Des camions de soldats qui circulent sous les applaudissements, des foules chantant les louanges de la police militaire : plusieurs vidéos tournées dimanche 28 octobre au soir, au Brésil, peu après l’annonce de la victoire de Jair Bolsonaro, montrent ses supporters manifester leur enthousiasme envers les forces de l’ordre. Le candidat d’extrême-droite affiche ouvertement sa nostalgie de la dictature militaire et a promis de donner un rôle accru à la police et à l’armée.

À Niterói, une ville située à proximité de Rio de Janeiro, plusieurs vidéos montrent une série de camions transportant des militaires, se frayant un chemin à travers une foule de supporters pro-Bolsonaro. Ils sont ovationnés, et certains soldats ne se privent pas de célébrer avec la foule, tapant des mains, ou frappant énergiquement le drapeau brésilien cousu sur leur manche gauche.

De très nombreux comptes relaient cette vidéo sur les réseaux sociaux, y compris en français et en anglais. Plusieurs affirment que les militaires sont sortis parader pour célébrer la victoire de Bolsonaro, par ailleurs capitaine réserviste de l’armée. Or, selon le commandement militaire régional dont dépendent ces hommes, cité notamment par le journal Correio Braziliense, ces militaires étaient en route vers leur caserne après une mission de sécurisation des bureaux de vote et ne sont donc pas allés intentionnellement parader pour fêter l’élection de Bolsonaro.


À Sao Paolo, les sympathisants de Bolsonaro étaient aussi à la fête. Certains ont célébré des policiers en patrouille sur leur moto aux cris de "vive la police militaire ! ", faisant référence aux forces préventives chargées du maintien de l'ordre public au sein des États brésiliens. Mais elles sont très ciritiquées et accusées de nombreuses bavures.

Dans cette vidéo, toujours à Sao Paulo, un des policiers répond avec un pouce levé  :


Enfin, cette vidéo montre un homme se prendre en selfie avec des officiers. Sur l’un des boucliers on peut lire "CAEP ", pour Companhia de Ações Especiais de Polícia, une unité de la police militaire de l’État de Sao Paulo.


Jair Bolsonaro a promis de donner "carte blanche " aux policiers et aux militaires pour abattre les criminels présumés et envisage "un recours massif à la police militaire pour gérer les problèmes de criminalité urbaine".


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Selon une l'ONG brésilienne Forum brasileiro de seguança publica, 63 880 homicides ont été commis au Brésil en 2017, un record qui en fait un des pays les plus violents au monde. Pour endiguer cette tendance, Jair Bolsonaro a promis de libéraliser le port d’armes, une mesure très critiquée par ses opposants.