En Iran, les chaînes de télévision – qui sont toutes gérées par l’État – ne retransmettent pas les principales compétitions sportives féminines en raison des restrictions imposées à la présentation du corps des femmes. Mais sur les réseaux sociaux, des Iraniennes s’organisent pour couvrir elles-mêmes leurs sports favoris. Avec leurs téléphones portables, elles filment les matches puis en publient les temps forts sur des pages dédiées. Grâce à leurs efforts, les fans peuvent suivre les exploits d’athlètes vedettes dans de nombreuses disciplines, comme le football, le futsal ou le volley-ball.

Après la révolution islamique de 1979, le sport féminin est devenu un sujet particulièrement sensible en Iran. Sans être officiellement interdite, la pratique du sport chez les femmes a été pendant de nombreuses années très limitée. Ce ne sera qu’à partir des années 90 que le sport féminin trouvera progressivement sa place, amenant des Iraniennes à participer à des compétitions régionales ou aux Jeux olympiques. En 2016, pour la première fois, une athlète iranienne monte même sur le podium olympique avec une médaille de bronze au taekwondo. 

Mais le gouvernement iranien continue de contrôler attentivement certaines pratiques sportives féminines. Et dans de nombreux sports, comme la natation, la lutte ou la boxe, les Iraniennes ne sont toujours pas autorisées à participer aux compétitions internationales. 

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Il y a deux ans, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, avait également émis une fatwa limitant pour les femmes la pratique du vélo dans les parcs et stades exclusivement féminin. Autrement dit, pas question de pédaler en public. Cette décision avait entraîné des manifestations et des affrontements entre les femmes cyclistes et la police dans tout le pays. Aujourd'hui, les femmes cyclistes sont tolérées dans certaines villes, mais pas dans les régions plus conservatrices. 

Quant aux chaînes de télévision iranienne, elles ne diffusent pas la plupart des grandes compétitions féminines. Alors sur les réseaux sociaux, des Iraniennes inventent leurs propres médias sportifs. Les comptes "Footlady", avec ces 40 000 abonnés cumulés sur Instagram et Telegram, ou "Varzesh Banovan" ("Femmes sportives"), 95 000 abonnés, en sont les principaux exemples. Grâce aux photos et vidéos des principaux événements sportifs qui y sont partagées, ces plateformes permettent de faire connaître les grandes athlètes du pays : s’il y a quelques années personne n’aurait reconnu dans la rue la superstar de futsal Fereshteh Karimi, ce n’est aujourd’hui plus le cas.

Deux équipes iraniennes de fustal s’affrontent lors du championnat de futsal féminin à Ispahan. Les infographies ont été rajoutées par l’équipe de bénévoles de "Footlady".

Niloufar Hamedi est une journaliste sportive iranienne basée à Téhéran. Sur sa chaîne Télégram, elle participe activement à partager des images d’événements sportifs féminins.

Au cours des trois ou quatre dernières années, les gens se sont davantage intéressés aux sports féminins, puisque de plus en plus de femmes ont commencé à faire du sport. Cependant, les chaînes de télévision ne couvrent pas les compétitions féminines, à l’exception de très rares événements internationaux, comme le taekwondo aux Jeux olympiques. [Le taekwondo ne pose pas de problème à la télévision iranienne car les athlètes et leurs concurrentes portent des tenues qui couvrent tout leur corps, NDLR].

Cela a poussé les femmes qui s'intéressent au sport à couvrir elles-mêmes les compétitions, grâce aux réseaux sociaux. Tout ceci est possible grâce à un réseau d’arbitres, joueuses, anciennes joueuses, entraîneuses, journalistes, supporters et même certaines personnes au sein des fédérations. Lorsqu'elles assistent à ces compétitions, elles prennent des photos et vidéos puis les publient sur leurs réseaux sociaux, principalement sur Instagram et Telegram.

L’équipe féminine de hockey célèbre sa médaille de bronze lors du Roller Hockey Asia Cup en septembre 2018.

Il n’y a pas d’argent là-dedans : c'est du bénévolat, depuis la collecte des vidéos jusqu’à l’ajout d’informations, textes ou infographies, sur les images. L’application "Footlady" permet même aux fans de suivre les actualités du football féminin et du futsal. Malheureusement, faute de ressources, ce n’est pas encore possible de diffuser les matches en direct. Cela arrive, mais c’est rare. Ce que nous partageons, ce sont principalement les temps forts des rencontres sportives.

Un autre problème auquel nous sommes confrontés est que parfois les organisateurs de concours empêchent les gens de prendre des photos ou des vidéos. Cela arrive lorsqu’une équipe étrangère se rend en Iran sans respecter le code vestimentaire islamique, ou lors de matches où le corps des femmes est plus expressif, comme dans la lutte. Les médias indépendants ont les mains liées : s’ils publient des images dans lesquelles les corps de femmes sont considérés comme trop visibles, ils risquent d’être fermés.

Deux équipes iraniennes de fustal s’affrontent lors du championnat féminin iranien de futsal à Ispahan. 

Malgré toutes ces limites, nous progressons. Les athlètes vedettes sont de plus en plus connues et de nombreux fans commencent à demander aux médias publics de diffuser les compétitions féminines. Un jour, une lutteuse dont la photo a été publiée sur nos pages m'a envoyé un message qui m'a vraiment motivée. Elle m’a dit que son mari lui demandait d’arrêter, car il n'y avait selon lui pas d'avenir pour les lutteuses en Iran. Mais quand son image a commencé à être diffusée un peu partout, elle explique que son mari a changé de discours et s’est mis à être fier d’elle, à l’encourager et à parler de ses exploits à tout le monde. 

La semaine dernière, les autorités iraniennes ont laissé les journalistes prendre des photos d’un match de foot amical opposant les équipes féminines iraniennes et jordaniennes à Téhéran. Exception ou nouvelle politique ? Selon les journalistes sportifs locaux, la question reste ouverte. 

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En septembre, l’équipe iranienne de volley-ball féminin a remporté sa troisième victoire consécutive contre l’équipe australienne lors de la Coupe de volley-ball féminin en Thaïlande.