Apparemment filmée en cachette, une vidéo apparue sur les réseaux sociaux mercredi 5 septembre fait grand bruit au Kenya. On y voit le gérant chinois d’un magasin de mobylettes se laisser aller à une série d'insultes racistes devant son employé kényan. Face à l'ampleur de l'indignation, les autorités ont réagi rapidement et annoncé son expulsion, jeudi.


Sur la vidéo, l'homme d'affaires chinois semble réprimander son employé. On entend ce dernier demander : "Mais pourquoi êtes-vous en train de me punir ?" L’homme d’affaires se lance alors dans une charge raciste. "Tous les Kényans, chaque Kényan (…) est comme un singe. Même [le président] Uhuru Kenyatta." Et de poursuivre : "Je n’aime pas être ici. Les gens sont comme des singes. Je n'aime pas leur parler. Ils sentent mauvais. Ils sont pauvres, bêtes et noirs." "Alors, pourquoi êtes-vous venu gagner de l’argent au Kenya ?", demande alors l’employé, interloqué. "L'argent est important", rétorque l'homme d'affaires.

Rapidement, des internautes se sont mis à traquer ce ressortissant chinois.

"Si vous avez des informations (…) sur le permis de travail de ce raciste chinois, dites-le au ministère l’Immigration. Il va sûrement agir", peut-on lire sur un tweet relayé par le compte du ministère de l’Immigration mercredi.

Le lendemain, jeudi, un autre tweet du ministère de l’Immigration annonçait l’expulsion de l’homme d’affaires. Le message est accompagné d’une photo où l'on voit ce dernier à l'aéroport, posant devant le portique de contrôle de police.


Toutefois, plusieurs internautes ont réclamé des poursuites judiciaires contre lui, et pas seulement l’expulsion. Contacté par l’AFP, un porte-parole de l’ambassade de Chine au Kenya, Zhang Gang, a assuré que l’extrait vidéo date de juin. L’homme filmé avait "déjà fait l’objet d’une sanction par sa société et s’est excusé auprès de son collègue kényan", a-t-il expliqué.

Il n’est pas rare que des ressortissants chinois soient accusés de racisme au Kenya. En juillet dernier notamment, le journal The Standard avait publié une enquête dans laquelle il accusait les cadres chinois travaillant sur un chantier ferroviaire entre la ville côtière de Mombasa et Nairobi, de discriminations envers leurs homologues kényans.