Ambourouet Avaro à Port-Gentil. Un homme, identifié comme un gardien de l’établissement, utilise un marteau pour démolir des téléphones portables étalés sur le sol.

La vidéo, vue un peu plus de 20 000 fois toutes publications confondues, a provoqué beaucoup de commentaires d’internautes sur Facebook. Certains estimaient qu’il n’était pas normal de détruire des appareils coûteux, d’autres expliquaient que les téléphones étaient des objets nécessaires pour les élèves pour joindre leurs parents à la fin des cours ou en cas de problème.

Contactés par France 24, au moins deux élèves du lycée ont confirmé que les confiscations de téléphones dans cet établissement n’étaient pas nouvelles, et s’étaient intensifiées depuis l’arrivée d’un nouveau proviseur en avril 2017. Néanmoins, c’est la première fois que des appareils sont ainsi détruits dans l’établissement.

"Nous avons voulu indiquer aux élèves que le règlement serait appliqué "

La rédaction des Observateurs de France 24 a contacté Daniel Esseng, censeur du scolaire 1 au lycée Joseph Ambourouet Avaro qui nous a fait parvenir les documents du règlement intérieur, et notamment une note datant du 21 juin 2017 stipulant sans équivoque : tout appareil, comme les téléphones portables, "saisi dans l’enceinte du lycée est immédiatement détruit" en dehors des cas de force majeure, comme les problèmes de santé par exemple.

Note transmise par les responsables de l'établissement et signée par le proviseur. La même indication se situe dans le carnet de correspondance des élèves que notre rédaction a pu consulter.

Daniel Esseng précise :

La majorité des téléphones qu’on voit sur la vidéo sont des stocks de téléphones confisqués au cours d 'années antérieures et qui etaient dans les bureaux de l'administration depuis parfois deux ans. Seulement quelques-uns saisis récemment ont été détruits dans cet amas.

Notre intention était de montrer aux élèves que dorénavant, le règlement sera appliqué à la lettre. J’ose espérer que ce genre de scène n’aura pas à se reproduire car les élèves auront compris le message.

Le représentant a indiqué que les responsables du lycée n’ont pas reçu, à sa connaissance, de plainte des parents d’élèves. De leur côté, les élèves contactés ont regretté ne pas avoir été informés oralement de ce changement dans le règlement intérieur.


Article rédigé par Alexandre Capron (@alexcapron)