Monument emblématique de la ville de Sétif, dans le nord de l’Algérie, la statue d’Ain el-Fouara a de nouveau été vandalisée. Mardi 9 octobre, des riverains ont surpris un homme en train de s’acharner à coups de marteau sur cette statue de femme nue, déjà endommagée par une attaque similaire en décembre 2017, et auparavant en 1997 et 2006. L’assaillant a été rapidement interpellé par la police.

Des images de l’incident ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Elles montrent un homme à la barbe fine, vêtu d’un pantalon court et coiffé d’une calotte – mode vestimentaire généralement adoptée par les salafistes – assaillir le dos de la statue de coups de marteau. Rapidement, des passants s’attroupent autour de lui et tentent de le raisonner. Puis, l’un des passants grimpe sur le piédestal pour le ceinturer. L’assaillant saute alors de la statue et prend la fuite, mais il est coursé par la foule, et finalement rapidement interpellé par un policier.


Vidéo partagée sur Facebook, montrant l'assaillant essayer de casser la statue au marteau.


Comme le montrent ces images Facebook, l'homme a essayé de s'enfuir mais a été rapidement interpellé par la police.

Le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi a indiqué dans un tweet que l’auteur de cet acte de vandalisme "a des antécédents judiciaires et [qu’il] souffre de troubles mentaux".  Il a en outre précisé que la statue a été "légèrement endommagée et [que] les dégâts seront réparés".



Le 17 décembre 2017, un individu avait détérioré au marteau et au burin une partie du visage et de la poitrine de la statue. Les images avaient alors soulevé une vague de colère en Algérie. Et là aussi, les autorités avaient expliqué que cet acte était l’œuvre d’un "déficient mental".

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La statue Ain el-Fouara ("source jaillissante" en français), œuvre du sculpteur français Francis de Saint-Vidal inaugurée en 1898, est devenue l'un des symboles de la ville, auquel beaucoup d’habitants sont attachés.

Plusieurs fois endommagée, la statue a été à chaque fois réparée. Elle avait même été brisée en plusieurs morceaux à la suite d’un attentat à la bombe le 22 avril 1997. Mais les riverains s’étaient rapidement mobilisés et étaient parvenus à la recoller et à la remettre sur son piédestal en seulement deux jours.